13.10.2007

MA PLAYLIST - 3 - LES ANNEES 80

a1c785284d3083894d4b9d5a01129080.jpgBien que plus proches dans le temps, les années 80 sont plus floues pour moi musicalement. Il faut dire qu'à cette époque, j'avais un tantinet l'esprit occupé à autre chose : je suis rentrée dans la vie professionnelle et j'ai rencontré mon mari : Alain-cet-Astre (pour parodier les chroniques du Dr Aga dans le journal Elle), je lui ai mis le grappin dessus, l'ai forcé à m'épouser et nous avons mis notre descendance en route. Bizarrement, j'ai un souvenir très "visuel" de la musique, sans doute dû à l'arrivée et au déferlement des clips vidéos. Dans les années 60, il y a eu les scopitones, dans les années 70, des tentatives de petits sujet" filmés pour accompagner les chansons, notamment dans les émissions musicales, dont la première tentative "arty" : Queen pour Bohemian Rapsody. Le clip a été l'aboutissement de ce processus, lié sans doute au fait que la promotion et le marketing commençaient à envahir la musique et que pour pousser un disque en avant, il fallait fournir des images, les chanteurs et les groupes ne pouvant se déplacer dans toutes les émissions. Le premier clip artistique reconnu en tant que tel est celui d' Ashes to Ashes de David Bowie, sorti en 1980, juste pour inaugurer la décennie. Musicalement, ces années vont du meilleur au pire. Si certains groupes ont vraiment été créatifs, notamment sur le plan du son et de l'utilisation des instruments, il n'en a vraiment pas été de même pour tout le monde (Chacun ses goût, mais Duran Duran, par exemple, très très bof...) . Lire la suite... En France, enfin, les musiciens sont passés à la vitesse supérieure : on a pu voir en parallèle l'émergence de deux tendances lourdes : d'une part un mouvement qui pourrait être l'ancêtre de la French Touch d'aujourd'hui. Les frenchies, à l'aise semble-t-il avec des synthés et des ordinateurs se sont engouffrés dans la brêche de la new wave. Certains sont devenus légendaires comme Taxi Girl, Marquis de Sade ou encore Etienne Daho ; et, d'autre part, le rock indé. avec les Garçons Bouchers, la Mano négra, ou Noir Désir. Quant au son, dans cette période, le rock binaire classique batterie-guitare-voix cède sa place (sauf dans le rock indé.) au synthé-saxo-voix. Du coup, on a cru le rock moribond, et il a effectivement agonisé environ jusqu'au début des années 2000, date où le public en a eu assez d'entendre de la musique en boîte et a favorisé la renaissance de tas de petits groupes énervés, retrouvant le plaisir de jouer une musique simple à base de tchac-tchac-poum-poum. Les 80's ont vu émerger également le mouvement hip-hop. Moins important en France, toujours en retard d'un métro musical, il a explosé aux Etats-Unis. Le rap français suivra plutôt dans la décennie suivante. Quoique à cette époque nous ayons eu aussi notre émission sur le mouvement hip-hop avec Sidney (souvenez-vous : achipé-achopé!). Côté look ce fut post-punk au départ et Dallassien à l'arrivée. Des couleurs très criardes, des vestes aux épaulettes surdimensionnées sur des pantalons cigarettes ou des mini-jupes et des maquillages qui ne donnaient pas vraiment dans la discrétion. J'avais moi-même opté pour une permanente afin de me faire le fameux brushing à la lionne, mais j'arrivais plutôt à un résultat à la caniche. Ce fut aussi la naissance de MTV (les clips toujours), les prémices de l'image 3D, les balbutiements de la micro-informatique, la démocratisation du walkman, la fin du Palace, le début des bains-douches (non par pour se laver, la boîte branchée de l'époque), les derniers soubresauts du Disco, la naissance de Canal+ avec les première faceties des Nuls, le top 50, et, dans la première moitié de la décennie, la meilleure émission de l'univers sur le rock : les enfants du rock. ( Ici, je pompe sans vergogne Wikipédia que je remercie pour toutes les informations que j'ai pu y trouver). Cette émission regroupait plusieurs formats différents en fonction des éditions. Y ont sévi
  • le duo Jean-Pierre Dionnet - Philippe Manœuvre pour "L'Impeccable" (BD) et pour Sex Machine,
  • Antoine de Caunes pour Houba Houba (rock ),
  • Alain Chabat pour les enchainements
  • Bernard Lenoir pour Rockline (sur la new-wave anglaise)
  • Patrice Blanc-Francard (encore lui)
  • Pierre Lescure et Alain de Greef
  • Il y a eu trois génériques :
    • Herbie Hancock : Rock it
    • The Cure : instrumental spécialement composé pour l'émission, et qui deviendra plus tard Just Like Heaven
    • Heaven 17 : Crushed by the wheels of industry
    • L'émission Rockline de Bernard Lenoir possèdait son propre générique. Il s'agit de Confusion, par New Order.
  • La première de l'émission fut présentée par Léon Zitrone. A cette occasion il était vêtu d'un complet noir, lunettes noirs, cheveux gominés tirés en arrière. Je m'en rappelle encore, un grand moment, je vais chercher sur youtube ou dailymotion. Si je retrouve la vidéo je la mettrai en ligne, mais malgré mes recherches assidues, je ne suis pas encore parvenue à mettre la main dessus.
  • Je voudrais également mentionner spécialement Sex Machine, émission délirante dont fil conducteur était que les 2 animateurs Manoeuvre et Dionnet essayaient de pénétrer par tous les moyens possibles dans une boîte branchée, le Sex Machine et dont tous les plans échouaient lamentablement. Les séquences étaient entrecoupées de clips souvent sexy
Cette (très longue et très verbeuse) introduction finie, voici ma playlist 80.
  • XTC : Making plans for Nigel (1980). Groupe peu connu en France, XTC et son leader Andy Partridge sont cités comme influence majeure par énormément de musiciens. C'est peut-être leur titre le plus connu. Je ne vais pas prétendre que je connais bien ce groupe qui a abordé semble-t-il beaucoup de rivages musicaux à partir du punk jusqu'au quasi-expérimental. Mais j'ai retenu d'eux cette chanson, très en avance sur son époque.
  • Pretenders : Precious (1980) : Crissie Hynde a été une des premières femmes à réellement leader un groupe d'hommes. Ex-journaliste, fan de rock, elle a amené beaucoup de style et d'énergie au rock au féminin sur les plans look et musical. Cette chanson ouvre l'album ou figure le premier gros hit du groupe "brass in pocket". Elle est vraiment pleine de punch et donne envie de découvrir la suite. Crissie Hynde avec sa voix très grave et particulière ne chante pas toujours très juste, mais on lui pardonne.
  • Joy Division : She's lost Control (1980). Special dédicace donc à ma copine Camille. Je n'aime pas trop ce groupe dont la musique me déprime, comme, plus tard, le fera celle de Radiohead. MAIS c'est un groupe emblématique, devenu culte malgré sa très courte carrière, le groupe ayant trouvé sa forme définitive en 1978 pour se séparer en 1980, après le suicide du chanteur Ian Curtis. Comme beaucoup de choses devenues culte par la suite, le groupe n'a pas vraiment connu le succès du temps de son existence. Sa musique fait vraiment le lien entre la fin du punk et le début de la cold/new-wave. Elle est volontairement sombre. Rien d'étonnant donc qu'elle file le bourdon.La vie de Ian Curtis est le sujet du film "control" qui passe actuellement sur les écrans.
  • Taxi Girl : Cherchez le garçon (1980) : en face d'un groupe mythique anglais, un groupe mythique français, connu même au-delà de nos frontières. Beaucoup copié, jamais égalé. Très esthétique et très stylée, leur musique a laissé une empreinte significative. Ils sont vraiment les précurseurs de la new-vave française. Surtout connus grâce à deux titres : cherchez le garçon et mannequin derrière la vitrine. Par la suite, le guitariste, Mirwais a fait une carrière solo et de producteur à succès (notamment grâce à ses collaborations avec Madonna) et le chanteur Daniel Darc, personnage culte pour toute une génération, s'est enfin libéré de ses problèmes récurrents de drogue et a travaillé récemment avec Thierry Amiel, entre autres.
  • Madness : One Step Beyond (1980). Même si ce n'est pas votre tasse de thé, vous ne pouvez pas passer à côté de ce titre. Relançant la vogue du ska, une musique jamaïcaine ancètre du reggae, il a fait danser toute la planète, parfois de façon très approximative. Et continue de le faire près de 30 ans après dans les mariages, les bar-mitzvah et autres fêtes de fin d'année.
  • Ultravox : Vienna (1981) : ex-groupe punk Ultravox s'est tourné vers la new-vave au début des années 8o, avec l'arrivée du chanteur Midge Ure. Ceci lui a permis de connaître ses plus gros succès. La chanson Vienna, outre le fait d'être justement un de ses plus gros hit, me semble emblématique du son de cette époque, ainsi que le clip qui l'accompagne en noir et blanc avec effets de fumée, ralentis et gros plans en contre-plongée. La chanson reste magnifique malgré les années.
  • Prince : Controversy (1981) : j'aurais pu sélectionner purple rain, 1999, let's go crazy, when doves cry, kiss, raspberry beret ou d'autres. Controversy est tout simplement la première chanson que j'ai entendue du Kid de Minnéapolis. Cela faisait quelques temps que j'entendais parler de ce petit homme qui faisait des concerts très hot avec des filles à moitié nue en tenue plus ou moins sado-maso. Quand j'ai écouté sa musique, j'ai pris une claque. Bien qu'il n'ait en fait pas inventé grand chose, c'est un grand musicien et un grand instrumentiste. Il a au moins eu le génie de mixer et de proposer beaucoup de styles différents. Les années 80 ont été sa décennie la plus créative, après, ça c'est un peu gâté, malgrés quelques titres très forts, le nain pourpre ayant complètemet pété les plombs. Je l'ai vu sur scène vers 82-83. Je ne m'en suis jamais remise, à tel point que d'ailleurs je suis incapable de me rappeler où, quand et ce qu'il avait joué. Un des concerts les plus forts de ma vie.
  • Depêche Mode : Just can't get enough (1981). Encore un groupe emblématique de la décennie. Rois de l'électro-sombre et des clips gratinés, il enchaînaient les hits et déchaînaient les minettes. Ils ont vraiment survolé les années 80, avant de se perdre dans les années 90, pour revenir en force récemment. Martin Gore a néanmoins une très belle voix et just can't get enough est une ritournelle électrique qui vous rentre dans la tête pour ne plus en sortir.
  • Herbert Léonard : Pour le plaisir (1981). Non ? Si, ce n'est pas une plaisanterie. Vous n'avez pas vous une chanson nase que vous fredonnez en secret ? Moi c'est celle-là. Ne me demandez pas pourquoi, c'est inexplicable.
  • Alain Chamfort : Chasseur d'Ivoire (1981). Collaboration avec Gainsbourg. Impeccable, dandyssime.
  • Billy Idol : Dancing with myself (1981). Bon d'accord ce péroxydé qui avait quitté son groupe punk (génération X) pour une carrière solo n'est pas un modèle de raffinement. Avec sa bouche tordue, ses vêtements déchirés et ses clips ridicules, il pourrait paraître tout à fait ringard aujourd'hui. Certes, mais ses chansons demeurent connues alors que d'autres chanteurs beaucoup plus "raffinés" sont aujourd'hui complètement oubliés. Le soit-disant bon goût n'est donc pas une assurance de postérité (super-philosophique, Manu, on dirait du BHL !)...
  • Kid Créole & the Coconuts : Stool Pigeon (1982). Encore un groupe un peu injustement tombé dans l'oubli. Au début des années 80 le groupe donnait des concerts incroyables et très scénarisés avec des choristes (les coconuts) ultra-sophistiquées, et le chanteur Auguste Darnell habillé en zoot-suit (costume années 40). Ils ont eu le mérite de ramener la musique latino sur le devant de la scène et ils avaient vraiment un son à part. Ecoutez l'intro de Stool Pigeon avec ses saxos et trompettes déchaînés. Ca vous donner immédiatement envie d'enfiler un zoot-suit.
  • Marvin Gaye : Sexual Healing (1982). Oui, ENCORE Marvin, je ne peux pas m'en passer. Cette chanson est tirée de son dernier album, son père lui ayant tiré dessus quelque temps après. C'est incontestablement une de mes chansons préférées, voire ma préférée. J'ai dû l'écouter 12500 fois en boucle. . Oouh baby, I got sick this moorniinng.... Moi ça me met en transes
  • Indochine : L'aventurier (1982). Je mets ce titre pour faire plaisir à mon fils Mikael qui l'aime bien. Et parce que il représente bien le son français de l'époque. Et parce que c'est un des rares titres écoutable du groupe. Mais dès que je l'entend, je ne peux pas m'empêcher de penser à la chanson "Isabelle à les yeux bleux" des inconnus et je rigole.
  • Rick James : Super freak (1982). Le gars était un félé intégral, ça j'adore, et pour danser, il n'y a pas mieux. Il est mort d'une crise cardiaque en 1997 après avoir abusé de tas de substances illégales. Son titre "U can't touch this" a été repris et samplé un nombre incalculable de fois.
  • ABC : The look of Love (1982). ABC est un groupe assez peu connu en France. Avec spandau ballet (urrgghh), il ont fait partie du mouvement romantique ou pirate du début des années 80 : des jeunes gens se déguisant en Jack Sparrow et faisant de la musique en chemises à jabot et bottes montantes. Ce titre est juste fait pour danser, point barre, pas grand chose à en dire sinon que contrairement à beaucoup de chansons déprimantes de l'époque, il file la banane.
  • Yazoo : Only you (1982). Ce duo était formé d'un ex-Dépêche Mode et d'une chanteuse qui a fait plus tard une carrière solo, Alyson Moyet. Le mix d'une musique électro et d'une voix plutôt big-mama-soul était très intéressant. Cette chanson à un côté nostalgique, mais pas triste et sa petite mélodie est bien agréable à écouter.
  • Grandmaster Flash : The message (1982). Après le sugar hill gang et son rap gentillet, le deuxième disque parvenu en France fut "the message". Beaucoup plus teigneux que son prédécesseur, ce titre a été fait par l'un des pères fondateurs du genre qui a notamment perfectionné et popularisé la technique du scratch. Tourné dans un quartier délabré, le clip souligne le côté dur et socialement revendicatif du titre qui raconte les galères d'une population noire pauvre. Ne me pousses pas, je suis au bord du vide. Après Grandmaster Flash sont arrivés sur la scène rap les premiers piliers du genre : Public Ennemy, Africaa Bambataa et Run DMC entre autre, porteurs d'un message revendicatif et politique bien dilué aujourd'hui par des rappeurs plus soucieux de dollars et de grosses bagnoles que d'expression sociale.
  • Pat Benatar : Love is a Battlefield (1983). Certains diront que Pat Benatar, c'est de la soupe pour radios américaines. Peut-être, n'empêche, la dame a beaucoup de classe et une voix hors du commun. Love is a battlefield est une chanson qui déchire et c'est tellement vrai que l'amour est un champ de bataille !
  • Cindy Lauper : Girls just wanna have fun (1983). C'est mon hymne. Ouais les pt'its gars, les filles veulent juste s'amuser !
  • Michael Jackson : Human Nature (1983). Issu bien sûr de Thriller, que certains considèrent comme l'album emblématique de cette période. On ne peut donc pas s'en passer. Cependant, au-delà d'une production léchée, de clips très avant-gardistes, et d'un rythme effréné, les chansons ne bouleversent pas l'histoire de la musique. Si vous les écoutez attentivement, au-delà du mythe, ce sont de petites mélodies pop sucrées, sans grande envergure. Mais l'ensemble tient la route et a connu un succès interplanétaire. En 1983, on ne pouvait pas y échapper, et les fabricants de blousons en cuir rouges et noirs se sont frottés les main. J'aime bien cette chanson, qu'on dirait enregistrée dans une salle de bain, un funk lent à écouter en fin de nuit.
  • ZZ Top : Gimme all your loving (1983). Et voila les Texans barbus ! Ils sevissaient déjà dans les années 70, mais ont connu leur plus gros succès avec l'album "Eliminator" dont est tirée cette chanson. Un peu de rock texan dans un monde électronique, c'est rafraîchissant. Pour la petite histoire, si vous connaissez le clip, la "chorégraphie" (le petit "hop" du bras) a été faite par Paula Abdul aujourd'hui indéboulonnable jurée d'American Idol.
  • Stranglers : Golden Brown (1982). Encore un ex-groupe punk reconverti. Avec cette chanson, ils retrouvent leurs racines : la pop anglaise des années 60. Elle est toute simple et magnifique, la petite mélodie à l'orgue, la voix. C'est tout et c'est beau.
  • David Bowie : Let's Dance (1983). Oui je cite encore David Bowie et re-oui ce titre produit par Nile Rodgers (Chic) est incontournable et a une classe interstellaire qui lui permet de traverser le temps sans prendre une ride.
  • Tina Turner : What's love got to do with it (1984). Le retour de la grande Tina, avec coiffure en pétard et mini-jupe à quarante ans passés. On s'en fout. Elle aussi elle pourrait chanter le bottin en chinois et à l'envers, ce serait pareil. Même plus une bête, un monstre sur scène. Je l'ai vue à Bercy 2-3 ans après cette date. Vas te coucher Beyoncé, tu ne lui arrive pas à la cheville... A l'âge ou vous et moi commençons à boire des tisanes et à penser à notre plan épargne-retraite, elle foutait encore, et sacrément, le feu à la scène
  • Captain Sensible : Wot ? (1984). Comme Madness, cette chanson a fait et continue à faire les beaux soirs des mariages, communions et autres fêtes de la bière. Vous avez dansé dessus, moi aussi. She said Captain, I said Wot ? ....
  • Etienne Daho : Week-end à Rome (1984). Cher Etienne, j'ai énormément d'affection pour vous. Vous êtes quelqu'un de discret,mais d'indispensable à la musique française. Malgré votre filet de voix à la limite de l'audible, vos chansons sont un vrai médicament. Surtout week-end à Rome. A écouter chaque fois qu'on déprime. Bisous.
  • Nena : 99 luftballons (1984). Une des rares chansons en allemandes connues internationalement. Devenue un classique. car elle est simple et fonctionne immédiatement. Donne immédiatement l'envie de pogoter. Reprise récemment dans la BO du film "La Beuze".
  • Cure : Close to me (1985). Le groupe avait un succès incroyable à cette époque et pleins de jeunes se baladaient avec un pétard sur la tête, des vêtements noirs et un rouge à lèvre qui débordait. Cure et l'univers volontairement malsain de Robert Smith me laissent assez indifférente, mais cette chanson est rigolote dans sa musique et ses paroles.
  • Eurythmics : Sister are doing it for themselves (1985). Eurythmics est surtout un duo connu pour ses mélodies pop électroniques. Et là, ils nous sortent une chanson soul pur jus interprétée en duo par Annie Lennox et Aretha Frankin. Ca balance bien. Et Annie Lennox prouve s'il en était besoin qu'elle est une grande chanteuse. Pour se mesurer à Aretha, il faut en avoir sous le pied.
  • The Smith : the queen is dead (1986). Encore un groupe culte. Je l'ai découvert très tardivement bien qu'en ayant souvent entendu parlé. Pilier de la brit-pop alternative ils sont considérés comme les inspirateurs de groupes tels que Blur, the Verve ou encore Radiohead qui viendront 10 ans plus tard. Leur musique est sombre mais elle puise elle-même ses racines dans la pop anglaise des années 60. The queen is dead est considéré par beaucoup de critiques comme leur album le plus abouti.
  • Aerosmith & Run DMC : walk this way (1986) . Une des premières fusion rap-rock, bien avant Linkin Park. Et que du lourd. La version originale date de 1975 et était déjà un classique, avec son intro reconnaissable entre toute le poum-poum-poum de la batterie suivie du riff de guitare de Joe Perry. La version de 1986 "iconise" encore un peu plus la chanson avec les deux groupes qui s'affrontent chacun dans leur genre musical pour savoir qui mettra le plus la gomme.
  • Beastie Boys : Fight for your right (1986). Si Aerosmith et Run DMC ont fusionné le rock et le rap, nos petits amis des beastie boys ont inventé le punk-rap. Affreux, sales et méchants, ils sautaient partout sur scène et à leurs débuts se sont livrés à quelques provocations scéniques mémorables. Le titre est un joyeux foutoir, où les 3 terreurs rappent n'importe comment. On dirait presque un enregistrement amateur.
  • Peter Gabriel : Sledgehammer (1986). Ce monsieur est un grand musicien qui a fait avancer énormément de choses, même s'il est très discret. On lui doit notamment l'émergence et la mise en avant de la world music sur la scène internationale. Ce titre, assez commercial par rapport à sa production habituelle, lui a valu un numéro 1 dans les charts US. Il le mérite, plus que largement.
  • INXS : Need you tonight (1987). Enfin des australiens. Et voilà avec AC/DC le meilleur de nos amis les kangourous. INX a marié le rock brut et la ballade sexy, ou le rock sexy et la ballade brute, au choix. Ils n'ont pas révolutionné l'histoire de la musique mais leur compositions restent diablement efficaces : "j'ai besoin de toi ce soir et je ne dors pas", miaulé par Michael Hutchence, ça a de la gueule. A propos de lui, permettez-moi de me la péter. Je l'ai croisé à un défilé de mode quelques années plus tard, il m'a écrasé le pied sans le faire exprès et s'est excusé très gentiment. Je ne me suis plus jamais lavé le pied depuis. Non je rigole, mais l'anecdote qui précéde est vraiment vraie.
  • Gun's & Roses : Welcome to the jungle. (1987) Un des rares groupes rock a retenir de la décennie. Avec un vrai fou furieux comme leader, qui a d'ailleurs depuis sombré dans les substances illicites et la parano. Souvenez-vous il chantait "welcome to the jungle" d'une voix hystérique en kilt avec un bandana sur la tête. Ce n'est pas d'un raffinement suprême mais ça fait du bien par où ça passe.
  • Tracy Chapman : Fast Car (1988). Comment une petite bonne femme noire pas très sexy avec des dreadlocks, sa voix et une guitare peut-elle s'y prendre pour que vous reteniez votre souffle en l'écoutant. Ecoutez-la justement, sa voix et ses paroles. Fast Car est une chanson à la mélodie magnifique tirée d'un album aux lyrics plutôt engagés le tout sur fond de mélodies très simples qui vont droit à votre coeur.
  • S-Express : theme from S-Express (1988). Si, souvenez-vous c'est probablement un des premiers morceaux techno que vous avez dû entendre. Je le cite plus comme un point de départ que comme un vrai choix. Pour mon malheur, le genre va dominer toute la décennie qui suit. Ceci dit ce n'est pas le pire morceaux que j'ai entendu.
  • U2 : Desire (1988). Ce morceau fait la transition entre les deux parties de la carrière des Irlandais. La rage des débuts et le rock plus lyrique de la suite. Tiré de la bande-son d'un film sur le groupe, il ne fait pas partie d'un album majeur, mais vous file la pêche le matin avec le riff vengeur de The Edge et la voix forcée de Bono. Qui assure aujourd'hui le service après-vente minimum entre deux virées à sur son yacht Saint-Tropez.
  • La Mano Negra : Pas assez de toi (1989). Les rois du rock indé. français ont inspiré beaucoup de groupes et ont ont mixé un nombre conséquent de musiques. Ce titre reflète bien le manque violent de l'être aimé (oh c'est beau) quand on ne peut pas l'avoir à soi. On n'aimerait pas être à la place de celui qui chante...
  • Madonna : Like A Prayer (1989). Elle a aligné un nombre considérable de hits à partir de Holidays, son premier single. Mais les deux titres que je considère les plus percutants de la première partie de sa carrière figurent sur le même album, considéré comme son plus abouti pour cette période : like a prayer et express yourself. Like a prayer, avec ses coeurs gospels monte en puissance avec une alternance de temps forts et de phases plus calmes pour aboutir à une fin tout en puissance qui fait penser à une cérémonie religieuse dans une église noire. La voix de la Madonne est portée par le coeur et on sent tout le plaisir qu'elle a eu a enregistrer cette chanson.

Et souvenez-vous aussi de Crowded House,Jimmy Sommerville, Frankie Goes To Hollywood, Rita Mitsouko, George Michael, Simply red, Enya, et quelques autres.. Prochain épisode, les années 90. A mon goût les moins intéressantes depuis 40 ans. Les actionnaires et le marketing prennent le contrôle et les maisons de disques deviennent frileuses. C'est la triste époque des Boys (and Girls) bands, de la techno en boucle et à toute les sauces et d'une créativité en berne. Beaucoup de musiciens partent en "retraite", d'autres sombrent dans des enfers narcotiques ou psychotiques. Heureusement quelques élus sortent indemne de cette époque de bouillie indigeste : Nirvana, Bjork, Massive Attack, Blur, Alanis Morissette, The Verve, Radiohead, Tori Amos... Revue de détail dans une prochaine note.

 

Et en fond sonore : ABC, The Look of Love


podcast


Et là, juste pour vous faire danser, en vidéo le "Kiss" de Prince 


Prince - kiss
envoyé par Gucci2a
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Commentaires

Il y a une chanteuse qui pourrait figurer dans cette playlist.
Un indice ? Son prénom commence par un M...
Alors ?
Et oui, c'est Mylène Farmer !

Ecrit par : marcellus55 | 13.10.2007

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Ah non, Marcellus, ça va pas être possible... Je fais partie du MAMF (Mouvement Anti-Mylène Farmer). C'est pas un peu bientôt fini de me coller des chanteuses à la noix sur mon blog...

Ecrit par : emanu124 | 13.10.2007

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Non, je suis pas fan de Mylène Farmer, j'aime pas ses textes à la con qui ne veulent rien dire, ses clips surjoués qui ne veulent rien dire non plus...
Et en plus, elle ne vaut pas Michèle Torr, c'est vrai !

Ecrit par : marcellus55 | 13.10.2007

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Ouf, tu me rassures, pendant un petit moment, j'ai cru que nous allions être obligés de nous fâcher à cause de la rouquine à tête de souris... Euh, excuses-moi aussi misouris...

Ecrit par : emanu124 | 13.10.2007

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Tu es entrée dans ma meilleure partie, celle où j'écoutais vraiment de la musique. Nombreux sont ceux que j'écoute toujours, dont j'ai tous les albums : Billy Idol (encore et toujours fan), Madonna, U2, Depeche Mode pour n'en citer quelques uns.
D'autres de ta play ont été écoutés, vus et restent d'agréables souvenirs.

Ecrit par : angelita | 14.10.2007

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Cindy lauper, mickael jackson, marvin gaye, madonna, la mano, le reste est un peu trop rock à mon goût.
chapeau pour ce big article !! tu devrais l'envoyer aux inrock !!

Ecrit par : kitty241 | 15.10.2007

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Les commentaires sont fermés.