21.12.2007

LES CHATS

J’aime les chats. Passionnément. Je leur ai déjà souvent déclaré mon amour sur ce blog et ailleurs. Pourquoi ? Je n’en sais rien. C’est juste une communion spirituelle et charnelle avec ces bêtes. J’aime les caresser et sentir sous ma main leur fourrure s’électriser de plaisir, j’aime leur indépendance, leur beauté, leurs yeux si particuliers, leur mode de vie.

Ne me dites surtout pas qu’un chat est égoïste et qu’il n’éprouve aucun sentiment pour ses compagnons humains (je préfère ce terme à “maître”), sinon la reconnaissance du ventre. Tous les chats qui ont partagé ma vie m’ont prouvé le contraire. Ils m’ont tous donné une dose d’amour illimitée. C’est juste que leur façon de l’exprimer est sans doute plus complexe et moins évidente que celle du chien, par exemple.

Les artistes aiment les chats, les écrivains particulièrement. Ce n’est pas un hasard. Le chat a la faculté de provoquer l’inspiration de celui ou celle qui le regarde.

Les grands angoissé aiment les chats. Ce n’est pas un hasard non plus. Le chien vous renvoie votre angoisse en miroir. Le chat la capture et la transforme en sérénité.

Je laisserais le mot de la fin à un poète. Un amoureux des chats qui les a si bien décrits : Charles Baudelaire. Et pour illustrer cette note une photo de celle qui partage notre vie en ce moment . La divine Cannelle…

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques
.
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20.10.2007

LES PENSEES DE CANNELLE - CHATTE DE COMPAGNIE - Pour Chris et Misouris

Je suis un -comment dites-vous déjà ? - chat. Une femelle, je pense, mes hormones ne se manifestant plus. Je suis un être parfait. J'ai atteint le stade supérieur de l'évolution et du raffinement. J'ai une vie somme toute agréable. Bien que je soit obligée de partager mon territoire avec quatre locataires bipédes imbéciles et laids (ils n'ont pas de fourrure, sauf sur la tête et quelques touffes de poils disséminées sur le corps), c'est affligeant sur le plan esthétique. Ils sont également bruyants : ils émettent sans cesse des sons désagréables sans raison ; sales : je ne les voit jamais se nettoyer et ils ont des odeurs bizarres. Ee9ca7d878f52c25f0e128d635bffc7ea.jpgt très vulgaires : par exemple, ils me regardent manger, voire faire mes besoins, c'est horriblement gênant. Mais ils ont leur utilité : il m'offrent de la nourriture et me gratouillent à volonté quand je le souhaite. Le grand mâle plus âgé, je m'en méfie un peu : il lance sur moi des objets divers, simplement parce que j'affûte mes délicates petites griffes sur un bout de cuir qu'il appelle "canapé" Les deux jeunes mâles sont sympathiques : ils me lancent des objets ronds qui roulent et ça me divertit. Ou bien encore ils agitent devant moi un objet long qui pend et je fais semblant d'essayer de l'attraper (alors qu'un seul coup de patte suffirait en fait) et ils s'extasient devant mes sauts. Parfois ils sont vraiment trop collants, il essayent de m'attraper ou de me gratouiller alors que je n'ai pas envie, surtout le plus âgé qui me plaque contre lui tout le temps et je suis obligée de me mettre en colère. La femelle est parfaitement idiote. Elle émet constamment des sons suraïgus qui vrillent mes oreilles de velours. Mais c'est aussi la plus adaptable : elle s'adresse souvent à moi en se mettant à quatre pattes. Du coup, tous les matins je lui accorde une longue séance de frotte-museau, comme je le ferais avec un de mes semblables. Et quand elle regarde dans mes yeux, j'ai presque l'impression qu'elle me comprend. Mais non, c'est impossible, elle est trop primitive. Mes locataires quittent régulièrement mon territoire ce qui me permet de faire ce que je veux. Dormir dans des endroits douillets et abrités. Rêver devant une fenêtre. Dormir. Chasser les insectes. Dormir. Manger. Dormir. Méditer. Dormir. Quand il reviennent, ils font du bruit et ils sont collants. Parfois ils me distraient quand même. A la lisière de mon territoire, il y a un panneau qui s'ouvre et se ferme. Mes locataires rentrent et sortent par cet endroit. Je ne vais pas plus loin. Au-delà de ce panneau, derrière un autre panneau, il y a l'ennemi héréditaire. Un monstre laid aux grands crocs, et à la queue qui remue en permanence, qui émet des sons horribles. Il me fait un peu peur.Lire la suite... Dans mon territoire aussi, il y a des panneaux. Parfois mes locataires les ferment, ça me gêne beaucoup. Alors j'émet un son mélodieux et il les ouvrent tout de suite. Parfois d'autres bipèdes imbéciles viennent sur mon territoire. Des inconnus. Ils veulent me gratouiller sans autorisation. Ca m'agace, alors je me fâche. J'adopte ma posture de guerrière. Mes oreilles se couchent, mes beaux yeux dorés virent au vert, ma queue et mon dos se hérissent et je feule harmonieusement. Du coup, il arrêtent. Parfois un sentiment bizarre m'envahit. La nostalgie de choses que je ne connaît pas, peut-être : le vent dans ma douce fourrure noire, la traque des rongeurs, le ciel au-dessus de mes oreilles... Mais tout ceci passe très vite. Car je suis un être parfait, au stade supérieur de l'évolution et du raffinement. Je vois des choses invisibles pour vous, je saute à des hauteurs inatteignables pour vous, j'entends des sons que vous n'entendrez jamais, je perçois des choses insaisissables pour votre pauvre cerveau primaire. Je descend d'une lignée très ancienne, vénérée par un peuple vivant jadis entre le désert et un grand fleuve. Ils nous dressaient des temples et des autels car ils pensaient que nous étions les gardiens de portes menant vers d'autres dimensions, et également des divinités. Je vais vous dire un secret, nous le sommes encore. Quand vous nous voyez immobiles, les yeux mi-clos, nous sommes en train de nous promener dans des mondes sublimes dont vous pouvez capter une infime parcelle de beauté en regardant dans nos yeux. Nous seuls en gardons l'accès. Et des divinités, nous le sommes bel et bien. La preuve ? Sans rien faire, nous vous avons réduit en esclavage et vous répondez à nos moindre souhaits pour notre seule satisfaction.

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