22/05/2012

Le journalisme du rien

Avant c'était mieux.

Quand Le Liechtenstein déclarait la guerre au Luxembourg on envoyait un gusse en treillis et rangers qui hurlait  dans son micro entre deux sifflements d'obus

"NOUS SOMMES SOUS UN FEU NOURRI DE L'ARTILLERIE LUXEMBOURGEOISE EDMOND-JULES, JE NE SAIS PAS SI JE VAIS POUVOIR MAINTENIR LA LIAISON LONGTEMPS"

Puis est arrivée la guerre de le golfe.

Version 1. Début 91.

C'est à ce stade que le traitement de l'info en France a commencé à changer. Vu que nos reporters hexagonaux était tenus loin de la ligne de front par les GI's et qu'il fallait bien meubler, nous avons commencé à avoir des heures de direct d'un intérêt totalement fulgurant du style

"Alors Edmond-Jules, et chez vous, que se passe-t-il ?

Et bien Paul-Kevin, ici il y a du soleil, et je crois même avoir vu une sauterelle se cacher sous un buisson. Sinon ? J'embrasse ma fiancée (et toi aussi) (on se voit toujours au retour ? J'aime beaucoup tes petites fesses moulée dans ton nouveau jean. Bisous).

Je m'en souviens parfaitement, j'étais en congés maladie pile poil à ce moment, j'ai du subir des heures de direct inepte au lieu des feux de l'amour pour comater, fiévreuse, sur le canapé.

Couplée avec l'arrivée des chaines d'info continue, on a donc eu droit depuis cette époque à une montée en puissance d'une info en boucle pour remplir des heures de direct.

La journée d'un reporter planté devant un endroit aussi animé que le cerveau d'une Miss Univers regardant un reportage sur l'existentialisme théorique ne servant rigoureusement à ... rien.

Sur un plan informatif bien sur.

A part vraisemblablement à caser de précieuses pages de pub, nourricières de la chaîne, qui lui permettra d'envoyer encore et encore de charmants reporters plantés devant le moindre non-évènement qui pourrait avoir un retentissement médiatique, meubler pendant des heures. Jusqu'à la nausée.


Que les chaines d'info continue pratiquent l'exercice, ok, c'est leur fond de commerce et il faut bien "tenir" des heures de direct. Mais les chaînes généralistes ? Remplir la moitié ou 75 % d'un journal avec des "Je vous confirme Alexandre-Albert qu'ici il ne se passe strictement rien" je n'en vois vraiment pas l'utilité.


Les exemples récents ne manquent pas : le siège de l'appartement de Merah à Toulouse avec le plan fixe du cul du camion de la police pendant des heures et trois détonations au loin ; les heures de planque à guetter la fumée blanche dans l'attente de la désignation de Benoit XVI ; les gros plans interminables sur la façade de la clinique de la Muette pendant la ponte présidentielle (avec supputations abracadabrantesques sur le nom de Sarkozette junior).


Et cerises sur les gateaux : le gros flop de I télé (ou BFM j'ai un doute ?) filmant pendant des heures la porte de la maison de DSK à New-York, et diffusant la pub pile-poil au moment où il sortait ; et le spectaculaire exercice de commentaire de porte fermée que nous a offert David Doukhan devant celle de François Hollande au soir de l'élection présidentielle.


Ceci dit, ce stand-up improvisé a contribué à faire de ce brillant jeune homme le spécialiste intercontinental de la porte et la star de twitter pour un soir.

Je ne suis pas certaine que ce soit son but dans la vie, mais il aura gagné son quart d'heure de célébrité.


En attendant, c'est la patience du téléspectateur qui vacille et la crédibilité de l'information qui en prend un coup.

On a presque envie de se rabattre sur les reportages de France 3 régions sur l'élevage de la moule de bouchot en Charente-Maritime, ça repose.

Voire de faire un truc totalement dingue, et qui risque de changer ta vie à jamais.

Ouvrir un bouquin.

4dfb5f1af1cb5.jpg

JE TE JURE QUE C'EST PAS UN MONTAGE...

(ENORME... Mouahahhhaahhaah)


Je remercie au passage tous les gens qui m'ont donné des exemples de directs interminables et ineptes pour illustrer ce billet

06:02 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : actualités, information, chaines d'info, reportages, télé | |  Facebook | |  Imprimer | |

02/04/2012

(J'aime) J'aime pas Carla Bruni

Je détourne volontairement un thème récurrent de la blogosphère à des fins propagandistes.

Quoique, dans mon esprit, il s'agirait moins de propagande purement politique que de la critique d'un personnage qui est un concentré d'à peu près tout ce que je déteste.

Une femme qui est passée en quelques années d'une séductrice libérée, voire libertine à une bobonne au foyer élevant ses enfants et essuyant le front de son époux fatigué.

Si sa plastique mettait visiblement en émoi pas mal des mes confrères masculins il y a quelques années, je ne l'ai jamais trouvée pour ma part très attirante.

Trop refaite, trop mince, trop mielleuse, trop prompte à afficher ses amants célèbres.

Car des amants célèbres, elle en a eu une jolie collection. Mais là n'est pas le problème. Aux yeux du monde un homme qui collectionne les conquêtes est un Don Juan. Une femme, une salope. Encore. Malheureusement.

Le problème c'est qu'elle s'est servi de chacune de ses conquêtes. Pour se retrouver sur le devant de la scène, faire de la musique, avoir des couvertures de magazines, des relations, un carnet d'adresses.

Avec des succès divers. A la fin de sa carrière de mannequin, elle s'est essayée à la musique, son premier disque a bien marché. Le deuxième a fait un flop.

La lumière des projecteurs se faisant plus faible, à l'aube de la quarantaine, elle s'est arrangée pour passer le casting le plus important de sa vie.

N'avait-elle pas confié à une de ses amies quelques temps auparavant vouloir un compagnon "qui a le pouvoir nucléaire" ?

Elle l'a eu. Et pour le garder a remisé peu a peu ses idées, sa liberté, et même son look au placard. Passant progressivement de l'amazone libre, voire polygame à un avatar de Bernadette Chirac, mal coiffée, pas maquillée, engoncée dans des pulls informes après la naissance de sa fille.

Le visage trop botoxé à mi-chemin entre le poisson-lune et la mère de famille fatiguée.

Elle qui avait semblé vouloir donner une autre signification à la fonction officieuse de première dame, elle s'est contentée d'une pseudo-implication dans une fondation contre le sida.

A part ça ? Pas grand chose. Un 3ème disque qui a fait un bide retentissant.

Et un retour vers ce qu'elle sait faire : potiche. Faire-valoir.

Hier présentoir de luxe. Aujourd'hui argument électoral. Pour des électeurs traditionnalistes auprès de qui une amazone libérée passe plutôt mal. 

Multipliant les déclarations "mon mari pense que..." (sa propre pensée ne comptant visiblement pas).

Clamant haut et fort qu'elle ne veut nullement exposer sa vie et ses enfants. Qu'on retrouve dans des photos opportunément "volées" en pleine campagne électorale. (non, je ne crois pas du tout au hasard)

Je suis volontairement sévère avec Carla Bruni.

Parce qu'elle ne rend pas service à la condition féminine du tout en abandonnant toute personnalité propre pour se couler dans un rôle où - elle suppose - on l'attend.

Toute dévouée à la carrière de son "grand" homme.  

Parce que la sienne, en grande partie axée sur son seul talent : un physique avantageux, tire visiblement à sa fin.

Parce qu'elle incarne en grande partie tout ce que je déteste : superficialité, obsession de l'image, arrivisme,  goût du pouvoir, effacement, entre autres.

Je ne lui trouve que peu de circonstances atténuantes.

A part sa peur de vieillir et que les projecteurs s'éteignent définitivement pour elle qui doit la terrifier ?
 

Eventuellement. Et encore...


426238_10150751505594815_733299814_12330156_1767343145_n.jpg

 

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : actualités, campagne électorale, 2012, sarkozy | |  Facebook | |  Imprimer | |