18.04.2011
Faisons n'importe quoi sous prétexte de liberté d'expression
Deux affaires parallèles et concomitantes (voire simultanées, voire concordante, en fonction des points de vue et vice-versa) ont retenu, entre autres, l'attention des médias ces derniers temps.
Et la mienne donc. Quoique mon attention soit assez volatile et principalement polarisée sur les balayages californiens, la french manucure et les collections printemps-été comme tout le monde le sait.
D'un côté le possible retour de Bertrand Cantat. Entre autres pour une participation à une pièce durant le festival d'Avignon, dont les organisateurs avaient quand même commis l'incroyable bourde d'inviter au même programmeJean-Louis Trintignant, le père de sa défunte compagne.
D'un autre côté, l'éviction de Pierre Bellanger, sulfureux PDG de Skyrock par les actionnaires de la radio.
Je rappelle que ce monsieur a été condamné en 2008 pour corruption de mineure.
Grosso modo L’accusation lui reprochait d’avoir "d'avoir initié une adolescente de 17 ans à diverses formes de sexualité, notamment de groupe, homosexuelle ou sado-masochiste, avec la participation de sa soeur aînée".
Bellanger a toujours nié les faits reprochés, affirmant que Laetitia, sa victime, était consentante. Ils s’étaient rencontrés fin 1999, par l’intermédiaire de la soeur de Laetitia, Emmanuelle, 19 ans, qui vivait avec le fondateur de Skyrock et deux autres femmes dans un appartement parisien.
Magnifique.
Soyons clairs, je suis totalement pour la liberté d'expression. Quitte à laisser un Zemmour répandre son délire parano sur les immigrés dans les médias qui jugent bon de l'inviter pour faire du buzz.
Je fais mienne la célèbre citation attribuée à Voltaire (mais qui est en fait un raccourci d'un de ses articles pour l'encyclopédie) « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire. »
Toutefois, j'aurais tendance à me montrer un tantinet moins tolérante contre des condamnés pour raisons sérieuses qui ramènent leur fraise. Surtout pour se faire passer pour des martyres.
Pour Cantat, Ok, tout le monde a le droit a une deuxième chance, même après un homicide qu'il soit volontaire ou pas.
Il a payé sa dette (partiellement d'ailleurs). Et Marie Trintignant était peut-être une hystérique droguée qui a poussé son mec à bout.
N'empêche. Personnellement, je me range aux côtés de ceux qui pensent que Cantat a bénéficié de soutiens et de conditions qui ne sont pas celles de tout le monde, justement. Et qu'il pourrait se montrer un peu plus humble et discret. Outre le cas Marie Trintignant, son attitude avec sa première femme, qui s'est suicidée, est loin d'être claire. Tout comme ses relations avec ses ex-compagnons de Noir Désir qui, sans jeter la pierre à leur leader, évoquent l'impossiblité de continuer à travailler avec lui.
En ce qui concerne Bellanger, tant qu'à faire, lâchons-nous, partouzons en coeur à l'âge de 40 ans avec des mineures, et érigeons-nous en martyre du capitalisme sauvage avant d' appeller à la résistance contre les méchants actionnaires. Avec manifestations d'auditeurs, et personnalités en bouclier défensif. Je ne suis pas certaine d'ailleurs que ce monsieur n'utilise pas la liberté d'expression comme prétexte pour sauver ses miches et ses revenus.
Je vais donc jouer les mères la morale et utiliser ma liberté d'expression pour demander à ce qu'on leur ferme un peu le clapet à tous les deux.
Quitte à passer pour une affreuse réactionnaire.
Mais que voulez-vous, les types qui tapent sur les femmes ou qui tripotent les petites filles, ont tendance à me déclencher un Gilles de la Tourette assez poussé qui se manifeste par des insultes du style "enculé" et une forte propension à vouloir les scalper à la tronçonneuse.
Si je m'écoutais je me ferais quasiment peur.
Je ne m'écoute plus, donc.
Faites la même chose.
Ca vaut mieux pour tout le monde...

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : bellanger, cantat, justice, liberté d'expression |
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