24.04.2008
J'ai vécu une expérience extra-sensorielle
Mardi soir, je regardais Dr House d'un oeil en bloggant d'une main...
Emportée par mes notes, je n'avais pas vu que la série s'était terminée et qu'après le tunnel publicitaire l'émission "Confessions Intimes" avait débuté.
J'avais déjà entendu parler de cette émission où, sans aucune pudeur, les quidams de la France profonde, filmés en situation, étalent leurs tocs, manies, obsessions et particularités physiques dans des reportages racoleurs, montés pour aguicher la ménagère de moins de 50 ans.
Le sujet sur lequel je suis tombé était a priori tout sauf drôle : un couple se déchirait. La fille, opérée d'un cancer aux ovaires, pensait que sa féminité était entamée. Pour se prouver qu'elle pouvait encore plaire, elle faisait des photos sexy, qu'elle mettait sur internet. Son mec était fou de jalousie et la pistait toute la journée, ce qui rendait la nana dingue. Donc, ils n'arrêtaient pas de se disputer face caméra.
Evidemment, vu la description ci-dessus, vous vous dites, aucun intérêt ce truc, pas de quoi en faire une note.
Sauf que la fille qui faisait des photos sexy et affolait les hommes selon son mec ressemblait dans ses ensembles guépières à un balai enveloppé dans une toile de tente, qui aurait fait passer Cindy Sanders pour un modèle de classe et de distinction. Les élastiques de sa guépière claquaient mollement sur ses fesses plates et néanmoins pourvues de cellulite. Le type quant à lui, vraisemblablement fan de Johnny, portait la boucle d'oreille du rockeur français et courait en treillis et pull militaire derrière sa cagole pour la récupérer.
Tout ça avec un accent du sud à couper au couteau dans une maison décorée de canapés conforama et de drapeaux sudistes. Bouquet de fleurs, rasage de torse (si,si, je vous assure), déclarations enflammées, rien n'y faisait.
Même pas intervention d'un couple ami venu en médiateur. Et là, on a touché au sublime. Autour de la table de la salle à manger, la copine - appelons là Ginette - cagole du sud bis avec cheveux ailes de corbeau, brushing lisse, énormes créoles dorées, jean serré et boots pointues mitraillait son pote de "putaing, t'as pas de couilles ou quoi, t'es un homme ou quoi, faut lui montrer, putaing" de temps à autre elle interpellait son mari, silencieux (tu m'étonnes avec un débit pareil, impossible d'en placer une). Mari - appelons-le Roger - avec pantalon en cuir, tee-shirt relevé sur tatouages, et cheveux décolorés en rideau devant le visage qui ponctuait le discours de sa femme de hmm en secouant la tête. Ca donnait donc "putaing, tu va prendre ta vie en main, putaing, t'es un mec ou quoi ?" "Hein Roger" "Hmm" "Prouves-lui que t'es un homme, un vrai, putaing" "Hein, Roger" "Hmmm"...Etc...
Le mari malheureux était tellement au 36ème dessous qu'il n'arrivait même plus à travailler et suivait obsessionnellement sa femme dans ses séances photos sexy en s'extasiant sur sa bourgeoise en guépière les fesses à l'air. Parce qu'elle excitait les hommes et qu'il n'y avait en fin de compte que lui qui la possédait.
C'était pathétique. Je passe sur les diverses disputes filmées complaisamment
Le sujet se finissait par une réconciliation expresse organisée par une psychologue télévisuelle.
J'étais tétanisée devant ma télé la machoire ouverte, un filet de bave coulant lentement de ma bouche distendue par l'angoisse et la stupéfaction.
J'hésite encore pour savoir si ce sujet était monté avec des acteurs, auquel cas, ils méritent amplement et immédiatement un oscar.
En revanche si ce sont de "vrais" gens, je pense que je vais tout abandonner et me retirer dans un monastère au Bhoutan.
Dis moi pas k'sest pas vrai...
20:48 Publié dans Spectacles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : confessions intimes |
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