15.02.2011
Mytho Man
Je rebondis sur l'excellent billet de Daria Marx qui raconte ses péripéties avec une mythomane qui a mystifié une bonne partie de la blogosphère.
Des mythos j'en ai rencontré un bon paquet au cours de ma vie.
Des cas légers - la copine qui s'invente des boyfriends pour se faire mousser. Ou votre serviteuse qui a tendance à enjoliver les histoires qu'elle raconte pour les rendre plus marrantes (le syndrome la-sardine-qui-a-bouché-le-port-de-Marseille)
En passant par les cas moyens : une collègue qui s'invente un appart' dans le 16ème et une vie trépidante entre cocktails branchés et soirées parisienne alors qu'elle passe ses samedis soir dans son studio du 93 à partager une raclette avec son poisson rouge.
Jusqu'aux cas grave comme celui de la demoiselle ci-dessus.
Le mythomane, le vrai, est un malade. Il ne sert donc à rien de lui hurler dessus ou de le placer face à ses mensonges.
Il n'est d'ailleurs pas toujours conscient de ses propres inventions.
Il refuse votre réalité. Seule importe la sienne.
Si vous le confondez, il se réfugiera dans une autre histoire, un autre mensonge.
Le problème des mythomanes c'est que s'il se contentaient de fabuler gentiment dans leur coin, après tout ça ne serait pas si grave. Mais le mythomane est aussi un manipulateur qui a besoin d'entraîner d'autres personnes dans son petit théâtre personnel pour qu'il devienne vivant.
Donc de vous.
Et il sait instinctivement ce qu'il doit vous raconter pour que vous l'écoutiez, que vous tombiez dans ses filets et qu'il vous entraîne dans ses fables. Avec des dégâts soit matériels (il vous escroque et vous pique vos sous) soit moraux (dégâts émotionnels collatéraux)
Jusqu'à ce qu'un jour il se prenne les pieds dans le tapis. Car aussi doué qu'il soit le mythomane finit toujours par se trahir, s'emmeler dans son histoire et susciter le doute chez ses interlocuteurs
C'est à ce moment qu'en général il disparait, ne supportant pas que sa réalité se fissure.
Pour renaître ailleurs sous une autre forme, et raconter d'autres mensonges, encore et encore
La seule porte de sortie pour lui est un traitement et un suivi psy. Pas toujours couronné de succès malheureusement.
Je suis naturellement équipée d'un assez bon détecteur à mythomanes. Expérience et méfiance aidant, j'arrive à déjouer relativement régulièrement les affabulateurs et autres raconteurs de balivernes.
Mais il n'est pas dit qu'un jour je ne tombe pas à nouveau dans les filets d'un ou une charmeur(se) de serpents particulièrement habile.
Il ne faut jamais dire jamais.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : mythomane, menteur, histoires |
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