09.09.2009
And now, for something completely different
... Comme diraient nos amis les Monthy Python..
Emportée par le courant, et une crise de mégalo, j'ai cru que le pouvais me lancer dans l'analyse politique. J'ai donc commis un article pour le blog de Luc pendant ses congés. Ce n'est pas la Manu que vous avez l'habitude de lire, mais bon, je me suis fait plaisir..
Demain on repart dans la déconne, mais en attendant..
Comment Sarkozy a dissous la gauche ou le pouvoir est une drogue
Il est très courant de lire dans les magazines politiques de longues pages d'analyse sur les stratégies alambiquées élaborées par Sarkozy pour tailler la gauche en pièces.
Mais nul n'est besoin de lui prêter une intelligence hors normes et des théories politiques compliquées. Car l'homme n'est pas intelligent, du moins au sens raffinement intellectuel. Au contraire d'un Mitterrand ou d'un Giscard-d'Estaing et à l'instar de son père spirituel Chirac - qu'il a d'ailleurs fini par tuer de façon très oedipienne, mais ceci est une autre histoire - c'est un animal politique rusé, roublard et à la peau dure, un vrai tueur.
Il a simplement compris une chose essentielle : peu de gens peuvent résister à l'attrait du pouvoir. Un portefeuille ministériel ou une mission d'état attribuée, et le farouche opposant se transforme rapidement en mouton docile. Et ceux qui restent en arrière sans rien se regardent tous avec méfiance en pensant "à qui le tour ??". Un vrai jeu de massacre.
Oui, le pouvoir est irrésistible. Et une fois qu'on y a goûté, on ferait tout pour retrouver "ministre de...." sur du papier à en-tête. Certains vendraient leur propre mère pour récupérer un chauffeur et une voiture de fonction. Même éloignés quasi-définitivement des responsabilités, mêmes âgés, les politiques ne veulent pas décrocher.
Ils sont comme ces has-been du spectacle qui vous sortent leur vieilles vidéos en vous déclarant : "mon dernier single marche très bien au Japon et mon prochain disque va sortir très bientôt"
Regardez ce pauvre Rocard, qui s'imaginait que parce qu'il allait apparaître Ségolène Royal allait le laisser être le candidat à sa place ou qui court pondre des rapports inutiles et incompréhensibles parce que Sarko lui jette une miette de temps à autres et qu'il n'a toujours pas renoncé à l'idée d'accéder aux plus hautes responsabilités à 80 ans bien tassés !
Pathétique.
Cette stratégie n'est d'ailleurs pas nouvelle. Louis XIV l'avait déjà utilisée pour mater une noblesse rebelle qui avait failli le renverser pendant la Fronde. Les ex-conjurés achetés à coup de privilèges et de fonctions honorifiques s'étaient rapidement transformés en courtisans serviles.
Reste à savoir combien de temps cette stratégie fonctionnera. Pour le moment, le PS est laminé, Sarko a réussi à rallier toute la droite du centre à de Villiers sous sa bannière, et il est bien parti pour se faire réélire en 2012, faute de réelle opposition. Son meilleur adversaire étant pour le moment un membre de son propre bord : Dominique de Villepin.
Mais les oubliés des privilèges Sarkoziens et les ex-privilégiés tombés en disgrâce attendent leur heure. Certains membres de l'UMP ne lui pardonnent pas les cadeaux à des personnalités de gauche et une de ses ex-favorite, Rachida Dati, se rapproche beaucoup du clan Chirac en ce moment.
Après le laminage de la gauche, Sarko va-t-il donc contribuer à façonner - bien malgré lui - un nouveau paysage politique en France avec un clivage.... droite - droite ??
L'avenir nous le dira.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, pouvoir, rocard, chirac, giscard |
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