28.01.2010
Enfoirage humanitaire
Je rebondis sur l'ekkkssssellent billet de Koztoujours sur le clip des chanteurs hasbinnes pour Haïti pour enfourcher à nouveau un cheval d'irritation qui a tendance à m'exaspérer de façon exponentielle.
L'irritation, pas le cheval.
Enfin bref, je me comprends.
A chaque catastrophe, et depuis « we are the world » on a le droit à la chantoune catastrophée.
Et catastrophique pour nos oreilles.
Je dirais même que les racines du mal remontent plus loin. Pour les quelques anciens combattants encore vivants qui s'en souviennent, le point de départ a été dans les années 70 le concert pour le Bangladesh noyé sous la flotte (déjà) mené par l'ex-Beatle George Harrison, encore en plein trip baba-hindouiste.
Et encore la chanson n'était pas trop vilaine..
Depuis, comme les inondations sur le Bangladesh, la chanson ou le show caritatif reviennent de façon récurrente.
Pour mon plus grand déplaisir. Je l'ai dit et je le re- je reste très dubitative envers le Charity Business chantant.
S’il y a vraiment des gens de bonne volonté, pour beaucoup d’artistes c’est un peu la « ferme célébrités » de la chanson.
Une façon de se remettre en selle à peu de frais. Et en se ridiculisant au passage.
Bien sur les "artistes" donnent leur temps.
Mais bon chantouiller faux devant un micro pendant une heure, ça ne leur coûte somme toute pas grand chose. Et pour ceux qui sont en perte de vitesse, ça ne leur coûte rien du tout, car leur agendas se vide à la vitesse où la marée se retire dans la baie du Mont-Saint-Michel.
Le summum de l’exercice étant les Enfoirés. Un joli et exaspérant rassemblement de baltringues si on veut mon avis.
Mais personne ne me le demande vraiment. Du coup je le donne quand même.
J'ai bien le droit aussi d'exaspérer tout le monde.
Je voudrais simplement demander à Goldman s'il donne aussi ses droits d'auteurs aux Enfoirés. Juste histoire de rire.
Je mets dans le même sac les télécons larmoyants où on vous secoue des petits handicapés sous le nez pour vous culpabiliser d'être en bonne santé et de ne pas faire un gros chèque.
Je suis désolée mais je ne culpabilise pas.
Et à tous ceux qui vont me dire "oui mais au moins, eux il agissent, et toi tu fais quoi ?"
Ce que je fais ? Personne n'a besoin de le savoir.
L'action humanitaire est une affaire personnelle. Une affaire de conviction et d'humilité. Ca ne va pas sauver plus de vies si j'agite mon chèque devant les caméras. Et ce n'est pas obligatoirement donner de l'argent. Le temps, l'attention, l'aide sont également précieuses.
Les vrais héros sont ceux qui oeuvrent dans l'ombre et sur le terrain.
Pas ceux qui chantouillent avec une main sur la poitrine, les yeux fermés et un air pénètré en playback devant un micro.
Ne vous y trompez pas.

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : chanson, humanitaire, enfoirés, concert pour le bengladesh, usa for africa |
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