10/02/2010
Viens voir les comédiens, voir les musiciens, voir les magiciens qui arrivent...
Une soirée au théâtre ça ne se refuse pas.
Donc quand Plastie m'a couiné dans le tuyau "radines ta chetron" (Plastie cause très mal la France et elle a de mauvaises fréquentations), malgré un état de fatigue avancé lié à une semaine professionnelle chargée et à une vie de patachon en parallèle, je n'ai pu que lui dire "banco"..
J'ai décidé que je dormirai plus tard.
Au travail par exemple.
Et j'ai couru sur mes talons jusqu'au théâtre du Palais-Royal ou j'ai retrouvé la susdite.
Avec un sandwich Uniqlo..
Si si je vous assure. Uniqlo fait des sandwiches, la preuve.
(et hop demain, queue de 12 km devant le magasin pour rien)
La soirée a débuté par la visite du théâtre en compagnie d'une quinzaine de bloggeurs et webzineurs invités, guidés par le Directeur et le Régisseur du théâtre.
Le Foyer
Un peu d'histoire sur le théâtre du Palais Royal en quelques lignes.
Et ne râlez pas ça vous culturera bande de mouflons.
C’est en 1780, que Philippe III d’Orléans, père du futur roi Louis-Philippe, entreprend de transformer entièrement son domaine en créant à l’intérieur du jardin trois nouvelles rues qui vont recevoir comme noms, les titres de ses trois fils : de Valois, de Beaujolais et de Montpensier.
Avec l’architecte Victor Louis, qui vient de terminer l’admirable grand théâtre de Bordeaux, il élabore les plans de ces rues bordées de maisons identiques, soutenues par des arcades. Très vite, viennent s’installer les commerces les plus hétéroclites : bijoutiers, coiffeurs, confiseurs, tailleurs, couteliers, drapiers, fleuristes, libraires, parfumeurs, modistes. Le Palais-Royal était alors une zone franche où la police de rentrait pas. Donc aussi un lieu de débauche où se croisait joueurs, voleurs, prostituées et escrocs en tous genres. C'est la Montansier, courtisane, puis femme d'affaires qui va donner son essor au théâtre. Elle sait trouver les auteurs et les interprêtes qui enchantent le public en mal de plaisir et de légèreté, notamment sous la révolution. Elle lui propose des opéras-comiques et des comédies aux titres évocateurs. Le 13 juillet 1820, à 90 ans, cette grande figure du théâtre français qui a connu Louis XV, Louis XVI, la Révolution, l’Empire, la Restauration, les Cent-Jours, Louis XVIII, fait construire quatre théâtres, et en a dirigé vingt, disparaît oubliée de tous. Le théâtre fermera aussitôt. Il ré-ouvrira 11 ans plus tard sous l'impulsion de Dormeuil, qui lui donnera pendant 30 ans ses lettres de noblesse. A la fin du XIXème siècle le théâtre entamera une grande histoire d'amour avec Feydeau qui y créera 6 de ses pièces jouées et rejouées à de nombreuses reprises.
Depuis la comédie est restée la vocation du Palais-Royal. C'est d'ailleurs ici que s'est jouée pendant 7 ans d'affilée la mythique "Cages aux Folles"avec Poiret et Serrault..
Et à propos de Feydeau, c'est justement deux pièces courtes de l'auteur que nous avons pu voir. Et tant mieux : j'adore Feydeau. C'est pour moi un maître de la comédie qui, sous des aspects extérieurs légers voire bouffons, critique et ridiculise les travers d'une société bourgeoise française de la fin du XIXème siècle. Ses pièces sont des petits bijoux d'horlogerie comique qui ne souffre aucune approximation. Et oblige les comédiens à donner le meilleur d'eux-mêmes. Au risque de choquer certains puristes, je le compare volontiers à un Molière de la belle époque.
On purge bébé
Monsieur Follavoine cherche à décrocher le marché des pots de chambre incassables à destination de l'armée française. Pour tenter de conclure l'affaire, il invite à dîner Chouilloux, fonctionnaire influant du ministère des armées, son épouse et l'amant de celle-ci. Mais ce jour-là, le fils Follavoine est constipé et ne veut pas prendre sa purge... et rien ne se passe comme prévu.
Léonie est en avance
Léonie est sur le point d'accoucher avec un mois d'avance. Les mauvaises langues se délient, Les règlements de compte et les mesquineries entre beaux-parents et gendre vont bon train, l’arrivée d’une sage-femme tyrannique finit de chambouler toute hiérarchie dans la maison, et ce qui devait être un moment de joie va tourner à la catastrophe.
J'ai beaucoup aimé la mise en scène dynamique, le comique échevelé venant du ridicule des situations décrites par Feydeau, l'énergie des acteurs, les costumes graphiques en noir et blanc. Avec une mention spéciale à Christiana Réali (vraiment très jolie au naturel) qui n'hésite pas à s'enlaidir pour la bonne cause !
Seul petit bémol : un décors aux couleurs volontairement psychédéliques qui va moyennement avec les costumes et finit par vous donner le mal de mer.
Personnellement j'ai préféré la première pièce, que j'ai trouvée plus enlevée, à la deuxième. Mais le niveau global reste très bon.
Après la pièce, conclusion parfaite d'une parfaite soirée, nous sommes montés sur scène au milieu des décors et des accessoires pour une petite conversation avec le metteur en scène, Gildas Bourdet
pour rejoindre toute la troupe au bar du théâtre pour une conversation-coupette de champagne avec les acteurs. Avec en bonus, la présence du réalisateur Jean-Pierre Jeunet, venu voir jouer son acteur fétiche : Dominique Pinon.
Malheureusement, il était tard, et, sous peine de ne plus avoir de métro, j'ai été forcée de m'éclipser rapidement sans avoir eu vraiment le temps de harceler les pipeules présents comme j'ai l'habitude de le faire dans ce genre de situation.
Ils ne se doutent donc pas de l'horrible sort auquel ils ont échappé.
Quant à moi je suis rentrée en titubant (champagne + rien dans le ventre + fatigue) avant de m'écrouler pour quelques heures dans mon lit et de passer mon vendredi dans un état catatonique en faisant semblant d'être concernée par mes dossiers au bureau.
Mais je ne regrette rien, car j'ai vraiment passé une excellente soirée. Que je vous recommande. ON PURGE BEBE - LEONIE EST EN AVANCE Cristiania REALI, Dominique PINON, Pierre CASSIGNARD de 27,75 à 39 Euros la place avec les offres spéciales sur le site du théâtre..
Merci à Plastie, à l'agence en 3 mots et à Sarah pour cette jolie soirée !

06:00 Publié dans Spectacles | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : théâtre du palais royal, feydeau, christiana réali, dominique pinon, gildas bourdet, jean-pierre jeunet |
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Commentaires
Écrit par : La Femme coupée en deux | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Plastie & Cie | 10/02/2010
Répondre à ce commentaire@Plastie : ta réputation est foutue maintenant..
Écrit par : emanu124 | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : maman@home | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Chouyo | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sandra | 10/02/2010
Répondre à ce commentaire@Chouyo : je suis d'accord. Ce ne sont pas les meilleures pièces. Je préfère nettement "Le
dindon" ou encore "L'hôtel du libre échange". Mais elles restent tout à fait distrayantes !
@Sandra : mais merci beaucoup !!
Écrit par : emanu124 | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : maman@home | 10/02/2010
Écrit par : Chonchon | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Farfadette | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Daydreamer | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireY a un sacré bail que je ne suis pas allée au théâtre moi dis donc...
Un plaisir rare quand on vit en Province hélas...;-)
Écrit par : Evilysangel | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : emanu124 | 10/02/2010
@Farfadette : et oui. Il faut bien avoir quelques avantages à vivre dans une ville bruyante, polluée, chère et remplie de gens malaimables.
@Daydreamer : nan. Pas de ragots pour cette fois.. La prochaine fois je m'arrangerais mieux.
Écrit par : emanu124 | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireBonsoir Emanu !!!!! très grandes bises pour vous et pour Cannelle.
Écrit par : Michel | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : emanu124 | 10/02/2010
Écrit par : Kahlan | 10/02/2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : emanu124 | 11/02/2010
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