17/12/2012
Le syndrome du barman
Rappelle-toi.
Dans tous les films dramatique où le héros ou l'héroïne part à la dérive, il s'effondre sur un bar en racontant sa vie à un barman impavide qui essuie les verres en faisant "hmmm, hmmm, oui".
Et finit par lui dire "tu sais mon gars, à ta place, je lui dirais que tu l'aimes à cette fille".
Sur quoi le type sort du bar en courant et part se jeter au pieds de la fille ou se tirer une balle dans la tête en fonction de l'humeur du réalisateur.
Dans la vraie vie aussi, cette situation existe.
Si tu n'as pas de barman sous la main, il arrive que tu racontes ta vie à un(e) parfait(e) inconnu(e) sans trop savoir pourquoi, alors que tu n'arrives pas à évoquer certains sujets avec des intimes.
Je fais partie de cette catégorie de gens qui va plus volontiers se confier à sa manucure, son livreur de pizzas ou la boulangère qu'à des proches.
Paradoxalement, je trouve assez difficile même de partager mes soucis avec mes intimes.
Qui me trouvent parfois quasi-mutique alors que je suis volubile avec des gens de la sphère extérieure.
Je me suis souvent demandé pourquoi je pratiquais cette analyse au petit pied avec le premier étranger venu plutôt que de me confier à ma famille ou à mes amis qui seraient pourtant beaucoup plus à même de me donner des conseils avisés ou de remonter un moral défaillant.
Voire à étaler mes soucis sur des gens qui finalement n'en ont strictement rien à faire.
C'est justement et précisément parce qu'ils n'en en ont strictement rien à faire.
C'est pile-poil le principe de la psychanalyse.
Tu racontes tes tourments à quelqu'un de détaché et non orienté.
L'inconnu à qui tu te confies ne se sentiras pas non plus remis en question par tes confidences.
Ni obligé de donner son avis ou de prendre parti.
Eventuellement il pourra te donner un conseil judicieux et non émotionnellement impliqué.
Tes confidences te coûteront juste le prix d'un cocktail, d'un brushing ou d'une baguette de pain.
Même si le conseil d'une coiffeuse se limite parfois à "oh vous savez, moi quand ça va pas, je prend un bon bain moussant, et je lis un bouquin de Marc Lévy, ça me détend, mais ça me détend..."
C'est totalement vrai.
Un bouquin de Marc Lévy détend et renforce ta confiance en toi-même, tu te sens INTELLIGENT après l'avoir refermé.
En bonus, tu n'est même pas obligé(e) de subir un quelconque jugement de valeur qu'il soit positif ou négatif ou de payer ta séance de psychanalyse.
Et s'il y a bien quelque chose que je déteste c'est le jugement de valeur ou qu'on me dise "tu devrais faire ça".
Je veux m'étaler mais qu'on ne me dise SURTOUT pas ce que je dois faire.
Ceci dit, il faudrait quand même un jour que j'apprenne à me confier à mes proches, ça me couterait ENCORE moins cher, même pas besoin de payer ni un cocktail, ni un brushing.
Il me reste néanmoins une question sans réponse :
A qui vont se confier les barmen, manucures, boulangers et livreurs de pizzas ?
Merci à Cath avec qui nous avons échangé sur le sujet sur twitter

Et si le barman est psychopathe, il se passe quoi ?

06:04 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : syndrome, confidences, barman, psycho |
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Commentaires
Allez penses aux économies que tu pourrais réaliser vu le prix des cocktails, lance toi, attaque les proches un jour :-)
Écrit par : Cécile - Une quadra | 17/12/2012
Répondre à ce commentaireJe commence à me confier à ma soeur, mais c'est récent....
Quand on y pense le lectorat des blogueuses c'est une sorte de barman , non ?
Écrit par : Poulette Dodue | 17/12/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : generique | 17/12/2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Itsjustme | 17/12/2012
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