19/04/2013
Saturation
L'actualité n'est déjà pas rose en ce moment.
Couplée à un hiver long et morose, la plupart d'entre nous ont le moral au ras du sol, malgré les quelques beaux jours que nous venons d'avoir.
Sur cette couche de pessimisme ambiant s'ajoutent des médias affolant la ménagère à la moindre actualité un peu sensationnelle, guettant le plus petit clash entre personnalités ou semi-pipeules et des réseaux sociaux qui commencent à ressembler à un forum en ébullition permanente où les gens se jetent n'importe quoi à la tête....
J'ai envie de crier CRIER CRIER STOOOOOOP.
On en arrive à un stade où au lieu de passer du temps à rigoler et à raconter des énormités avec des adultes consentants, je passe la moitié de mon temps à éviter des scuds et l'autre moitié à en envoyer.
Tiens encore hier, j'achète une déclinaison lait chocolaté de célèbres barres (si si, il viennent de lancer) pour faire un petit auto-test. Dont je parle en ligne. Et je me prends un "y'a toujours des cons pour avaler la merde qu'on nous vend" ....
Auquel j'ai rétorqué "et y'a toujours des cons pour le commenter"
Evidemment.
C'est anecdotique, certainement, mais symptomatique du climat exacerbé qui règne actuellement.
En gros tu ne peux plus rien dire sans que quelqu'un te cherche des poux dans la tête.
Pas un jour sans que tel ou tel se mettent mutuellement sur la figure et je ne parle pas des tombereaux de merde que déversent quotidiennement actuellement en ligne, les extrémistes de tout bord sur les sujets de société, le mariage pour tous en tête.
Contrairement à certains qui y prennent visiblement du plaisir ou y gagnent de l'exposition, je n'apprécie que moyennement le clash pour le clash et j'essaye de ne pas agresser gratuitement pour le plaisir d'agresser ou pour me faire un nom en ligne.
Titiller, piquer, taquiner, oui, j'avoue.
Bâcher pour bâcher, certainement pas.
Tout ceci me fatigue à un point phénoménal. Malgré tout le second degré que je peux introduire dans ma relation avec les internets, je n'arrive parfois même plus à relativiser.
Si on y ajoute les égos en roue libre et les live tweets d'opés blogueurs où 4500 personnes te balancent au même moment "la vie est tellement mieux plus belle avec les anti-hémorroïdes jaimalaucul" il y a certains jours où je prendrais bien des cours de hacking pour faire sauter les serveurs de France Télécom.
Vraie lassitude ? Augmentation de la taille de mon réseau qui fait que je suis plus exposée ? Vraie dégradation de la sphère connectée ?
Je ne sais pas trop identifier le pourquoi du comment.
Ce que je sais c'est que je ne suis pas la seule a ressentir ceci. Guy Birenbaum a notamment consacré une de ses chroniques au climat détestable qui règne en ligne actuellement.
J'en suis à un point tel que je refuse beaucoup d'invitations d'opérations blog pour ne pas entendre les mêmes sujets ressassés encore et encore "t'as vu ? Machin a dit ça à Truc l'autre jour sur twitter et Truc lui a dit que quand même c'était un gros naze". En alternance avec "au fait tu vas à l'opé Choupilol après-demain ? Attends je regarde ... Ah non moi je vais boire du champagne chez Lolchoupi".
(D'autant que trouve, et c'est un point de vue purement subjectif, que toutes les opérations finissent par se ressembler et que bien peu sortent du lot.)
(oui et là j'ai envoyé un scud gratuit, je sais)
Je crois qu'il est donc temps prendre un peu le large histoire de respirer.
Pour mieux apprécier à niveau tout le fun qu'on peut trouver en ligne.
La cure de désintox s'impose.
1ère étape pour y aller en douceur (car en bonne accro, un sevrage brutal est inenvisageable), ce week-end, je vais tenter de ne pas mettre un seul orteil sur internet en général et sur les réseaux en particulier. Ni Facebook, ni twitter, pas un seul instagram, même pas de tumblr.
Rien sauf rédiger mon billet du début de semaine prochaine et regarder quelques séries. Sans les commenter à coups de "waouh l'épisode 3 de Game of Thrones, quelle tuerie" qui ne vont pas changer la marche de l'univers de toutes manières.
Je vais même tenter de ne pas trop suivre l'actualité que ce soit à la télé, en ligne, et même dans les journaux papier. L'hyper-information 24/24 a aussi des effets pervers. Tant pis si je manque la news du siècle. Je vais m'en remettre. J'en prendrais connaissance plus tard.
Si vous me voyez apparaître sur les réseaux sociaux, merci de me jeter à coups de tomates bien mûres. Ca m'aidera beaucoup.
Si je parviens à tenir, j'envisage de renouveler périodiquement l'exercice.
J'envisage même de partir exprès dans des endroits SANS wifi ni réseau.
Le web n'étant pas mon activité professionnelle, je n'ai aucune raison vitale de restée connectée à part le plaisir ou l'addiction.
Nous verrons bien si je tiens.
En tous cas je sens qu'une respiration devient nécessaire.
C'est le bon moment.
Dehors il y a du soleil, et j'ai plein de déjeuners et d'apéros à faire ....

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu, Web | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note |
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