24/06/2010
Maternitude Proximoche
Aujourd'hui je me sentais inspirée pour hurler sur quelque chose..
Ca m'arrive assez rarement en fait, environ toutes les deux/trois heures.
Comme évoqué dans un récent billet, j'ai failli faire un arrêt cardiaque devant un reportage de 66 minutes sur le maternage proximal.
Je ne connaissais pas ce mouvement, n'ayant pas lu le livre d'Elisabeth Badinter qui le vilipendait.
J'ai mon propre mouvement, le féminisme punk, je ne vois pas pourquoi j'irais m'embêter avec les idées des autres.
Donc si vous l'ignorez encore, et comme je l'ai découvert à la télé, le maternage proximal consiste à avoir un contact soutenu et rapproché avec son enfant à tout moment et le plus longtemps possible. Incluant l'allaitement tardif. Et une réponse constante à toutes ses demandes. En lui posant peu d'interdits.
C'est là que j'ai faillir choir de mon trépied en criant "yuuurk"
Oui je regarde la télé assise sur un trépied telle la pythie de Delphes, c'est style.
Et que j'ai crié, non pas "Aline", mais "Gné ???"
Passe encore l'allaitement tardif, quoique, n'en déplaise à Olympe qui me traite de crypto-badinterienne au passage, il faudrait encore m'en prouver le bénéfice réel passé un certain âge. Et que je trouve qu'allaiter un gamin de 3 / 4 ans c'est... un peu limite..
Je rappelle quand même que l'allaitement tardif était et est surtout un moyen de nourrir les enfants dans les périodes ou pays où l'alimentation est difficile.
Et que dès qu'un gamin a des dents c'est a priori pour mâcher.
Mais bon, chacun fait ce qu'il veut.
Trimballer son enfant 24/24 et lui passer toutes ses conneries, c'est le pire qu'on puisse faire.
Le meilleur service que vous puissiez rendre à votre descendance c'est de lui lâcher les baskets et de lui dire non... C'est à dire lui apprendre l'autonomie et la frustration. Ce dont il aura besoin plus tard pour se débrouiller dans la vie. A priori c'est le boulot principal des parents. Avec dispenser un minimum d'affection et de culture.
Ce n'est pas tant contre la mère poule au foyer que je m'élève. Il ne me viendrait MEME pas à l'idée de critiquer celles (ou ceux, il y en a) qui font ce choix.
C'est contre cet espèce de concept illusoire et aliénant de la mère parfaite que je m'insurge. Celle qui prépare les tartes aux pommes, qui suit les méthodes psycho-éducatives de pointe, qui amène ses bambins à l'éveil musico-culinaire ou les encourage au basket en tricotant des barboteuses ou en confectionnant les maillots de l'équipe, qui est présidente des parents d'élèves, qui leur fait répéter leurs gammes en jouant du saxophone et en préparant un repas pour douze personnes.
Bree Van de Kamp.
Je fuis ces mères parfaites à la limite de la psychopathie. Qui surinvestissent sur leurs enfants et gèrent leur progéniture comme une PME. Je les évite comme la peste. Quand j'allais chercher mes fils à l'école, je me planquais dans un coin pour ne pas leur parler. Le simple fait d'entendre "je l'amène à une session d'éveil culturel" "j'ai fait des cartes personnalisées pour son anniversaire" "j'ai demandé à la maîtresse quelle méthode musicale elle utilisait" me faisait pousser des piques dans le dos.
Je suis une mère imparfaite. Et j'assume totalement. Mes fils m'ont vu bourrée une bouteille à la main en train de crier "encooooreeuuuuuh". Sans parler, entre autres, du fait que je ne leur ai jamais raconté une histoire le soir (je mettais des cassettes) et que je leur ai mis quelques roustes maison.
Je suis un être immonde à mettre au ban de l'humanité ? Ok, on en reparlera dans 15 ans quand les maternés proximaux feront des crises d'angoisse à chaque séparation, seront suivis par un psy, prendront des substances, porteront une crête multicolore et un tee-shirt "motherfucker"..
En attendant j'ai compris depuis longtemps que mes gosses auront quoi que je fasse, toujours quelque chose à me reprocher. Partant de ce constat, je suis décomplexée de l'éducation. Surtout que je pense que leur mère très imparfaite, mes fils l'aiment plutôt pas mal. Ca les fait marrer.
Je laisse le mot de la fin à mon fils cadet, 17 ans, qui visionnait avec moi le reportage sur le maternage proximal.
"complètement con".

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (68) | Tags : maternage proximal, elisabeth badinter, reportage, maternité |
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