13.01.2010

Action ou vérité ?

Billet pas forcément rigolo. Pour le pouet pouet tagada faudra repasser demain.

Mais j'aime aussi parler de choses sérieuses de temps à autres.

 

Lundi soir dans le RER qui me ramenait de la banlieue prolétaire où je travaille vers les prix exorbitants de Paris intra-muros (oui j'habite à Paris et je vais travailler en banlieue c'est hype), une bande de zyvas relativement excités de 12 à 15 ans traverse le wagon plusieurs fois.


Mue par un instinct de survie liée à plusieurs incidents antérieurs dont un récent arrachage de portable, je range tout ce qui traîne et surveille leur allées-venues du coin de l'oeil.

Oui, c'est du délit de faciès. Absolument. Le jour où un type en costard-cravate me fera les poches, on en reparlera.


La bande s'éparpille, se reforme, palabre, on dirait que les gars cherchent un truc.

Je me dis qu'ils ont repéré un gusse d'une bande rivale et que le gusse en question risque de passer un mauvais quart d'heure.


Jusqu'au moment où ils disparaîssent tous au fond du wagon et que s'élèvent les cris hystériques d'une fille.. Au bout de quelques instants, une dame réagit et demande aux hommes présents d'intervenir.

Se lèvent deux d'entre eux, qui partent également au fond du wagon. Finalement quelqu'un hors de mon angle de vision à la bonne idée d'appeler par l'interphone le conducteur de la rame, qui annonce dans le haut-parleur qu'il va prévenir la police.


La rame arrive en gare, les mômes bondissent hors du wagon et s'éparpillent suivis par la fille hurlante et un ou deux gars courageux qui les poursuivent.


Evidemment pas de policiers en vue. Et les habituels badauds qui s'attroupent pour regarder.

Un des poursuivants arrive a choper un des minots qui crie qu'il n'a rien fait. Ses cris se mêlent à ceux de la fille qui hurle qu'ils lui ont arraché son portable d'après ce que je peux comprendre.


C'est là que j'ai quitté la scène du crime et poursuivi mon chemin.


Car je n'ai rien fait.

 

D'autres ont réagi avant moi. Et je les ai laissé sans même esquisser un geste.

Sans parler d'intervenir physiquement au risque de me prendre un mauvais coup, je me dis que j'aurais pu au moins appeler le 15 pour signaler l'agression aussi. Voire, comme la dame, exhorter les hommes présents à intervenir.


J'ai plutôt honte.

 

Mais je dois bien l'avouer, un des rares trucs devant lequel je ne suis pas très téméraire est une bande de jeunes gars qui se remontent le bourrichon les uns et les autres. On ne sait jamais jusqu'où ils peuvent aller pour impressionner leurs collègues...


De cet incident je tire quelques conclusions.

Pour avoir vécu des scènes du même ordre plusieurs fois, grosso-modo ce sont toujours les mêmes qui réagissent :

  • les africains et les maghrébins qui ont une notion de solidarité encore assez élevée. L'identité nationale n'est donc pas toujours où on la situe
  • Et/ou les femmes qui font souvent jouer la solidarité féminine quand une fille est agressée.

Les hommes blancs d'âge moyen se bougent rarement les fesses, il faut bien le constater.


Si je ne suis absolument pas pour le tout-répressif, je ne suis pas pour un angélisme béat non plus. Le-pauvre-gamin-qui-vient-d'un-milieu-défavorisé-et-qui-a-grandi-sans-limites, j'y crois partiellement..  Ceux qui font des conneries doivent être punis. Mômes compris. Mais en leur expliquant que ce sont des conneries. Et que s'ils recommencent ils vont prendre un bon coup de pied là où ça fait mal.


Oui, je suis une affreuse réactionnaire trouillarde. On en reparlera quand une bande de loulous de 14/15 ans vous aura dépouillé en vous laissant sur le quai de la gare en slip et en chaussettes.

 

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : rer, délinquance, vol | | |  Imprimer |