22.07.2011
Tristane Banon - Mal de mère
Depuis quelques temps, je vais voir un peu ailleurs. Dans les colonnes de la plateforme collaborative du Nouvel Observateur, LePlus Obs ...
Autre ton, autres sujets. Ca me permet d'écrire autrement et de ne pas tourner en rond ...
Certains billets sont retenus par le comité de rédaction... D'autres non et restent (un peu) au fond du tiroir virtuel.
Je me suis dit que les "oubliés" pouvait être recyclés ici.
Double avantage, ça leur donne une deuxième vie et ça m'évite d'écrire puisque je suis en mode vacances sur le blog.
J'avais rédigé ce qui suit il y a deux semaines. Evidemment, depuis il y a eu moultes rebondissements dans l'affaire Banon-DSK : révélations d'Anne Mansouret, audition de François Hollande, transmission possible du dossier à l'avocat de Nafissatou Diallo... Le billet n'est donc plus tout à fait d'actualité. N'empêche que le fond est à mon sens toujours valable.
Du moins c'est mon avis et je le partage...
Donc...
Que Tristane Banon soit victime avérée d'un viol par Dominique Strauss-Kahn ou mythomane notoire, comme le suggèrent certains témoignages d'anciens condisciples, c'est désormais à la justice d'en décider.
Mais sa souffrance, elle, est certainement bien réelle.
Et remonte vraisemblablement à une époque plus ancienne que les faits qu'elle expose sur la place publique aujourd'hui.
Et il n'y a pas que sa personnalité largement disséquée et analysée qui interpelle dans cette affaire.
Selon sa biographie, elle a été abandonnée dès la naissance par son père, qui s'est perdu entre l'hôpital et la mairie.
Sa mère, qui s'appelle Anne (Mansouret), la prénomme alors .... Tristane. Lacan aurait adoré, Freud aussi, probablement.
Triste jeu de maux.
Tristane Banon affirme ensuite que sa mère l'a elle aussi totalement délaissée pour s'occuper uniquement de sa carrière politique et de ses (nombreux) amants en la laissant aux mains d'une nounou alcoolique qui la battait.
Après une enfance douloureuse, mère et fille se réconcilient à l'âge adulte.
C'est pourtant cette mère qui empêchera Tristane, toujours selon ses dires, de porter plainte contre DSK au moment de la tentative de viol.
"Pour ne pas nuire à sa carrière et traumatiser la fille de DSK"
C'est encore elle qui déclare suite au dépôt de plainte de sa fille "j'ai minimisé la souffrance de ma fille".
Mais quelle sorte de mère pense à protéger les sentiments de la fille d'un "ami" au lieu de ceux de sa propre progéniture ? Ou "minimise" la souffrance de sa fille suite à une tentative de viol ? Comment peut-on "minimiser" une tentative de viol ?
Une génitrice le peut certainement, mais pas une mère au sens où on l'entend généralement.
Une femme plus préoccupée de sa propre carrière et de sa position sociale possiblement compromise par un scandale mettant en cause un de ses amis que par le bien-être de sa fille.
La seule excuse qu'elle pourrait avoir pour son comportement serait l'hypothèse de la mythomanie de Tristane Banon, sa mère agissant ainsi pour l'empêcher de se ridiculiser en public. Le "minimiser" la souffrance s'appliquant dans ce cas à une souffrance psychique de sa fille.
Nul ne sait vraiment ce qui se passe entre la mère et la fille, mise à part la version qu'en offre Tristane Banon au public au travers de ses romans et de ses interviews.
Ce qui est certain c'est quelle ont visiblement une lourde histoire commune à éclaircir. Et des problèmes à régler avec toute une palette de possibilités entre mythomanie et rejet maternel.
Ce qui est certain aussi c'est qu'une mère toxique n'est pas le meilleur moyen de démarrer dans la vie, comme le rappelle un film actuellement à l'affiche "my little princess" qui raconte la relation malsaine qu'entretenait avec sa fille la photographe Irina Ionesco.
Le mal de mère ne se soigne pas avec de la nautamine.
Malheureusement.

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : banon, dsk, mansouret, viol, procès |
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