05.10.2007
ODE A LA PARESSE
Nous vivons dans une civilisation qui privilégie le verbe AVOIR au détriment du verbe ETRE. Et pour avoir, il faut FAIRE. Faire des études, faire une carrière, faire des enfants, faire de l'argent, faire des activités, faire des activités avec les enfants, se faire des relations, faire, faire, faire. Tout le temps. Dans un mouvement incessant et sans répit. Le fait de ne pas faire est mal vu. Tentez l'expérience de revenir un lundi matin au bureau et de répondre, quand on vous interroge sur votre week-end : "rien de spécial". On vous regarde comme si vous êtiez porteur d'une maladie honteuse et hautement contagieuse : comment, vous avez osé "ne rien faire de spécial" ? Et bien oui, flûte, crotte, zut, bordel, oui, à la fin, laissez les gens respirer. Je le revendique et je l'assume J'ADORE ne RIEN faire. Etre chez moi, en peignoir de bain, pas coiffée, pas maquillée, à traîner, glandouiller, paresser, gratter, fainéantiser, cosser, tirer au flanc et toute autre expression appropriée. A passer des après-midis a m'écrouler alternativement entre la télé qui débite des séries idiotes et l'ordinateur pour regarder les sites de ventes par correspondance. A me faire réchauffer un plat préparé au micro-ondes. A feuilleter des magazines people, à gratouiller mon chat et admirer mes doigts de pieds manucurés. A réfléchir, à méditer, à.... rien.
Les gens suractifs me fatiguent. Sarkozy me fatigue. Quand ma belle- famille se réunit par exemple, c'est à celui qui en fera le plus. Je m'assois et je les regarde. A croire qu'ils ne savent plus, ou n'osent plus arrêter ce mouvement perpetuel. De peur de se regarder en face peut-être ? Effectivement, ce n'est pas si facile de se retrouver face à soi-même. Je suis une PARESSEUSE et une CONTEMPLATIVE. J'ai certainement raté plein d'occasions dans la vie faute de travail. Et alors. Je n'ai pas REUSSI selon les critères que la société nous impose. Je ne suis pas une winneuse ? Non certainement pas. Mais c'est quoi la réussite ? L'argent - ça aide - la carrière - passer 70 heures par semaine au travail, non merci - le pouvoir - je le laisse ça à ceux que ça intéresse - la gloire - c'est éphémère et plein de contraintes - la beauté et l'intelligence - ça c'est une loterie profondément injuste. La réussite c'est être là ou vous voulez et vous pouvez être. Inutile de prétendre être Giselle Bundchen quand on a le physique de Christine Boutin. Ou le poste de Christine Boutin quand on a le QI de Giselle Bundchen. Je veux juste être là à regarder passer la vie en buvant un bon thé, en caressant mon chat et en regardant grandir mes gosses. C'est bien aussi. Je voudrais finir cette réflexion sur la paresse par une pensée pour les gens qui ne peuvent pas se permettre d'être paresseux. Ceux qui voudraient bien travailler mais qui ne trouvent pas, ceux qui triment 15 heures par jour pour des salaires de misère. Les femmes qui plient sous la tâche pour nourrir leurs enfants, et les enfants qui travaillent dès le plus jeune âge pour aider leur famille. Le travail des enfants est un problème bien plus compliqué qu'il n'y parait. Dans certains pays c'est un mal nécessaire. Donc ne jugeons pas trop vite, et ne donnons pas de leçons car dans les pays "développés", il n'y a pas si longtemps les enfants travaillaient. Mon père lui-même à commencé à 14 ans. C'était il y a 60 ans, ancien, mais pas antédéluvien. Mais ceci est un autre débat.

14:50 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : chroniques : paresse |




Commentaires
C'est vrai, certains sont de vrais tourbillons : par ci, par là mais nulle part en définitive alors que toi, tu es là, paresseuse !
Ecrit par : angelita | 05.10.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : emanu124 | 05.10.2007
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