15.04.2010
Apocalypse now
Le temps est venu de vous raconter ma plus grande déroute touristique.
D'autant plus grande la déroute, qu'elle s'est déroulée dans un cadre professionnel.
Mais c'était il y a environ 10 ans et même si certains protagonistes sont encore en place (dont votre serviteuse), il y a prescription.
Bien évidemment je ne citerais pas le nom de la société, ni des dits protagonistes, à une exception près.
Par respect pour les morts.
... Non je rigole..
N'empêche, on a quand même frôlé la catastrophe. Constatez.
La Direction de notre société, satisfaite du travail de ses employés avait décidé de nous allouer une convention exotique dans un pays exotique qu'il est exotique.
(oui je répète 3 fois la même chose c'est mon style, c'est tout)
La surprise de la destination avait été gardée jusqu'à l'aéroport. Les seules indications données étaient "passeport et garde robe sportive mais légère avec lainage pour le soir"..
Okidoc donc. Ce fut selon ses instructions que je composat ma valise.
(comment ça ce n'est pas le bon temps ? C'est mon blog et mon français, je fais ce que je veux).
Valise à laquelle je rajoutate (je vous emmerde) un ou deux vêtements festifs pour festoyer, un sèche-cheveux et une imposante trousse à pharmacie qui allaient jouer un rôle important par la suite.
Quelques séjours exotiques précédents m'ayant enseigné qu'une trousse à pharmacie imposante était parfois utile.
C'est en enregistrant à l'aéroport que nous avons découvert que notre direction était Ouarzazate au Maroc.
Bon, super, je ne connais pas, une belle expédition en perspective. Dans l'avion les spéculations vont bon train sur le programme des 3 jours sur place. Un séjour dans un Riad ? Une virée dans le désert ? Une ballade culturelle ? Personnellement tout me va..
A condition de ne pas rester trop longtemps dans le désert. Le sable ça abime la manucure.
Ah oui, petite précision importante avant de rentrer dans le vif du sujet. A l'époque j'étais aussi baroudeuse qu'une habituée de Saint-Tropez au mois d'août. Aller chercher un verre au bar en partant de la plage était à peu près le degré de risque maximal auquel je m'exposais.
Après quelques de vol, nous arrivons enfin à destination. Dans une bonne chaleur de début d'après-midi.
A la sortie une rangée imposante de 4X4 nous attend. Et sans aucun délai on nous enjoint de sauter par équipe de 4 .. dans les 4X4 pour nous rendre sur le lieu de notre réunion de motivation. Je me retrouve avec deux vendeurs et ma - aujourd'hui - ex collègue devenue une copine, Josée, la plus pétillante des québécoises, beaucoup plus intéressante que Céline Dion, et surtout beaucoup plus drôle.
Bon après un lever très matinal et quelques heures de vol, nous aurions volontiers pris une douche et bu un godet, mais à la guerre comme à la guerre, en voiture Simone, roulez jeunesse, c'est parti mon kiki.
On nous guide jusqu'au portes du désert. Et nous découvrons que la réunion se tient dans d'anciens décors de cinéma aménagés. Car Ouarzazate est un lieu de tournage très fréquenté. Certaines scènes de Star Wars, notamment y ont été tournées.
Magique.
Mais chaud.
35 degré à l'intérieur.
Chaleur + fatigue : premier acte du drame.
La réunion s'éternise et enfin, au bout de deux heures, on nous libère, autour d'un thé à la menthe et quelques pâtisseries orientales. Mais le clou du pot c'est qu'on nous annonce que nous allons reprendre les 4X4 et rouler vers notre étape.
Donc on va rouler ... encore ? Pfffou.. La fatigue tombe comme une enclume sur un doigt de pied.
Nous reprenons les four-four (4X4 pour les non-anglophones) et partons en convoi discipliné. Au bout d'environ 2,50 minutes, des pandores locaux assez patibulaires regardent passer le convoi et ... font signe à notre 4X4 de s'arrêter. Il nous demandent les papiers du véhicule d'un air peu engageant.
Evidemment, il fallait que ça tombe sur nous.
Un peu affolés nous nous consultons sans résultat, jusqu'à ce qu'un des accompagnateurs arrive et qu'au bout de deux minutes de palabres, un billet change discrètement de mains.
Le convoi repart et quitte la route. Au portes du désert l'accompagnateur en chef nous arrête pour un brief .. Alors que le soleil est quasiment en train de se coucher.
Et là je me dis immédiatement "le gars a un grain"..
Sur un ton mi-général Buzard mi-vieux routard du désert il nous explique qu'il est un pro du rallye désertique, qu'il a fait plusieurs Paris-Dakar, qu'on va rouler dans le désert et qu'on a intérêt à suivre ses instructions sinon on est tous des blaireaux. Et on va se perdre. Et les vautours vont déchiqueter notre carcasse. Et il renverra nos restes dans un colis-poste à notre famille.
L'autre moitié de mon cerveau non occupé à écouter le Napoléon des sables est en boucle sur deux idées "on va rouler" "dans le désert en pleine nuit".
Effectivement. Nous roulâmes dans le sable et dans l'obscurité. Au début... En convoi..
Après ..ce qui devait arriver arriva : 1/3 des gens se perdent, 1/3 crêvent, 1/3 s'ensablent.
Ce fut notre cas. En plein milieu de nulle part. En pleine nuit. Avec un quart de bouteille d'eau chaude pour toute provision.
Et là l'angoisse sourde se transforme en angoisse hurlante.
Ma copine Josée, toujours optimiste et énergique, saute du véhicule et essaie de déblayer la roue ensablée avec... euh rien en fait. Parce qu'il n'y avait rien dans le véhicule prévu dans ce cas.
Elle me hèle en essayant de me convaincre de l'aider.
Ce à quoi je lui CRIE, en pleine crise de nerfs JE-NE-BOUGERAIS-PAS-D'ICI-TANT-QU'ON-NE-VIENS-PAS-ME-CHERCHER.
En trépignant (si si véridique)
Pendant que nos deux compagnons de voiture cherchent à se repérer au milieu de tas de sable et de 4X4 enchevêtrés. Entourés par des gens affolés courant dans tous les sens
Subitement, 3 gamins sortent de nulle part avec un âne et nous disent de mettre nos sacs sur le dos de la bestiole.
Hébêtées, nous nous exécutons.
Pour nous demander 5 minutes après d'où ils sortaient et où ils avaient embarqué nos sacs. Et penser que nous allions finir la nuit dans le désert, sans eau, et sans nos affaires volées par un bande de délinquants juvéniles en djellabas.
Au bout de cette demi-heure de panique intégrale, un des accompagnateurs vient nous signaler que notre campement nous attend à 3 minutes à pied juste derrière la dune en face de nous.
Après avoir hurlé sur l'accompagnateur et - en fait - toutes les personnes qui se trouvaient sur mon chemin, je rejoint enfin le campement salvateur.
Où avec 3 heures de retard sur l'horaire prévu, compte tenu de la bérézina précédente on nous assigne une tente commune à une dizaine de filles
Après une douche de campagne - mais bienfaisante, nous nous dirigeons à 23 heures vers un dîner prévu à 20 heures, où nous récupérons les derniers égarés du Paris-Dakar nocturne, retrouvés par les équipes de secours.
Visiblement l'accompagnateur en chef n'est pas content. Nous nous prenons d'ailleurs un discours de bienvenue en forme de savon géant. "Jamais vu une bande d'incapables pareils" nous dit-il..
Evidemment tout est de notre faute. Là je me dis à nouveau "il est vraiment cinglé".
La suite me donnera malheureusement raison.
Accompagnateur cinglé : 2ème acte du drame.
Le dîner arrive enfin ... De superbes plateaux de crudités.
Je tente de faire bénéficier mes voisins de mon expérience de séjours en Afrique du Nord en leur expliquant qu'il vaut mieux faire l'impasse sur les crudes.
La majorité... ne m'écoute pas.
Pour ma part, je suis mon propre conseil, et après avoir mangé uniquemen du cuit, épuisée, je pars me coucher pour une nuit qui s'annonce courte - on nous préviens d'un réveil assez matinal - en faisant l'impasse sur le spectacle de chants et danses folkloriques prévu après le dîner.
Crudités : 3ème acte du drame.
Ceci était donc le premier jour de l'équipée Marocaine. Pour ne pas faire une note trop longue, et vous torturer en ménageant le suspense, vous aurez droit au dénouement du drame demain ! Et je vous promet, ça vaut le détour..


06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : voyage, maroc, convention d'entreprise, désert |
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Commentaires
;-)
(en tout cas, j'étais prête à lire tout le reste de tes aventures moi, pffffffffff.. .c'est pas drole de faire durer le suspense comme ca !)
Écrit par : SuperPionne | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : eddie | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nicolas | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nekkonezumi | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Petula | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : lauvegrnate | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireTu as vu des bestioles qui piquent ?
Écrit par : Angélita | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireTu as bien raison! ;-)
Et pas de scorpions ou de vipères des sables croisés?
Écrit par : shaya | 15.04.2010
Répondre à ce commentaire@Eddie : je t'avouerais qu'à certain moments du voyage on s'est posé la question.
@Nicolas : demain, demain..
@Nekkonezumi : on dit "je voudrais" d'abord
@Pétula : bon d'accord
@Lauvergnate : et tu me liseras
@Angélita et Shaya : j'ai vu des bestioles, oui, et des dangereuses. Mais pas forcément celles auxquelles vous pensez.
Écrit par : emanu124 | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireJ'adore le Marco, mon voyage en liberté de 3 semaines dans ce magnifique pays est mon plus beau souvenir de voyages. Bien sûr il faut faire avec les aléas, racoleurs, touristas, chaleur et autres, mais mon Dieu, les paysages sont magiques. Surtout du côté de Ouarzazate d'ailleurs, c'est le sud que j'avais préféré.
J'ai hâte de lire la suite. J'imagine que tout le monde a fini le périple avec une jolie courante ;)
Écrit par : annouchka | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireManu the survivor !
Écrit par : Touwity | 15.04.2010
Répondre à ce commentaire@Touwity : je crois sans me vanter que la suite dépasse ton imagination.
Écrit par : emanu124 | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : MissBrownie | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireCela dit, je serais assez partante pour une nuit dans le désert.
Écrit par : Dom | 15.04.2010
Répondre à ce commentairevivement demain!!!
Écrit par : Daydreamer | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Océane | 15.04.2010
Répondre à ce commentaire@Dom : non mais, les péripéties mises à part, la nuit dans le désert c'est magique !
@Daydreamer : effectivement, une bonne rigolade ça muscle aussi !!
@Océane : mais si. Plus que quelques heures à attendre !!
Écrit par : emanu124 | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Kahlan | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireMoi, j'ai eu la jeep ensablée dans le désert du Sinai dans les années 70 (j'étais gamine), mais les gentils Bédouins sont venus à la rescousse et ça a été beaucoup plus cool ! Pendant que les hommes désensablaient, je sirotais mon thé à la menthe sous la tente avec une Bédouine et sa floppée de mômes... J'ai adoré ce moment, en fait !
;-)
BM
Écrit par : Beautymist | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Papillote | 15.04.2010
Répondre à ce commentaire@BeautyMist : c'est pas mal aussi !!
@Papillote : insoutenable ? A ce point ?
Écrit par : emanu124 | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireMais bon, un bad trip ça arrive à tout le monde : ) http://www.carstuckgirls.com/2_defender_girls_stuck_in_mud_011.jpg
Écrit par : M1 | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nekkonezumi | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Chouyo | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Chouyo | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Faustine | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireet que contenez vos sacs? (empruntés par les jeunots malins du désert)?
quel souspens! j'vais pas en dormir!
ce fut apocalypse crudity?
Écrit par : miss sand | 15.04.2010
Répondre à ce commentaire@Nekkonezumi : ça va. On est pas des boeufs...
@Chouyo : toi je te parles plus. Vala.
@Faustine : je dirais que je suis quasi-prête. C'est vrai.
@MissSand : ahahahah... Réponse dans quelques heures..
Écrit par : emanu124 | 15.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Monsieur Poireau | 17.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : emanu124 | 17.04.2010
Écrit par : Manou | 18.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : emanu124 | 18.04.2010
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