05.10.2007

LEXIQUE FRANCO-DJEUNS A L'USAGE DES PARENTS

Chers confrères, vous avez l'impression de ne pas comprendre votre progéniture quand elle vous parle ou bien encore d'être à l'étranger quand vous cotôyez un groupe d'ados dans le métro. C'est normal, c'est fait exprès.

A toutes les époques, les ados ont inventé un parler incompréhensible pour les adultes. Vous aussi, vous l'avez fait. Le dialecte actuel est fait d'un mélange de verlan, d'anglais, d'arabe, d'autres langues exotiques diverses, et de mots français détournés de leur sens initial. Ne paniquez pas, voici quelques tuyaux pour ne pas paraître ringue ou vous mettre vous même à parler djeuns.

Attention, en fonction de votre tranche d'âge vous pouvez passez pour une personne hyper-pointue ou au contraire totalement ridicule. A consommer donc avec modération

NB : je me base sur le vocabulaire employé en région parisienne. Je ne maîtrise pas les dérivés régionaux, notamment Marseillais : entre l'accent et les expression locales, là c'est vraiment une langue étrangère (ma copine Nathalie va être furieuse et m'engueuler, elle est de ce coin). Pardon également à Angélita "résidente" du 1,3...

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  • Adonf : verlan de à fond. Signifie "à fond" "au maximum". Déjà un peu obsolète, son usage peut vous classer dans la catégorie des bouffons.
  • Bouffon : on ne parle pas ici du personnage moyenageux avec le bonnet à clochettes qui amusait les seigneurs. Quoi que sa signification dans le dialecte de nos petits amis ne soit pas si lointaine celle d'origine. Un bouffon est quelqu'un de ridicule, de prétentieux, bref toute personne non fréquentable. Exemple "y met des slips de chez Ed, quel bouffon!"
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  • Bombe : utilisé indifféremment pour une fille très mignonne ou une chose sensationnelle. Comme dirait notre ami Joey Starr : c'est de la bombe, bébé.
  • Big up : néologisme. Ne veut strictement rien dire en anglais, mais utilisé "pour faire genre", surtout par les rappeurs. Equivalent : bravo, salut, lève les bras...
  • Cousin : Si vous entendez dans la rue un jeune homme en baggy et capuche criez "hé cousin, ramène tes fesses", ce n'est nullement une invitation destinée à un membre de sa famille. Il invite simplement un de ses amis à venir le rejoindre. le terme "cousin" ayant remplacé "copain", ou "pote" par exemple.
  • Caille ou Caillera : verlan et verlan diminué de "racaille", moderne équivalent de "voyou". Votre grand-mère disait : Ce petit petit voyou m'a volé 50 francs. Votre fille dira : ce caillera, y m'a taxé 50 euros. (notez l'utilisation systématique du "y" qui remplace progressivement la 3ème personne du singulier)
  • Cramer : détourné de son sens initial. Equivalent de frimer, se la péter... C'ui là, y crame un maximum
  • Daron, daronne : vieux mot d'argot qui est ressorti par on ne sait quel mystère, dont j'ai oublié la signification (le patron, peut-être, je vais demander à mon papa). Utilisé pour les parents. Exemple : ma daronne (mère) elle a flippé en voyant mon carnet de notes.
  • Dawa : utilisation : faire le dawa. Viens de l'arabe et signifie : faire n'importe quoi. Tu fais le dawa, ou quoi ? Notez l'utilisation du "ou quoi" qui ponctue très souvent la phrase djeuns dans n'importe quel sens.
  • Fumer : exemple d'utilisation "je vais te fumer derrière les cyprès" (IAM dans je dans le MIA). Signification : contrairement à ce que vous pensez, ce n'est pas un rite bizarre qui consiste à traiter un de ses camarade comme un jambon, mais ça veux tout simplement dire je vais te casser la gueule. Equivalent : marave (voir M).
  • Golmon : verlan de mongol. Terme péjoratif, bien évidemment qui peut conduire à un affrontement inter-cités (Les émeutes de l'hiver 2005 ont commencé parce qu'un gars de Genevilliers avait traité un autre gars de Poissy de "Golmon" - non, je rigole). Synonyme : Teubé (verlan de bête)
  • Hype : terme anglais, plutôt utilisé dans les quartiers chics. Qui veut dire justement chic, branché, à la mode, in, tendance...
  • Hallu : diminutif d'hallucination. Utilisé pour extraordinaire, génial ou dans le sens totalement opposé . Par exemple, "j'ai eu mon bac, c'est l'hallu" ou "j'ai raté mon bac, c'est l'hallu"
  • Kiffer : bon, ça c'est quand même la base. Il faut que je vous explique ? Ok. Mot venant de l'arabe, utilisé dans le sens "plaisir" ou "aimer". Je kiffe trop le last skeud de tamèreenstringsurinternet, c'est de la bombe". Traduction : j'aime de façon démente le dernier disque du groupe tamèreenstringsurinternet, c'est extraordinaire.
  • Keum : mec en verlan. Allons, un petit effort !
  • Lascar : copains de bande. "Ce soir on va se la donner avec mes lascars". En français à l'origine signifiait, voyou, mauvais garçon. Ce mot vient en fait du persan et signifie "soldat". (là c'est juste pour étaler ma culture).
  • Marave : exemple utilisation : "je vais te marave dans le local poubelle", origine : inconnue. Signification : je vais te casser la gueule. Equivalent : je vais te fumer (voir F)
  • Meuf : verlan de femme. Equivalent de petite amie. Exemple d'utilisation : Ma meuf, elle est trop bonne.
  • Miskin : d'origine arable, et détourné de son sens originel qui signifie "pauvre" ce mot est employé pour désigner un frimeur. Diam's l'utilise dans la chanson "confession nocturnes" : "tu fais le Miskin mais tu viens de briser mon amie"(poignant)
  • Mortel : mot français, employé à contresens. Désigne quelque chose de formidable. Ce pull, il est mortel.
  • Oinche : le verlan de joint. Maintenant vous comprenez quand votre rejeton(ne) utilise le mot et vous pouvez intervenir : comment, Charles-Henri, tu fumes de la drogue ?
  • Ouf : verlan de fou. Utilisé indifféremment pour désigner une personne ou une situation. Il est ouf, c'est ouf...
  • Ou quoi ? : ne veux pas dire "ou bien" mais est utilisé comme ponctuation dans n'importe quel sens. Tu viens, ou quoi ? T'as bossé ton anglais, ou quoi ? T'es ouf, ou quoi ? Pourquoi le "ou quoi", je n'en sais rien.
  • Loose : de l'anglais "to loose". Employé pour décrire toute situation difficile, équivalent de galère. On peut l'employer avec "trop" pour en renforcer l'impact : y avais plus de tromé (métro), je suis rentré à pieds sous la pluie, c'était trop la loose.
  • Ouaiche. Utilisé comme onomatopée d'approbation. Prolongement du ouais des années précédentes, équivalent du "yeah"anglais.
  • Pécho : verlan de choper. Signifie attraper, obtenir dans le sens de la drague. Vous disiez : j'ai emballé le plus beau mec de la boum. Votre fille dit : j'ai pécho le keum le plus mortel de la teuf.
  • Représente : traduction littérale de l'anglais. Souvent utilisé à tort et à travers, pour être le symbole de, le représentant de, l'égérie de. Va-y man, représente le 17 rue de Passy (pour les non-parisiens, la rue de Passy est une rue très chic du 16ème, évidemment, quand on l'explique la blague est moins drôle). Un un petit truc qui concerne les départements : on ne dit pas soixante-quinze, quatre vingt-treize ou encore treize (allez, un petit hommage aux Marseillais) on sépare les chiffres : le sept-cinq, le neuf-trois (celui-là vous l'avez sûrement entendu), le un-trois.
  • Skeud : verlan de disque.
  • Sauce ou soss : copain, pote, ami. Pourquoi vous demandez-vous ? C'est tout simplement la contraction du mot associé.. Et oui, c'est tout bête. Synonyme : cousin ou lascar.
  • Schmidt : policier. voila un retour intéressant d'un vieux mot d'argot utilisé pendant la guerre de 39-40 et qui désignait les soldats allemands. C'est vous dire l'estime dans laquelle les pt'its gars de Saint-Denis ou Sarcelles tiennent nos amis les gardiens de la paix.
  • Teuf : verlan de fête
  • Trop : remplace désormais très. Utilisé comme superlatif. A utiliser à toutes les sauces et aussi souvent que possible "c'est trop l'hallu", "ta meuf elle est trop nase", etc.
  • Tamère : raccourci du célèbre Niquetamère (ou NTM). Allusion à la génitrice de son interlocuteur, mais dans un sens extrêmement insultant qui va pousser les deux parties à une "fumade" éventuelle (voir F). Variantes : tamère en tongs, tamère en string ou même depuis quelques années, tamère à poil sur internet.
  • Vénère : ne signifie aucunement vouer un culte. Le verlan d'énerver(é). Donc, si votre fils vous dit "je suis vénère" contrairement à vos espoirs, il ne vous adore pas, mais il est très irrité, d'avoir claqué tout son forfait mobile en une journée, par exemple.
Voilà, vous avez le vocabulaire minimum pour survivre en mileu hostile. Maintenant, entraînez-vous à faire des combinaisons. Par exemple : ta teuf, elle est trop mortelle, avec les disques qu'y (le DJ) passe je vais pécho adonf.