24.10.2009

ZazieManu dans le métro


J'ai eu une semaine de folaye. Sans rentrer dans les détails d'un emploi du temps chargé, j'étais quand même pas mal au taquet question courir partout et nerfs au bords de la crise de nerfs.

Quand donc jeudi matin la ligne 5 du métro que j'emprunte pour aller travailler part - ENCORE - en vrille, vous imaginez que je suis loin d'être in the mood for love.

Je laisse passer quelques rames surbondées, mais au bout d'un moment, déjà en retard, je finis par m'immiscer dans un wagon, en repoussant vers le fond au passage, sans m'excuser,  je l'avoue, une dame qui portait un gros sac genre glacière très remplie.

Qui commence à ralucher dans sa moustache.


A la station suivante, les gens se précipitent pour descendre et, ralentie par mes talons et la fatigue de la soirée de la veille, mon temps de réaction est lent. Je reste donc un peu plantée sur mon axe, au grand déplaisir de la petite dame à la glacière qui se met à ralucher plus fort, carrément plus fort même puisqu'elle me dégaine un "mais bouge donc espèce de nouille"..

Première salve que je laisse passer sans réaction.

Sur quoi la petite dame qui ressemble à une institutrice près de la retraite (physique sec, imper, coupe courte, grand nez et lunettes), se sent en confiance et tente un "plat de nouille, celle-là, c'est pas possible"..

Faut pas trop chauffer Manu,

Non..

Faut pas..

Je me retourne vers l'insolente en la gratifiant d'un sonore - très sonore  "mais ta gueule, toi, tu me parles pas sur ce ton d'abord"... (texto)

Sur ce, vu que la rame s'était vidée, débaroule à toute vitesse la deuxième moitié du couple le plus fasheune de l'univers qui monte au créneau pour défendre sa moitié : le meuri..

Plus petit que sa femme, (et même que moi avec des talons je pense), un look de pré-retraité de la SNCF, et une tête d'Hitler vieillissant, avec moustache comprise.

Il se met à me hurler dessus en me traitant de tous les noms d'oiseaux à sa disposition et en me demandant si je me suis regardée dans la glace..


Oh pitin..


Evidemment, le ton est monté, très haut, très très haut, au milieu d'une rame paralysée par les gentillesses échangées de part et d'autre qui, pour ma part sont allées du "connard" à "t'es moche" en passant par "va mourir" et "pauvre nase".

Bon ce n'est pas très recherché comme langage, mais dans le feu de l'action, on réfléchit moyennement à la qualité de son vocabulaire..

Au milieu de son flot roulant d'insultes le petit monsieur menace de m'en coller une..

Je lui rétorque "essaie un peu, pépère, tu vas voir" ... C'est à ce moment qu'un léger mouvement à agité l'assistance, qu'une dame m'a gentiment conseillé de laisser tomber et que la femme, visiblement apeurée par la perspective d'un mano à Manu (mouahahhahah le jeu de mot) à commencer a s'accrocher au bras de son mec en criant.. "ArrrEEEEETTTTES ROGER arrrretttttess, laisse tomber, c'est moi qui ai commencé"...

Au passage : "Roger".. MOUAHHAHAHAH


Un peu freîné par sa moitié penchée sur lui qui lui retenait le bras, le valeureux Roger n'est pas passé aux actes alors que perso ma main me démangeait quand même fortement.

En revanche nous avons continué à nous manifester mutuellement notre estime par des petits mots tendres dont le volume auraient réveillé l'intégralité d'une maison de retraite sous sonotone.

J'aurais volontier continué ce fructueux échange, et j'allais dégainer mon fameux "petite bite" quand malheureusement, le métro est arrivé à ma destination. J'ai donc envoyé une dernière bordée d'injures et je suis descendue de la rame..


Quasi revigorée d'ailleurs..

Une bonne engueulade, moi ça me met en forme pour le restant de la journée..

Pas vous ???


Au passage, relisez donc Zazie dans le métro - un moment de pur bonheur et l'utilisation du français comme je l'aime -

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