17.05.2011
La femme invisible
Je me trouve actuellement dans des contrées lointaines, exotiques et Africaines. Cependant, grâce au bon vouloir de mes hôtes, de leur box et de leur téléviseur, je garde un oeil sur la civilisation occidentale en général et les médias en particulier.
C'est dans cette configuration particulière que certains faits, d'habitude noyés dans un flot continu d'informations diverses et variées prennent un relief particulier et vous sautent au visage.
Par exemple : la femme de 50 ans ou plus n'existe pas pour les médias.
Elle disparaît, tout simplement. Pffiouuuttt, alakazam. Mémère se vaporise dans l'atmosphère.
Où plutôt si, elle existe comme mamie gâteau, publicité pour les couches téna ou Polident. Ou la sexta ménopausée qui a peur pour son ostéoporose dans la pub câlin.
Au mieux on te sort la cougar qui se tape des petits jeunes boudinée dans une robe trop étroite pour ses bourrelets.
Et dont tout le monde se paye la tête allégremment (hou la vilaine prédatrice).
Jamais d'exemple positif. On passe direct de la trentenaire hype à Mamie Nova. De H & M à Damart, sans passer par la case départ et sans toucher 20000 euros.
Au milieu ? Rien. Ou très peu de choses.
Jamais de quinqua rock, qui fait la chouille en laissant le meuri à la maison pour boire un mojito avec ses copines, du style ..... au hasard... ???? Moi ?
Et pourtant en regardant bien je ne suis pas un cas unique. Je vois plein de femmes belles, dynamiques, actives, drôles, et fashion qui ont bien d'autres préoccupations que le tricot et leurs éventuels petits-enfants.
La quinqua d'aujourd'hui, c'est en somme la quadra d'il y a 20 ans, allongement de l'espérance de vie oblige.
Je ne me reconnais pas dans l'image que me renvoient les médias ou dans la case où veulent me coller les publicitaires.
Qui auraient intérêt d'ailleurs à se préoccuper davantage des swinging quinquas dont je me revendique. Même si leurs études indiquent que la femme mature ce n'est pas une "cible aspirationnelle" (sic)
Parce que du coup, la quinqua, elle va aller le dépenser ailleurs, son pouvoir d'achat.
Dans des mojitos, tiens.
Qui eux se fichent de l'âge de ton estomac quand ils y passent.
Et je ne mets pas la pub Câlin. Un elle est moche, deux ils ne me paient pas.
Et je suis vieille ET vénale.
Double peine.

12:25 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : 50 ans, h&m, damart, câlin, médias, pub |
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24.08.2010
Infos, Un Faux
Aujourd'hui, au bureau, sans autre info que twitter, j'ai réussi à suivre en quasi-simultané la malheureuse prise d'otages aux Philippines - détails gores compris.
J'ai immédiatement fait un parallèle avec un évènement dont on fêtera bientôt le triste anniversaire, et qui s'est produit alors que j'étais également sur mon lieu de travail : le 11 septembre 2001.
A cette époque qui ne me parait pas si lointaine, internet n'était pas encore reconnu comme une source d'info fiable, et il n'y avait pas de twitter, ni de facebook.
L'information des attentats est montée crescendo, par rumeurs successives, par des gens qui avaient entendu des nouvelles à la radio, dans leur voiture et qui en appellaient d'autres.
Je me rappelle même qu'au départ, on entendait dans les couloirs qu'un hélicoptère s'était écrasé sur l'empire state building.
Les informations se sont faites de plus en plus claires, et de plus en plus alarmantes jusqu'à ce que nous nous regroupions autour de radios disponibles pour avoir une idée enfin (plus ou moins) précise de la situation. Avant de rentrer et de voir, à la télé en boucle, les avions s'écraser sur les tours.
Tout ce processus a pris ... quelques heures.
Quelques heures qui nous ont permis d'absorber le choc.
Aujourd'hui l'information nous arrive en temps réel, sans besoin de se brancher sur les médias traditionnels.
Cette info ultra-rapide permanente, brute, reçue sans filtre, sans explication, sans contexte nous envahit en permanence et nous interpelle, sans qu'on ait forcément le temps du recul et de l'analyse.
Car il y a non seulement la quantité d'infos que l'on peut recevoir, mais également sa qualité. Les médias, audio-visuels souffrant assez souvent de ce que j'appelle le "syndrome du golfe".
Oui, depuis la guerre du golfe en 1993 qui a marqué l'avènement du genre, à chaque évènement potentiellement marquant, on dépêche sur place des envoyés spéciaux qui pendant des heures font le pied de grue en meublant bon gré mal gré. Pour faire du scoop et retenir l'audience, donc plutôt mal gré d'ailleurs.
Ce qui donne à peu près ceci "alors, Emile-Albert, vous qui êtes sur place, quoi de nouveau ?" "En fait Lucienne-Ginette, à l'heure où je vous parle, il pourrait se passer des trucs et on envisage même qu'il s'en passe, mais en fait, on ne sait pas trop si ce seront des trucs ou des machins. Je vous tiens informée, bien évidemment"
Du coup, entre quantité astronomique et, de façon inversement proportionnelle, piètre qualité ... Difficile d'y retrouver ses petits et de se forger une opinion objective.
Pour ma part, j'essaie de faire le filtre et de ne pas me fier à une source unique d'informations. Une image, un chiffre, un tronçon d'info, sorti du contexte, on peut lui faire dire tout et son contraire.
Si on a le temps, croiser l'info de la presse traditionnelle, on-line mais aussi des journaux étrangers, voire spécialisés.
Et surtout, surtout, de faire comme notre bon maître du zapping FHDR... De regarder derrière l'image !

06:01 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : information, scoop, 11 septembre, médias, télé |
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