24/01/2013

Mot dièse

Par la grâce du génie français, de l'exception culturelle et de la loi Toubon réunis, un fonctionnaire zélé à trouvé bon de traduire le terme "hastag" par "mot-dièse

Ce qui 

1/ ne veut strictement rien dire

2/ n'est même pas exact puisque la traduction la plus intelligente serait plutôt "balise" ou "mot-clé" ou "étiquette", par exemple.

Je propose donc dans la même veine que l'on traduise

"internet" par "entrefilet"

"Facebook" par "VisageLivre"

"FourSquare" par "4carrés",

"Instagram" par "GrammeInstantané"

et "Tumblr" par "Tombelaire", tant qu'on y est.

Twitter deviendrait aussi "gazouiller", les twittos des "gazouilleurs" et un RT un "RG". Un Retour de Gazouillis.

Puisqu'on est dans l'absurde, autant y aller à fond.

Je rappelle donc à nos chers fonctionnaires que la langue française est, ou était, comme la France, une terre d'accueil.

Des gens et des mots.

Le vocabulaire français moderne puise largement dans des termes "étrangers".

Au hasard, abricot, moka ou assassins qui viennent  de l'arabe (les haschichins étaient des tueurs qui consommaient du haschich),  kitsch qui vient de l'allemand ou encore bistro qui vient du russe "bouistra" qui veut dire "vite".

Sans parler des anglais week-end ou beefsteack qui font désormais partie du langage courant, et qui ne sont même pas adaptés.

Je ne parle même pas non plus des divers argots qui puisent largement dans tous les langues et patois divers, du kabyle au manouche en passant par les divers dialectes ivoiriens ou sénégalais.

Dits argots qui finissent par remonter dans le langage courant.

Fatalement.

C'est ce qui fait qu'une langue reste vivante et non pas figée sous une couche de poussière sémantique.

Je suis de ceux qui pensent qu'une langue doit évoluer en tous cas. Et que vouloir la fixer dans sa "pureté" finit toujours par la tuer.

Sans aller dans un extrême de langue écrite phonétique ou façon SMS, je suis pour la simplification et l'ouverture du français en préservant ce qui fait son charme et son originalité.

Ce qui n'est pas une mince affaire, évidemment.

Mais nous avons tout un tas d'experts très qualifiés qui pourraient s'y coller.

La langue française est magnifique, poétique, musicale ...

Mais compliquée, trop compliquée, Truffée de règles grammaticales et orthographiques incompréhensibles dont peu de gens peuvent expliquer l'origine. De temps dont personnes ne se sert plus. De conjugaisons irrationnelles. D'accords obscurs.

Qui, vraisemblagement empêchent ou freinent aussi son apprentissage à l'étranger. Et font perdre des heures et des heures à des écoliers alors que les programmes scolaires sont chargés et que ce précieux temps pourrait être utilisé à d'autres apprentissages.

Oui, je suis convaincue qu'on pourrait simplifier le français sans le dénaturer en gardant son charme et sa musique.

Et pas en francisant à marche forcée et avec des équivalents approximatifs et ridicules des termes sans vraiment d'équivalent chez nous.

Laisse le hashtag vivre sa vie de hashtag. 

Et dis-toi que pour dire "rendez-vous", les anglais disent ... "rendez-vous". 

Visiblement ça ne les empêche pas de dormir.

 

twitter-hashtag.jpg

 

 

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : hastag, twitter, langue, grammaire, orthographe, français | | |  Imprimer |

22/01/2013

Collection de rateaux

Tiens ça fait longtemps que je t'ai pas raconté ma vie.

Ca fait 5 ans que je te la raconte, ma vie, mais si tu viens, c'est que mon nombril doit t'intéresser plus ou moins.

Avoue.

De temps à autres j'ai un petit coup de nostalje.

Tu sais le moment où j'étais jeune et belle.

Oui, bon, ok, le moment où j'étais jeune.

Je la joue comme ça, loveuse, avec des suédois qui me tombent dans les bras à la pelle...

Mais, en parlant de pelle, j'ai aussi une collection de rateaux assez conséquente.

Avec la détestable habitude de draguer beaucoup plus haut que son physique, ça n'a rien d'étonnant.

Et malheureusement pour la tranquillité de ma vie sentimentale, mon goût du bellâtre ne date pas d'aujourd'hui.

Déjà en CM2, j'avais des vues sur Jean-Paul, le playboy de la classe (qui si mes vagues souvenirs ne me trompent pas était... très blond).

Et qui m'a préféré Josiane Gardebois (ou un truc du genre) nymphette aux grands yeux pleins de cils immenses et tout en jambes.

Depuis je déteste les filles tout en jambes.

Je déteste toutes les filles plus belles que moi en règle générale de toutes manières.

Donc, les rateaux .

Et oui, bizarrement j'ai plus tendance à me rappeler ces affreux moments de vexation que de mes conquêtes. 

Bizarrement.

 

Le rateau t'es moche : 

Très utilisé. J'y ai eu droit entre disons 14 et 17 ans, pendant 3 ans d'âge ingrat. Avec toutes les variantes du très sec "n'y pense pas une seule seconde, ça va pas la tête ?" au plus diplomatique "on ne va pas gâcher  notre amitié pour ça" en passant par le vexant "oui, tu es très sympa, tu as le téléphone de ta copine, par hasard ?"

(classique)

 

Le rateau vomito :

sens garçon - fille : après un roulage de pelle en règle "heu, on va arrêter un peu, je ne me sens pas très bien" (ce qui m'a conduit à m'interroger sur la fraîcheur de mon haleine)

sens fille - garçon : pour avoir le courage d'aborder un beau gosse, tu bois, tu bois, et... tu bois. Ton audace augmentant proportionnellement avec ton alcoolémie, tu montes au front. Et en ouvrant la bouche, ton amour et le reste se déverse sur le pauvre garçon qui n'en demandait pas tant. La honte totale.

 

Le rateau nationalité :

"j'adore les anglais" "je suis écossais, salut"

 

Le rateau nationalité bis :

"j'adore les anglais" "je suis irlandais, salut"

(j'ai fait beaucoup de séjours au Royaume-Uni"

 

Le rateau nationalité ter :

"j'adore les américains" "je suis canadien, salut"

 

Le rateau fan :

"Led Zeppelin, j'adore" "mais quel groupe de MERDE, t'as vraiment aucun goût". 

(oui c'était dans les années 70)

 

Le rateau avec mon futur mec :

"je t'adore, mais physiquement, il n'y a que les grandes brunes qui m'attirent". 

Il a fini par succomber. Parce que moi il n'y avait que les grands blonds qui m'attiraient. A force de ne pas s'attirer, on a fini ensemble.

 

Le rateau "je suis déjà pris" :

"je suis déjà pris et j'adore ma copine" 

"et sinon, une petite pipe ?"

"bon, ok, juste une"

(true story, je l'ai laissé en plan)

 

Le rateau "qu'est-ce que tu fais pour les vacances" :

"cet été je vais en Angleterre" lui dis-je dans l'espoir de l'attirer en séjour linguistique avec moi

"ah c'est bête, moi je vais en Espagne".

Woké, j'ai compris.

 

Le rateau "on est pas du même monde" :

"non, tu comprends, vu nos fréquentations respectives, ça ne collera jamais"

Joli garçon de grande famille avec foulard dans la chemise.

 

Le rateau Club Med' :

"je suis GO tu comprends, j'ai toutes les nanas que je veux"

Popeye (ou son alter-ego)

 

Le rateau humiliation :

"c'est qui cette fille foldingue ?" 

Devant tout le monde, c'est mieux.

 

Le rateau roue de secours :

"ta copine, elle est chouette" "bon, elle est prise, ton prénom c'est quoi déjà ?"

Autant te dire que je l'ai planté là.

Je peux supporter pas mal de trucs.

Mais pas d'être du deuxième choix.

Ca, jamais.

rateau-a-coquillages-seanox-z-124-12425.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : rateau, flirt, relation, drague | | |  Imprimer |

21/01/2013

Les réacs

Tout le monde a plus ou moins déjà donné son avis sur le mariage pour tous.

Personnellement, je ne vois même pas pourquoi il y matière à débat. Que des gens aient envie de s'aimer, de se marier et de fonder une famille par des moyens x, y, ou z, et alors ?

C'est plutôt mieux que de se jeter des parpaings à la figure et plus constructif.

Quant à l'argument portant sur le fait qu'une famille c'est un homme et une femme pour l'éternité et au-delà, je crois qu'il est largement dépassé.

La réalité des familles décomposées, recomposées, monoparentales ou d'autres cas de figure est là pour le prouver.

En plus, franchement, pour le pays des des droits de l'homme et de la révolution, passer dans ce domaine après l'Argentine ou le Mexique, c'est franchement la honte.

Qu'on soit pour ou contre, je peux l'entendre.

Que pour les uns ce soit simplement une égalité des droits et pour d'autres un bouleversement sur leur notions de famille et de filiation, je peux comprendre.

Pour ce qui est de l'église catholique qui donne de la voix, je tiens à lui rappeler aimablement, mais fermement qu'on parle de mariage civil.

Qu'on est dans un pays laïc. Qu'elle n'a donc aucune légitimité à donner son avis sur ce type de dossier. Et que des prêtres qui ne sont ni mariés, ni pères de famille viennent donner leur avis sur le mariage et les enfants, non plus.

Pour le reste, les gens qui défilent contre le projet, bizarrement, ont un air de déjà vu.

Ne parlons pas la frange rigido-traditionnaliste de l'UMP qui fait de la récupération, de la ridicule Boutin cramponnée à son dogme et la grotesque Frigide Barjot.

Petit aparté sur cette dernière aussi crédible en croisée de la famille traditionnelle que l'archevèque de Paris en fan de death métal. Ex-égerie punk de droite qui fut amusante dans les années 80/90. Amusante mais pas innocente. En grattant un peu, il s'avère que l'amusante Frigide a des fréquentations très très extrêmes et pas drôles du tout. Elle a par exemple été mariée par un curé proche de mouvements on ne peut plus sectaires et intégristes. Et a, avec son mari, de nombreuses connexions au FN et dans les mouvements identitaires.

Disons qu'elle est comme les vieilles actrices qui, quand leur physique les lâche se réfugient dans la bigoterie. Et qu'elle a trouvé un moyen d'attirer la lumière sur sa personne avec cette petite campagne médiatique en sortant, comme par hasard, un livre sur le sujet quelques jours avant la manifestation pour tous.

Non, je parle de ces gens qui défilent plus ou moins encadrés par des associations diverses.

Moi qui ait un certain nombre de décennies au compteur je les ai déjà vu, à chaque avancée de la société, les mêmes, exactement les mêmes, qui ont manifesté contre l'avortement, les droits des femmes, pour le maintien de la peine de mort, contre le PACS, pour l'école confessionnelle, et j'en passe.

Les mêmes. Cette partie de la France toujours prête à se lever dès que les choses changent.

Que la société évolue. Qu'on va de l'avant. 

Les réacs. 

La France réac.

Ces gens recroquevillés, qui vivent repliés sur leurs certitudes, leurs acquis, leurs traditions.

Qui ne veulent rien. Jamais. A part que les choses restent exactement figées comme ils l'entendent.

Qui sous des prétextes plus ou moins réalistes brandissent toujours les mêmes arguments conservateurs et à la limite de la tolérance. Et aux relents souvent douteux voire franchement xenophobes, antisémites, homophobes. 

Qui brandissent la menace de l'apocalypse à chaque avancée sociale.

Si on les écoutait on en serait encore à construire des cathédrales pierre par pierre avec les mains et à décorer des enluminures à la lumière de la bougie.

Enfin, les hommes, parce que les femmes auraient juste le droit de cuisiner en élevant leurs douze enfants.

Je n'ai quasi plus envie de les écouter, d'ailleurs, pour avoir entendu ses mêmes arguments en boucle encore et encore pendant des années. Juste de leur dire qu'avec eux, ou sans eux, le monde avancera qu'il le veuillent ou non.

Ils sont juste une petite cordelette aux chevilles qui ralentit la marche en avant.

Leur combat d'arrière-garde est de toutes manières déjà dépassé par la réalité de la vie et de la société.

Qu'il ont d'ores et déjà perdu d'office, dépassés par leur propre conservatisme.

Tant pis s'ils ne veulent pas l'admettre.

 

230913_10152039018749625_1013115827_n.jpg