19.01.2011
Paye ton ado - le retour de la revanche : l'orientation du mollusque
Jeunes parents, imaginez que vous ayez à demeure une extension cumulant un QI de pois-chiche, un tonus musculaire de bulot, un appétit d'éléphant et une libido débordante.
Que la chair de votre chair poursuive des études (enfin poursuive, pas évident qu'il les rattrape comme je disais précédemment) et qu'elle arrive en terminale.
Et qu'à 2/3 mois du choix de l'orientation dans des études supérieures, qui se déroule en mars, la seule réponse que vous obteniez à la question "bon tu sais ce que tu veux faire ?" est "ben chaipas, quoi".
Evidemment, l'orientation future étant une préoccupation totalement aléatoire à côté de 1/ avoir le maximum de potes sur Facebook 2/ un smartphone digne de ce nom 3/ une bouche où caser sa propre langue et plus si affinités 4/ Une fontaine de coca en libre service.
C'est donc vers le mois de janvier, au cours d'un déjeuner familial, que la crispation parentale atteint son summum. Le père se met à hurler
"mais tu as REGARDE les brochures ?"
la mère renchérit "euh y'a internet aussi" (oui le père est encore très brochures, donc faut lui préciser qu'internet existe)
l'ado fait "maiouiiiiieuuuuuuu"
La mère suggère "et toiletteur pour chiens, ça ne t'intéresserait pas ?"
L'ado répond "mouuuuuf"
Le père re-hurle "MAIS QU'EST-CE QUI T'INTERESSE A LA FIN"
L'ado répond "ben, j'aime bien la musique"
Le père fait un double infarctus.
La mère avale un xanax
L'ado demande "je peux sortir ce soir ?"
Et ainsi de suite pendant TOUS les repas familiaux de janvier à mars, donc. Sans parler des rallyes dans les salons étudiants et des rendez-vous avec des conseillères d'orientation totalement désinformées et dépressives ("ah ben non, moi les écoles de commerce, j'y connais rien" véridique).
Ce qui vous amène à 2 jours de la date limite pour formaliser souhaits et dossiers d'inscription dans un système informatique aussi obscur que la grotte du Mordor par temps de brouillard. Et c'est là que votre ado finit par dire à ses parents au bord du nervous breakdown "tiens je ferais bien maître du monde finalement, dans cette école" en vous exhibant une plaquette sortie de nulle part.
Où à la dernière page figure un tarif pour 5 ans. Qui équivaut environ au PIB du Kazakhstan. Et vous privera de vacances pour la décennie à venir.
D'autant que 2 ans plus tard, votre rejeton vous dira certainement "boh maître du monde c'est nul, finalement je vais faire toiletteur pour chiens". En vous agitant sous le nez le tarif d'une école qui cette fois pourrait largement servir de maître étalon aux agences de notations internationales.
Finalement, après une expérience terminée avec l'aîné, et une en cours avec le plus jeune, je n'aurais qu'un conseil à vous donner :
Laissez votre progéniture se démerder toute seule. Vous arriverez au même résultat désastreux de toutes manières, mais au moins vous n'aurez ni ulcère à l'estomac, ni trou dans la tête à force de vous frapper la tête par terre.
Et parents d'enfants en bas-âge ou futurs qui auraient des velléités de reproduction, vous ne pourrez plus dire que vous n'avez pas été prévenus.

Finalement toiletteur pour chien, c'est pas mal comme métier
Spéciale dédicace à Isabelle !
06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note | Tags : ado, éducation, orientation professionnelle, terminale |
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15.11.2010
Ceci est un billet à vocation contraceptive
Un samedi matin, vous finissez votre déjeuner tranquillement, lorsque votre mari vous sort sans préambules
"tu sais que ton fils (vous avez remarqué qu'en cas de catastrophe, c'est toujours "ton" fils) est rentré à 5 heures du matin ?"
Arrêt sur image au passage : l'individu en question de 17,5 ans était quand même censé avoir passé la nuit chez vous en dormant paisiblement dans sa chambre décorée de Babars et Dora l'Exploratrice. Du moins vous le pensiez quand vous l'avez bordé la veille au soir.
Après avoir épongé le café qui s'est répandu sur vos genoux, dit merci aux pompiers qui vous ont extrait la cuillère coincée dans votre gorge et repris vos esprits, vous adoptez donc une tête sinistre de circonstances et attendez le retour du malotru, parti répéter avec son groupe de musique de jeunes, en tapotant du pied par terre.
Ceci dans l'attente de lui passer un savon maison force 12.
Ce que vous commencez d'ailleurs à faire quand le susdit franchit votre seuil la guitare sur le dos. Vous sortez donc la flûte traversière, accompagné au basson acoustique par le père, dont vous répétez bêtement les phrases, et qui vous engueule aussi parce que ça l'énerve.
Jusqu'à ce qu'à la question fatale arrive "Mais OU étais-tu" ?
Et que pris de court, le fugueur réponde en rougissant "chez ma copine"
C'est là qu'intervient un intéressant cas de figure qui passionnerait un congrés de psychiatres cherchant un remède efficace à la schizophrénie.
Votre organe vocal continue de vibrer en mode allegro fortissimo pour la galerie mais votre esprit est déjà ailleurs et se polarise sur une seule et unique question
QUI EST CETTE FILLE ???
Oui le fait que la chair de votre chair ait découché de 1 à 5 heures du matin n'a strictement plus aucune importance. Ce qui en a en revanche c'est de savoir si la dulcinée de votre progéniture n'est pas une assiette de la mer : autrement dit un thon au QI de poisson rouge.
Car il serait inconvenant d'avoir une belle-petite copine qui ne soit pas à la hauteur d'un garçon aussi beau et intelligent que le votre. Et surtout de ne pas SAVOIR. C'est le pire.
C'est là que le meuri se montre en-dessous de tout.
Au lieu de lui poser LA bonne question, il envoie le fils dans sa chambre, en lui disant "va bosser"
Arrêt sur image 2 : dans la famille du meuri, il est quasi-inconvenant de poser une question à part "tu sais quel temps il va faire demain ?"
Et du coup vous restez à ronger votre frein et creuser un trou dans le sol de votre appartement à force de tourner en rond en attendant 1. que votre mari s'éloigne 2. que votre fils soit disposé à vous parler
Après d'interminables heures d'attente, n'y tenant plus, vous profitez du quart d'heure bricolo du meuri et d'une pause du fils hors de sa chambre pour commencer le bombardement.
Pour obtenir quelques informations sur la gisquette : nom, pédigree, adresse, durée de l'affaire.
Mais c'est bien "quelques" infos. Pas suffisamment.
Pas de visuel de mademoiselle disponible.
Donc. Plan d'attaque numéro 12B.
Dès lundi matin, je lance mes espions. Qui devraient normalement me ramener une fiche détaillée.
Comment ?
N'espérez pas que je vous le dise.
Si mon fils lit ce billet, je suis déjà une femme morte.
En ce qui concerne le titre du billet... Futures et jeunes mères... Voilà.
Maintenant vous pouvez aller prendre un anti-dépresseur. Les vôtres ne feront pas mieux.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : fils, ado, petite copine, engueulade |
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