06.10.2011

Vent contraire

J'ai été conformiste.

J'ai rêvé de fêtes traditionnelles fêtées traditionnellement, d'appartenir à un clan, de porter les mêmes vêtements que tout le monde, d'aller aux mêmes endroits aux mêmes moments, de me couler dans la douce béatitude de la monopensée.

J'avais même un poil honte des mes parents qui faisaient souvent à mes yeux n'importe quoi, surtout en terme de... N'importe quoi. Je rêvais d'ascendants avec des bibliothèques remplies de La Pléiade, un chien et des napperons au crochet, comme chez ma meilleure copine de l'époque.

Et puis, la vie, l'amour, les vaches, les gens, les amis, les amours, les emmerdes...

Aujourd'hui les exercices et les fêtes imposés m'ennuient, les relations convenues me fatiguent, je déteste porter les mêmes vêtements que tout le monde, même si je sais que H&M a fabriqué mon tee-shirt en 12598 exemplaires je déteste le voir sur quelqu'un d'autre, je refuse d'aller où tout le monde va quand tout le monde y va, voir les blockbusters, lire le prix Goncourt, aimer les chanteurs guimauves et kiffer la vibe avec mon mec.

Je n'aime plus que les relations non conventionnelles, les endroits secrets, les plages désertes, les fêtes improvisées et je commence à développer une forte attirance pour les trucs que tout le monde déteste.

Plus j'avance, plus je recule devant les cases, plus je nage à contre-courant.

A tel point que j'ai toujours une suspicion envers les oeuvres dites "populaires".

Parfois à tort, d'ailleurs, élitisme de mauvais aloi.

Le visionnage de certains films ou la lecture de best sellers à l'insu de mon plein gré initial m'ont souvent prouvé que j'avais tort.

Bien sur ma vie n'est pas si rockenrollienne, et j'ai même un quotidien normativé avec mariage, enfants, boulot, Iphone à tous les étages et chat qui ronronne sur le canapé.

Mais sous le pavé, la plage et ses grains de sable dans la machine.

Etre contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre pourrait être ma raison de vivre.

Ca me va plutôt bien. 

Il y a juste un truc qui me dérange.

Oh un détail, presque rien.

Je commence à ressembler à ma mère. Et c'est une perspective plutôt effrayante.

Je crois que je vais aller contre.

 

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : vie, contre, quotidien, norme, conformisme | | |  Imprimer |