04.11.2011

Putain, 30 ans...

.. Ou presque.

28 ans et quelques que je connaissois le meuri.

2 ans de fréquentation, 3 ans de vie dans le pêché et ... Gloups .. 23 ans de mariage.

Plus de la moitié de ma vie avec le même individu, donc. Qui devrait être canonisé de son vivant pour avoir réussi à me supporter tout ce temps.

Quand autour de nous il y a quasiment plus de familles recomposées que de couples au long cours, nous commençons à faire faire figure d'incongruité.

Ne me demandez pas comment nous faisons, je n'en sais strictement rien.

Passées les 3 années premières années de chouchou et loulou, évidemment que notre relation a évolué. On en est plus à se donner des petits surnoms en public et à se regarder le blanc de l'oeil.

C'est normal somme toutes, les gens qui s'aiment comme au premier jour restent assez rares, il faut bien le dire.

 

Je connais mes parents, 53 ans de mariage, 63 ans de fréquentation et toujours à roucouler comme des pigeons. A part eux ? Personne.

Pourquoi, donc ? En ce qui concerne le meuri,  je n'en sais rien, vu qu'il me regarde en permanence d'un air mi-exaspéré, mi-atterré. Je suis son poil à gratter, son fardeau à trimballer, la punition divine qu'il doit subir sans savoir pourquoi en homme de devoir qui n'abandonnera jamais le navire quitte à couler avec.

 

En ce qui me concerne, il a une énorme qualité : il me fiche une paix royale. Même si mes lubies le tétanisent, il me laisse passer ma vie dans l'ordi, aller boire des canons avec mes copines, rentrer totalement ivre et me comporter comme une ado attardée.

Pour ma part, je le laisse regarder Thalassa, se promener en forêt, cuisiner des boeufs bourguignons et râler en permanence.

En fait, je pense que notre couple fonctionne parce que fondamentalement nous nous fichons la paix. Et parce que nous sommes indépendants tous les deux. Si l'un de nous deux ne l'avait pas été, il y a longtemps que nous ne serions plus ensemble.

Nous nous sommes mariés pour rester ensemble mais pas pour faire tout ensemble, toute la vie. 

D'ailleurs, cerise sur le gâteau, nous n'avons absolument pas les mêmes goûts.

Un genre de mariage de la carpe et du lapin, vu de l'extérieur. Vu de l'intérieur aussi, d'ailleurs.

Et pourtant, comme je le disais au départ, j'ai passé presque 30 ans de ma vie avec cet individu qui a réussi en prime à me convaincre de procréer deux fois de suite, malgré mon aversion caractérisée pour les humains de moins de dix ans.

Ceci restera un des grands mystères de l'univers, avec les pyramides, le triangle des Bermudes et les ventes de disques de Christophe Maé.

S'il y a bien un point sur lequel le meuri et moi sommes d'accord, c'est celui-la.

 

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Si si ça existe sur le marché, je veux exactement le même faire-part pour mon prochain mariage 

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : mariage, durée, relation | | |  Imprimer |

28.06.2011

Bad Company

Un billet (par ailleurs fort émouvant) sur la difficulté d'avoir de la constance dans ses relations m'a renvoyé à ma propre incapacité à entretenir des relations sur le long terme.

Je suis probablement trop autocentrée pour me préoccuper véritablement des états d'âmes de mon entourage.

Ceci doublé d'une totale incapacité à demander des nouvelles des gens, ou à leur souhaiter leur anniversaire. Ou a appeler pour ... rien. Je n'appelle que quand j'ai quelque chose à dire. 

Du syndrome "loin des yeux, loin du coeur" : tu t'éloignes de ma sphère immédiate, tu disparais

D'un caractère à ne jamais revenir en arrière sur une grosse engueulade : tu me prends à revers sérieusement ? Hop, abracadadabra, je te zappe, tu disparais, tu n'existes plus.

D'une capacité d'empathie proche du zéro absolu. Et d'un agacement certain manifesté par la lèvre supérieure qui se crispe et se relève sur la canine gauche devant les gens qui se pleurent sur les chouzes.

Je déteste pleurnicher. Je déteste donc les pleurnicheurs

Imaginez le nombre de gens que j'ai perdu en route 

Surtout à une époque où les mails et les réseaux sociaux n'existaient pas (si si on a vécu sans)

Ca va un peu mieux aujourd'hui, et encore.

Envoyer un simple mail avec "coucou comment tu vas" m'est parfois aussi difficile que de faire une démonstration de natation synchronisée.

Tu verrais comment je nage, tu comprendrais mieux.

Etant donné qu'une relation amicale suppose un minimum d'investissement et de retour, je pense que ce n'est tout simplement pas mon fond de commerce.

Je m'étonne même d'avoir réussi à vivre un mariage au long cours avec un individu qui a réussi à me supporter plus de vingt ans dans ces conditions.

Donc aucun amis de collège, de lycée, d'études supérieures, ni d'entrée dans la vie active. J'ai découragé tout le monde au fur et à mesure.

Quant au reste... Cette année a un peu été le Titanic de mes relations amicales un peu plus anciennes... Par l'éloignement des centres d'intérêt, les divergences d'opinion ou un ras-le-bol de servir de punching ball, d'infirmière ou de doudou.

J'ai fini par ne plus me culpabiliser de ne pas savoir entretenir la flamme. Après tout, je m'aperçois que même si je ne suis pas très active à prendre des nouvelles, d'autres ne se précipitent pas à en prendre non plus, sauf pour demander quelque chose (t'as pas une crème à me donner, toi qui en as tellement).

Un partout, la balle au centre.

J'ai passé la première moitié de ma vie (ben quoi, on peut être optimiste, non ?) à être asociale. Je pense que je vais passer la deuxième à être totalement asociale.

Après tout, se regarder le nombril, c'est une activité très honorable.

C'est mon avis et je le partage. Au moins je suis d'accord avec moi-même. C'est déjà ça.

 

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Euh... Non.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : amitié, correspondance, durée | | |  Imprimer |