21.04.2010
Basic Instinct
Après vous avoir raconté ma plus grande honte à base de lachage de vessie dans les toilettes d'un café à Strasbourg, il y a plusieurs mois ; puis ma plus grande cata touristique au Maroc il y a quelques jours, j'ai décidé de continuer à dérouler devant vos yeux le fil de ma vie.
En vous racontant une de mes plus grandes humiliations publiques.
Suivi d'une mes plus grandes et belles vengeances.
Il y a fort, fort longtemps (qui a dit "au moyen-âge ?") je n'étais pas la créature luminescente que vous connaissez aujourd'hui (qui a dit "luminescente surtout dans le noir').
J'ai eu quelques années d'adolescente pas très aidée physiquement : cheveux gras, boutons, dents de traviole, kilos en trop et doutes existentiels sur la vraie nature de mon moi profond.
Sauf qu'aimant les belles choses, je persistais à m'entourer de copines canons, qui ne me laissaient évidemment aucune chance vis à vis du reste de l'univers.
Surtout l'univers masculin.
L'une d'entre elles était particulièrement fascinante : très jolie, fine, drôle, spirituelle, charmante, elle avait tout pour faire ce que les américains appellent une "prom queen" : la reine du lycée. Elle attirait tout le monde comme un cri-cri à insectes attire les mouches.
Evidemment je faisais tout pour lui être agréable, espérant recueillir une parcelle de sa brillante aura, la fournissant en petits services et menus cadeaux.
Jusqu'au jour où dans une soirée, un des jolis garçons présents demande à mon idole "mais pourquoi tu te trimballes cette grosse avec toi tout le temps ?"
Assez fort pour qu'à quelques pas de là j'entende ses remarques.
Et qu'au lieu de me défendre, elle réponde "boh, elle me fait pitié, c'est vrai qu'elle est casse-pied, mais je n'ai pas le courage de m'en débarrasser"
Provoquant l'hilarité du bellâtre et de toutes le personnes de leur entourage.
J'ai subi le choc de plein fouet. Mon dos s'est couvert d'une sueur froide et mes jambes se sont mises à trembler. J'ai pris mes jambes à mon cou et j'ai quitté la soirée sans demander mon reste.
Le pire pour moi n'était pas qu'on se moque - quoique ce soit déjà pénible - le pire était d'entendre qu'on avait eu PITIE de moi.
PITIE. C'était insupportable.
J'ai ravalé mon humiliation, et repris le cours de ma vie. Il fallait bien continuer.
Sauf que parfois, le destin fait bien les choses.
Quelques années plus tard, débarrassée des stigmates de l'adolescence, je m'étais transformée en dancing queen plutôt pétillante et appréciée sur les diverses pistes de danse où mon style unique fait de moulinets de bras et de n'importe quoi de jambes me démarquait de la foule.
Et c'est justement autour d'une piste de danse que ma vengeance a pris forme.
Fortuitement, dans une de mes virées discothécale je suis tombée sur mon ex-divinité. Non l'univers ne m'avait pas vengée en la transformant en laideron pustuleux.
Mais nous étions moins éloignée physiquement. Quoique, je doive l'avouer, elle était toujours plus jolie que moi. J'ai fait comme si j'étais ravie de la revoir. Elle semblait par contre moyennement emballée en retour.
Elle était accompagnée, pas mal d'ailleurs.
Quel est le premier moyen de se venger d'une nana ? Hein ? Hein ? Hein ?
Voiiiiilààààà : lui piquer son jules.
Et quelle est l'arme de séduction massive la plus efficace : je vous l'ai toujours dit : le cerveau, les filles, le cerveau.
Au bout de quelques minutes j'ai compris que monsieur adorait le cinéma, mais que sa dulcinée ne partageait pas vraiment sa passion. Une heure de conversation passionnée plus tard, mademoiselle "pitié" tirait nettement la tronche, et son chéri rapprochait très nettement la sienne de mon décolleté.
Je ne me suis donc arrêtée en si bon chemin..
Piquer un mec c'est relativement facile. Rendre une humiliation ça l'est moins. J'avais remarqué que la miss portait une jupe à élastique... Suivez le cheminement mental.
L'air de rien, je lui renverse mon whisky-coca bien collant sur la jupe. Elle se redresse brutalement, je m'agrippe à sa jupe et je la laisse en slip au bord de la piste de danse.
Avant de la planter là, non sans lui avoir balancé "tu es ridicule, tu me fais pitié"..
100 % bitch.
Enfin pas encore suffisamment.
Car j'avais négligemment glissé mon téléphone à son copain. Qui m'a rappelé quelques jours plus tard. Que j'ai allumé quasiment jusqu'au bout.
Avant de le planter là comme un serpillière sale.
Bien fait, il n'avait qu'à pas butiner avec l'autre.
En conclusion, et contrairement à ce qu'on veut vous faire croire, la vengeance ça fait du bien. Ceci dit j'ai saisi une opportunité parce qu'elle s'est présentée. Je n'aurais pas gâché 10 ans de ma vie à ruminer
En conclusion 2 : être une salope de temps à autres, ça fait plaisir. Même si moralement c'est discutable.
Boh, finalement la morale je m'en contrecogne
-poster.jpg)
En bonus extra-spécial mercredaye : la vainqueuse du chargeur de batterie solaire Pico, après délibération avec le site Green Commerce est ... Fr@mboize.....
Bravo ma grande.. Tu m'envoies ton adresse postale STP... !!
06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : vengeance, adolescence
20.04.2010
Eduquons, Hé ! Ducon
Samedi en regardant n'importe quoi à la télé je suis tombée sur une émission de nase sur M6.
Où une mère au physique et au caractère aussi énergiques qu'un Flamby en train de se liquéfier se faisait lamentablement envoyer aux fraises en termes fleuris par sa fille de 14 ans.
Personnellement la gisquette m'aurait sorti la moitié du quart de ce qu'elle balançait à sa pauvre mère désemparée, elle aurait fait un vol plané dans la pièce pour s'écraser dans le mur d'en face.
Mais pas la dame en question. Qui finissait par faire appel à un coach parental pour venir à bout de son petit démon à couettes et appareil dentaire.
Le coach parental apparaissant dans l'émission étant pour l'anecdote une de mes anciennes collègues, passée de la DRH au coaching.
Ma vie est pleine de pipeules.
Enfin bref.
Il y a encore peu je me serais moquée de la pauvre mère en la traitant de loque et en me demandant comment on pouvait se laisser à ce point piétiner par sa progéniture.
L'éducation étant pour moi une simple affaire de bon sens alliée à un minimum d'autorité.. Une main de velours dans un gant de fer
Ou l'inverse. C'est vous qui voyez.
Mais après une réflexion longue, intense et neuronale de mon cerveau, j'en suis arrivée à infléchir ma position initiale.
Oui, je sais appuyer sur les bons boutons parce que mes parents m'ont appris à le faire.
Ma mère notamment, qui sous des aspects agités, énervants et passablement foldingos - ce n'est pas pour rien qu'on la surnomme l'Attila des maisons de retraite - qui vous donnent envie AUSSI de lui faire faire un vol plané à travers la pièce, ne serait-ce le respect du à son âge, m'a quand même montré sur quels boutons appuyer.
Mine de rien.
Ce qui n'est pas le cas de tout le monde. Evidemment quand vos parents sont largués ou absents, ça ne vous aide à rien à élever vos propres enfants, ni à trouver vos marques.
Du coup je me demande si je n'ai pas un créneau à prendre dans le coaching parental. J'ai de la psychologie, de la méthode, et me complimente souvent sur la bonne éducation de mes fils (qui sont beaux, intelligents ET bien élevés, je le rappelle)
et surtout..
Je fais peur aux gosses.
En les menaçant de les torturer APRES les avoir envoyé valser à travers la pièce.
Just call me Super-Nanny

NB : et à ceux qui se demandent pourquoi je passe mes week-ends à regarder n'importe quoi à la télé au lieu d'aller profiter du beau temps dehors, je vous signale que profiter du beau temps c'est complètement hasbinne. J'ai décidé de lancer la tendance "je m'enferme quand il fait beau" un point c'est tout.
06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : education, coach, m6
19.04.2010
Petite Annonce
J'ai une petite annonce à vous transmettre :
Jh blond, couronné et médaillé, 900 ans de savoir-vivre, après de multiples conquêtes cherche âme slave pr nuits blanches à St-Pétersbourg et plus si affinités. Candidates lyriques et inspirées souhaitées.
Non, je n'ai pas l'intention de remplacer Meetic et je ne cherche pas à vous caser un collègue très gentil mais au physique... euh ... approximatif e et encore célibataire à 40 ans.
Je cherche à vous gâter.
Oui, j'avais dit PLUS DE CONCOURS, mais Kusmi m'a fait les yeux doux et je n'ai pu résister. Je n'ai même pas cherché à résister d'ailleurs... Qui résisterait à
WLADIMIR
Car c'est lui le beau blond dont il s'agit plus haut. Il attend sa fiancée désespérément. C'est un desperate Prince Russe.
Pour le consoler vous allez devoir lui écrire la plus jolie, folle, romantique, poétique, hystérique des déclarations. Plus il y en aura, plus il sera content..
Vous publiez votre déclaration sur votre blog et vous m'avertissez sur ce blog ou par mail. Comme d'habitude la maison accepte les textes, vidéos, photos, poèmes, dessins... (les chèques et les virements aussi d'ailleurs).
Vous avez deux semaines pour le faire, c'est-à-dire jusqu'au dimanche 2 mai 22 heures.
Le ou la gagnante sera désigné(e) à 50/50 par les internautes et un jury.
J'ai besoin de 3 jurés de choc (qui ne pourront participer bien sur). Si tu es blond, 1,85 que tu fais du surf et que tu as des bicepts et des tablettes de chocolat tu peux être juré aussi.
Déclarez-vous dans les commentaires.
Et là vous me dites "c'est très joli, mais on bosse pas gratos, quand même"
Je vous trouve un peu intéressés mais bon, je comprends.
Le ou la gagnant(e) recevra

Une boite de 125 g de Prince Wladimir : mélange de thés noirs de Chine aromatisés aux essences naturelles d'agrumes, de vanille et d'épices,
MAIS ce n'est pas tout... Il y a une DEUXIEME couche..
Le ou la gagnant(e) sera automatiquement sélectionné(e) pour une grande finale réunissant les textes vainqueurs sur les blogs participants, et recevoir ainsi un coffret incluant
1 boîte Caviar Passion +
1 Prince Wladimir 250g +
1 invitation pour 2 à la prochaine Nuit Slave.
Je vous rappelle que pour fêter l'année France-Russie, Kusmi organise des évènements sur le thème de la Russie tout au long de l'année. Le prochain aura lieu le 10 juin. Vous pouvez vous inscrire sur le site...
Alors, c'est pas bien ?
Si.
Et profitez-en parce que je vous ASSURE qu'après c'est terminé pour un bon moment... Je ne rigole pas.
Allez hop c'est parti, on participe ou on jurie..
Edit : stooooooop... C'est déjà fini pour le jury ... Ce sont LittleDaewoo, MissP, et Lolobobo (enfin un homme, un vrai) qui se pencheront sur vos réalisations !
06:00 Publié dans Concours | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note | Tags : kusmi, thé, wladimir, concours
18.04.2010
La gourmandise du dimanche
Au départ je ne voulais pas faire de billet du tout aujourd'hui.
C'est la faute du volcan. Les cendres ralentissent mes neurones et mes gestes.
(comment ça, n'importe quoi ?)
Mais grâce à Sandrine Camus, sur twitter, je suis arrivée sur le site Lindt qui propose d'imaginer la tablette de ses rêves..
Alors je me suis improvisée chocolatière pour créer ... ceci
LE DELICE DU SUD (à Manu)
Chocolat Noir 70 % - Calissons - Eclats caramélisés de noix de macadamia - avec une touche de Cannelle (évidemment)
J'en salive d'avance.
Si vous aussi, vous voulez bavouiller toute l'après-midi c'est LA
11:57 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : chocolat, volcan, lindt
16.04.2010
Apocalypse now - Part II
Le retour du fils de la revanche.
Pour ceux qui n'étaient pas là hier, c'est votre dernière chance d'aller prendre connaissance du début de l'histoire...
Pour ceux qui étaient là hier, le suspense insoutenable prend - enfin - fin !
Je vous avais donc laissé au soir d'une première journée éprouvante. Précisément au moment où ma copine Josée et moi posions nos têtes sur un oreiller certes frugal car sous une tente, mais réparateur.
Au moment de fermer nos yeuyeux, je lui sors en rigolant "avec tout ce qui nous est arrivé aujourd'hui, tu vas voir qu'ils vont en plus nous réveiller à la corne de brume demain"..
Je ne croyais pas si bien dire..
Car à l'aube, outre le doux rayon de soleil négligemment posé sur nos paupières, nous empêchant de les refermer définitivement, les autochtones qui s'occupaient du village de tentes ont cru bon de nous réveiller en nous envoyant un bon coup d'instrument à vent local dont le son faisait penser à un refuge de la SPA au grand complet en pleine hystérie collective.
Pas tellement remise de la fatigue de la veille après une nuit trop courte, je me dirige donc en titubant vers les douches de campagne où un certain nombre de mes collègues font déjà la queue.
Certains ont l'air très fatigués aussi. D'autres ont l'air très fatigués ET font la tronche.
Car leur portefeuilles ont disparu, avec les cartes de crédit dedans.
Ce dont ils se plaignent en arrivant à la table du petit déjeuner à notre organisateur en chef, le Gengis Khan des oueds, que je soupçonnais déjà à ce stade, je vous le rappelle, d'être copieusement secoué du carafon.
Organisateur en chef qui les envoie copieusement bouler en décrétant "Impossible, je connais très bien ces gens, ils sont totalement honnêtes"
On notera donc au passage qu'il n'adhérait pas aux thèses d'Eric Zemmour. C'est vraisemblablement sa seule qualité..
Après donc un petit déjeuner au milieu des dunes (très beau quand même), l'Attila des ergs nous réunit à nouveau pour un briefing matinal. En nous sermonnant publiquement pour le foutoir de la veille. Et en nous expliquant que malgré le fait que nous n'étions qu'une bande de branleurs, ils allait quand même nous amener dans le désert.
En 4 X 4.
J'aperçois autour de moi plusieurs personnes qui grimacent : effectivement les organisateurs avaient quelque peu omis de demander en amont si certains participants avaient des contre-indications au 4 X 4 secoueur et bringueballant et au rallye désertique.
Il y avait effectivment des problèmes de santé divers dont hernie discale, accident de voiture récent ou encore diabète : 4ème acte du drame.
Nous remontons donc dans nos totomaubiles avec les mêmes compagnons que la veille et partons en convoi jouer les Lawrence d'Arabie motorisés.
A droite
Puis à gauche
Puis demi-tour à droite
Puis re-demi-tour à gauche.
Au bout du 4ème demi-tour je commence à me demander si la connaissance du désert de notre guide suprême est bien celle qu'il nous vantait au départ.
Ah oui, j'ai omis de vous signaler qu'au fil des allers-retours les 4 X 4 subissaient des avanies et crevaisons diverses qui étaient bien évidemment imputées à notre nullité par notre conducator des sables très en colère.
Qui finit quand même par voir la lumière et trouver son chemin au bout d'environ 5 trajets avant-arrière.
C'est à ce moment que, la chaleur aidant, je commence à me préoccuper de me désaltérer et je ne trouve dans mon champ de vision qu'une seule bouteille d'eau d'1,5 L.
Pour 4 ? Pour une demi-journée ? Dans le désert ?
Oui me répondent mes compagnons d'infortune qui se sont inquiétés de notre état hydrique avant moi. Il y avait eu un léger trou dans l'organisation et visiblement boire dans le désert n'avait pas été un point considéré comme primordial.
Ok, à ce stade nous étions déjà bien engagés sur les pistes, avec pas un seul bar... Ni d'ailleurs rien d'autres que des canyons et des cailloux autour de nous.
Superbes paysages d'ailleurs que je vous recommande au passage, dans d'autres circonstances : le désert marocain et ses cathédrales de pierres est un spectacle unique.. Dont nous avons régalé nos yeux.
Et qui nous faisait un peu oublier la soif qui commençait à nous tenailler.
Après environ deux/trois heures de route, nous tombons quand même sur un bled paumé. Où nous nous arrêtons. Tout le monde cherche désespérément des yeux ce qui pourrait faire office de buvette locale. Mais à peine un pied posé sur le sable notre chef d'expédition nous somme de nous réunir pour un nouveau briefing.
Qui pourrais se résumer ainsi "écoutez-moi bien bande de loosers, vous allez me suivre maintenant SCRUPULEUSEMENT et sans faire d'écart. Vous allez voir passer à côté de vous des voitures et des motos très rapides, écartez-vous le plus vite possible quand elles arrivent à votre hauteur".
Pardon ?
Voitures ? Rapides ? Genre de course ?
Un peu secoués par cette annonce et de plus en plus déshydratés, nous renonçons à réflêchir et remontons dans notre véhicule.
La réponse à nos questions existentielle allait bientôt nous être fournie par des voitures de rallye passant au ras de notre carrosserie à pleine vitesse.
Suivies de près par des motos roulant tout aussi vite. Tellement vite que nous leur bouchons la route et qu'excédé par cet obstacle visiblement inattendu un des motard nous balance un coup de pied rageur dans la porte.
Et encore, nous avons de la chance. D'autres se sont retrouvés coincés sur une corniche à pic entre un bolide les poussant à l'arrière et... le vide.
Ils ont vécu un remake de "Duel" le premier film de Spielberg où un camion fou pourchassait sans relâche et sans raison apparente un automobiliste tentant de lui échapper par tous les moyens possibles.
C'est en franchissant, après environ une heure d'angoisse automobilesque, une ligne d'arrivée au milieu d'une pagaille indescriptible que nous avons compris que l'espèce de malade qui nous servait d'accompagnateur nous avait fait passer en plein milieu... Du rallye du Maroc.
Il a fallu toute l'énergie de mes compagnons pour me retenir et l'empêcher de le tuer.
Ainsi que la vue d'une buvette salutaire qui m'a détourné de mon but meurtrier. Je crois que je n'ai jamais autant apprécié un Coca de toute ma vie.
A l'issue du passage de la ligne d'arrivée du Ouarzazate express, nous n'avons plus revu, de façon totalement inexplicable, notre guide bien aimé.
Après enquête il avait été incendié par les organisateurs du rallye du Maroc et viré manu militari par les responsables de ma société et les représentants de l'agence organisatrice de notre convention. Aux dernières nouvelles il fait un très long séjour dans la maison de repos "mon doux logis" où ils demande aux autres pensionnaires de l'appeler Jésus.
Les organisateurs nous promettent alors un déjeuner au calme pour nous remette de nos émotions passées. Après quelques kilomètres nous arrivons dans une superbe médina où un jardin tropical nous rend notre sérénité..
Un repas local servi sur des nattes au milieu des palmiers et des chant d'oiseaux finit de nous détendre. Nous apprenons que compte tenu de ce qui a précédé, le programme prévu a été modifié et que nous allons finalement finir l'après-midi dans cette ambiance sereine.
Nous apprenons aussi que quelques personnes sont bien plus mal en point que nous : notamment - j'y faisais allusion plus haut - une récente accidentée de la route dont les vertèbres ont beaucoup souffert des cahots du désert et qui a besoin de soins médicaux. Ainsi qu'une diabétique dont la piqure d'insuline a trop tardé et qui a fait un malaise.
Attention !! Début de l'hécatombe.
L'après-midi se déroule au calme. C'est là que tentée par les plateaux de fruits frais qui circulent j'envoie bouler mes principes et déguste de délicieux morceaux de pastèque et de melon sans modération.
Erreur.
En fin d'après-midi nous reprenons nos véhicules. En nous disant qu'après la bérézina passée, un petit hôtel avec piscine et chambre confortable serait le bienvenu.
Non.
Dans nos rêves.
Nous arrivons sur un deuxième campement dans le désert. Bon ok, de luxe avec très belles tentes et tout le confort. Mais campement néanmoins.
Donc, re-tente collective, re-douches d'extérieur, re-queue pour la douche et le toilettes. Situées loin, trèèèèèèès loin des tentes...
Au retour des douches, je me sens humaine à nouveau. En revanche c'est moins le cas pour ma copine Josée qui arbore une jolie teinte verdâtre.
C'est ici que mon énorme trousse à pharmacie rentre en scène. Je dégaine mes anti-vomitifs et anti-spasmes et je lui file. En lui conseillant de boire du coca.
Un peu regonflée, elle m'accompagne à table. Qu'elle quitte très rapidement, avec une teinte verdâtre un peu plus prononcée qu'avant le repas.
Je me dis qu'avec quelques médocs elle ira mieux le lendemain et profite du repas ainsi que de la piste de danse dressée tout exprès pour nous.
Je dois bien dire que la soirée de danse débridée sous le ciel nocturne et étoilé du désert avec une conscience légèrement altérée par quelques boissons alcoolisées reste un souvenir magique.
En rentrant à point d'heure pour profiter des rares heures de sommeil qui me restent j'entends des bruits un peu bizarres. Ma Josée me gêne dans mon endormissement par des petits gémissements et j'ai l'impression d'entendre des gens aller et venir de façon un peu précipitée autour de la tente.
Mais vaincue par la fatigue, je finis par sombrer. Pour m'éveiller avec l'aurore. Et constater que Josée, roulée en boule sur son matelas, gémit toujours.
Je sors donc de la tente pour aller prendre mon petit déjeuner et avertir les autorités organisatrices que ma co-locataire n'est vraiment pas bien.
Au passage je constate que d'autres personnes arborent également une jolie teinte verdâtre.
Certains n'ont pas l'air bien du tout. Mais pas du tout.
Outre les martiens, une de mes collègues s'écroule victime d'une crise de tétanie. Je dégaine à nouveau ma pharmacie magique et file mon stock de magnésium dont on bourre littéralement la malheureuse. Qu'on fait également respirer dans un sac plastique. Truc de scout pour la crise de tétanie.
On annonce aux survivants qu'une visite d'un village classé au patrimoine de l'Unesco - dont j'ai totalement oublié le nom - et qui a accueilli entre autres des scènes du film Gladiator est prévue..
Alors que les déjà quelques malades qui commence à ne plus ressembler à rien sont évacués vers un lieu où ils pourront se reposer - un centre récréatif avec piscine où nous les rejoindrons pour le repas et l'après-midi.
C'est là que Josée, à présent très TRES verte et sub-claquante, la bave au bord des lèvres me sort une phrase historique qui reste encore dans les mémoire "passe moi ton sèche-cheveux (qui n'avait donc servi à rien jusqu'à présent) je vais en profiter pour me faire un brushing".
Au fur et à mesure de la visite, la liste des malades augmente. On en trouve dans des états variables dont quelques-uns à quatre pattes à l'arrière des 4 X 4.
Vomito is dans la place. Ma pharmacie aussi. Qui finit par se vider totalement. Ceux qui se moquaient de moi au départ en me traitant de mamie ne rient plus du tout à l'heure qu'il est.
La visite s'achève et nous rejoignons donc le fameux centre avec piscine. Froide la piscine. Je m'abstiens donc de sauter dedans, crainte du choc thermique oblige.
Ce qui n'est pas le cas de la grande majorité de la troupe.
Cette dernière erreur fatale finit d'achever les moins résistants. Au fur et à mesure de l'après-midi les gens se colorent de jolies teintes jaunes ou vertes et se renseignent sans aucun préalable sur la proximité des commodités.
Selon les quelques informations qui filtrent les premiers fauchés ne sont pas très bien, voire carrément... quasi-défunctés.
Nous pouvons d'ailleurs le constater en fin d'après-midi après avoir récupéré tout le monde et atteint l'aéroport : une fille est carrément sur une civière- celle qui avait les vertèbres en vrac - avec la double peine minerve ET tourista d'anthologie.
Les autres sont dans divers états de décomposition. Certains sont agités de spasmes, d'autres sont étalés par terre. D'autres encore gémissent la tête dans les mains.
Au fur et à mesure du déroulement de l'embarquement, les gens sont fauchés. Et bouchent progressivement les toilettes de la salle d'embarquement.
Enfin nous montons dans l'avion et là c'est carrément le radeau de la méduse. Les malades sont mis à l'arrière. Près des toilettes donc. Certains s'évanouissent, d'autres crient, d'autres vomissent, d'autres... enfin bref. Au fur et à mesure du vol, la vague... de merde peut-on dire carrément remonte vers l'avant pliant les gens au fur et à mesure. Je vois mes voisins tomber comme des mouches. On dirait un fim d'horreur sur la propagation fulgurante d'un virus transformant les gens en zombies cannibales ou en bouillie humaine.
Je suis mystérieusement épargnée telle une élue du grand tout.
Enfin mes intestins sont épargnés. Parce que mes nerfs sont au bord de l'explosion. Je ne suis pas la seule d'ailleurs. En plus des malades on a des crises d'hystérie.
Les hôtesses ont renoncé à faire quoi que ce soit et se sont barricadées dans le local réservé au personnel de bord.
Après un vol qui nous semble interminable nous atterrissons enfin.
Mais rien à faire pour descendre de l'avion. Le sas s'ouvre et on nous demande de rester assis. C'est alors que sous nos yeux hagards "Urgences" débaroule dans l'avion. Médecins agités, brancards, perfusions, il ne manquait plus que la musique du générique.
Les Docteurs Ross évacuent en courant les plus touchés vers les hôpitaux du voisinage. Les autres descendent de l'avion comme ils peuvent.
Mais pas question de sortir de l'aéroport.
On nous consigne dans un sas fermé car, nous explique un responsable sanitaire, on soupçonne une épidemie de choléra.
Ce qui nous vaudrait à tous une quarantaine de longue durée.
Mes nerfs lâchent et je me mets à insulter tout ce qui bouge un orteil.
Au bout d'une bonne heure d'attente, on nous annonce que le soupçon de choléra est écarté.
Nous rentrons enfin chez nous dans un état second. En arrivant chez moi j'embrasse le sol avant de m'écrouler sur mon lit et mon mari les bras en croix. Et de m'endormir en trois secondes.
La bactérie meurtrière qui m'avait épargnée jusqu'alors m'a rattrapée le lendemain soir me forçant à un sprint desespéré entre le métro et mes toilettes.
Où j'ai passé les 3 jours qui ont suivi, mes intestins tentant de se libérer de l'intérieur de mon corps pour aller explorer le vaste monde à coup de spasmes d'anthologie.
Pour votre information, nous avons appris suite aux analyses réalisées sur les gens hospitalisés que la cause de ce naufrage était une bactérie se trouvant dans l'eau et nommée tout à fait à propos Shi(chie)guella.
Pour ma part, cette expédition a bizarrement déclenché un esprit aventurier inconnu jusqu'alors. Je n'hésite plus à sortir des sentiers battus pour batifoler dans la jungle.
Enfin, sous réserve qu'il y ait de la pinacolada et des transats pas trop loin quand même.
Faut pas déconner non plus.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : voyages, maroc, ouarzazate, séminaire, entreprise, rallye, désert




