14.04.2011
La géostratégie expliquée aux blondes 3 - Non, Ivoirien ça ne veut pas dire myope
Bien qu'extrêmement brillante dans l'explication politico-géostratégique, au moins autant que Boris Boillon on va dire, je maîtrise un peu moins certains dossiers. Ceux relatifs à l'Afrique en général et à la Côte d'Ivoire en particulier.
J'ai donc demandé à mon ministre des affaires étrangères, (et pas des affreux étrangers comme le pense Claude Guéant), la brillantissime Domydom de vous expliquer le pourquoi du comment du pourquoi d'une situation à la une récente de tous vos journaux (enfin ceux que tu ne lis a priori pas, amie blonde) pour que tu comprenne pourquoi à Abidjan, on y voit rien.
(c'est pathétique, mais je ne peux pas m'empêcher)
Bon perso, j'ai tout compris, et je peux aller me reposer le neurone tranquillement. A vous maintenant. Allez hop..
Quand une blonde explique aux autres blondes, ce n’est pas gagné, je vous le dis.
Alors… l’histoire se déroule dans un pays fort fort lointain, qui s’appelle Côte d’Ivoire, même si on n’y trouve aucun éléphant, et qui a pour personnages principaux, un général Papa Noël, un président tout mou du genou mais pas de la bouteille, un brave tché, un boulanger et sa femme.
Il était une fois donc, dans le pays du cacao un président tout mou qui s’appelait Henri, et qui voulait bien réussir sa vie, et qui n’aimait pas l’idée que l’ex premier ministre lui pique sa place un jour.
Du coup, le président tout mou, qui aimait un peu trop le Koutoukou, il décida que l’ancien premier ministre commençait à lui faire trop d’ombre et que dorénavant, l’ex premier ministre qu’on surnommait « Brave Tché », il serait un étranger, et que les étrangers, les habitants du pays du cacao, ils n’aimeraient plus trop cela. Alors ils leur interdiraient d’avoir des terres, et de se présenter aux élections, et cela s’appellerait « l’ivoirité ». Voilà. Le problème était réglé. Henri pouvait continuer à réussir sa vie, être aimé et gagner de l’argent.
Mais un Général qui n’aimait pas trop qu’on s’amuse à trafiquer la constitution décida, lui, d’apporter aux ivoiriens un cadeau de Noël, en renversant le président le 24 décembre, facilement, et sans un coup de feu, ce qui était logique puisque Henri était tout mou et souvent imbibé.
Alors le peuple était content, et tout le monde chanta et dansa dans les rues.
Le peuple manifesta sa joie de voir un gentil Général Papa Noël, qui venait remettre de l’ordre dans la maison et qui promettait d’organiser des élections justes et transparentes (on rappelle qu’en Afrique, les élections sont toujours « justes et transparentes », sur le papier)
En 2000, des élections furent donc organisées par le Général Papa Noël, mais sans adversaires, hormis un petit boulanger, éternel opposant qui ne représentait pas vraiment de danger pour le général Papa Noël, mais dont il aurait du se méfier davantage car si on l’appelait le boulanger, c’est qu’il roulait tout le monde dans la farine.
Mais ce que le peuple ignorait, c’est que le Général Papa Noël avait une femme, et que Rose elle, elle tenait beaucoup à sa place de Mère Noël , alors elle poussa le Général Papa Noël à voler les résultats de l’élection et à se proclamer vainqueur.
Le peuple était fâché.
Alors il descendit dans la rue, et exigea qu’on proclame la victoire du boulanger, qui s’appelait Laurent Gbabgo (mais on ne prononce pas le premier G, c’est plus facile), le général Papa Noël avait perdu.
Dès son accession au fauteuil présidentiel, le boulanger qui avait comme tous les candidats au monde fait plein de promesses qu’il n’avait aucunement l’intention de tenir, commença à faire ce que ces prédécesseurs avaient toujours fait , placer son frère, sa mère et puis ses sœurs, ho ho, c’était le bonheur.
Seulement voilà, deux ans après, les gens du nord, qui ont dans leurs yeux le bleu qui manque à leur décor, ils n’étaient pas ravis du tout. Tous les sous étaient dans le sud, tout le pouvoir était aux mains du clan du boulanger et eux, les gens du nord, on commençait vraiment à leur créer trop de soucis, alors ils se sont rebellés.
Ils ont marché, marché, jusqu’à Abidjan, et le boulanger président a eu peur, alors il a appelé la France pour qu’elle arrête ces vilains rebelles qui l’empêchaient de dormir sur son tas de farine.
La France, elle a répondu « tss tss, tout cela, c’est pas nos oignons, affaire de rebelles, là, c’est entre vous ». Et la France s’est mise au milieu et du coup, tout le monde était bloqué.
Comme Gbabgo (dont on ne prononce pas le premier G) n’était pas content que l’armée française ne vienne pas chasser les rebelles, il a envoyé des pilotes russes pour bombarder un camp français et a tué des soldats français.
Chirac, qui était encore notre président, il n’a pas aimé du tout qu’on bombarde ses soldats, encore moins qu’on les tue, mais alors pas du tout du tout.
Il a tapé un grand coup sur son bureau, si si, allez voir à l’Elysée, il y est toujours le trou dans le bureau, demandez à Nico, il vous montrera le trou de Chirac.
Chichi il a pris son téléphone, et il a dit, si c’est cela, bazardez-moi tous leurs avions, faut pas qu’on vienne me chier sur les bottes (il parle mal Chichi, c’est dingue), non mais oh ! Allez ! Zou, du balais les avions du boulanger.
Et paf, il a bousillé tous les appareils de l’armée ivoirienne.
Le peuple était très très fâché.
Ils ont chassé tous les français de Côte d’ivoire, les ont tapés, les ont pillés, et l’armée française a dû les faire rentrer très très vite en hexagonie, certains sont même rentrés chez eux en tongs et en maillot de bain, mais c’était pas fashion, car c’était l’hiver et il faisait très froid.
A partir de là, le pays a été divisé en deux, d’un côté les rebelles, de l’autre le boulanger, et au milieu, des militaires français qu’on avait appelé « la Licorne » parce qu’une licorne c’est joli et ça fait pas trop peur. Même si ça existe pas en fait, enfin je crois.
Le Boulanger, quand est arrivé le moment de faire de nouvelles élections, il a commencé à chercher des excuses, et quand on les cherche, forcément, on les trouve. Les élections ne venaient pas, un coup c’était les cartes d’électeurs qu’ils trouvaient plus, un coup y avait des ivoiriens qu’étaient plus vraiment ivoiriens, un coup il fallait nommer des agents pour contrôler les élections puis des agents pour contrôler les agents, et comme tout cela coûtait beaucoup de sous aux instances internationales (en résumé, nous), l’ONU a décidé de contrôler les élections, et d’aider à les organiser.
5 ans après la date de péremption, (imaginez, Sarkozy qui décide finalement que les élections n’auront lieu qu’en 2017 ?? la lose ?) le boulanger a fini par faire les élections, bien convaincu par les sondages qu’il allait forcément gagner , fingers in the noze, et quand les résultats sont arrivés qui disaient qu’en vrai, il avait 47% et que Ouattara Brave tché, il avait 53%, il était trop pas content. Alors il a dit, si c’est cela, moi je m’en fiche, je m’autoproclame grand vainqueur des élections, je me colle le cordon avec les breloques dorées autour du cou et j’oblige l’étranger brave tché à rester dans son hôtel 4 étoiles. Vala.
Du coup, il a distribué des armes, à tous les jeunes qui étaient chomistes, et il y a beaucoup de chomistes dans le pays du cacao à cause qu’avec la guerre, et le découpage du pays, toussa, les gens ils ont plus trop de travail.
Et comme c’était vraiment trop le bazar, avec des morts partout, puis des vilains armés qui foutaient le bordel dans la ville, puis des charniers qu’on découvrait, et puis surtout que l’ONU, elle avait payé quand même pour les élections et que bon, quoi, quand on paye, on aime bien être livré, un peu comme si tu commandais une combishort chez Asos et qu’on te disait ah ben non, on garde tes sous, mais on t’envoie juste une paire de chaussettes, tu vois ?
Et comme il était malin, le boulanger a fait croire à tout le monde que la France en voulait rien qu’à ses richesses, son port, son cacao alors qu’en vrai, lui-même leur avait déjà tout tout donné, depuis le port (il l’a filé à Bolloré, le voyagiste de Sarkozy), jusqu’au téléphone en passant par l’électricité
Alors l’ONU, et puis la licorne qui n’était plus trop gentille, ils ont attaqué les gros chars de Gbabgo le boulanger (dont on ne prononce toujours pas le G) et puis les rebelles, qui étaient avec leur brave tché, dans l’hôtel 4 étoiles, ils ont arrêté le boulanger, sa femme, son fils et tous leurs amis après avoir complètement cassé sa maison pour être sûrs qu’il n’y reviendrait jamais.
Et voilà, aujourd’hui c’est le brave tché qui est président, mais ça résout pas grand-chose, car les ivoiriens sont toujours très très fâchés entre eux, et que ça tire toujours de partout dans la ville d’Abidjan, et qu’il y a beaucoup de morts, et que les gens ils ont faim, ils ont soif, et ils ont peur.
Et qu’il va leur falloir se pardonner.
Et pour ondouler en rythme sur de l'ivoirien...
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06:00 Publié dans Les guests à Manu | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : cote d'ivoire, gbagbo, coup d'état, france, situation, afrique |
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Commentaires
Écrit par : Dominique | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireHistoire vraie à illustrer..
J'ai ri..
Écrit par : bembelly | 14.04.2011
Répondre à ce commentaire@Bembelly : tant mieux !
Écrit par : emanu124 | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireJ'ajouterais que quand la France s'est mis au milieu, y'a un Charles qui voulait du blé qui s'est mis à dire qu'il fallait taper tous les français.
Écrit par : romain blachier | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : vannina | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Firemaman | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireBembelly : Merci copain.
Romain : Je l'ai fait façon Babi, c'est pour cela, et encore, tu m'as pas entendue la raconter avec l'accent !
A tous, merci de lire ma trop longue prose !
et comme on dit à Abidjan,
Y a FOYE !!
Écrit par : Dom | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireEt que même, alors que le pays avait des frontières différentes de celles d'aujourd'hui, on "soupçonnait" le brave Ché d'avoir des grands-parents burkinabés et que de fait, il ne serait donc pas ivoirien pur souche.
En résumé, assez ivoirien pour être 1er ministre d'Houphouet, mais pas assez pour briguer la présidence en 1995 et 2000.
Écrit par : Manou | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : mimie | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : AntigoneStrange | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Carole Nipette | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : valerie | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : galerie paris | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Manureva | 14.04.2011
Répondre à ce commentaire@Vannina : et bien figure toi que c'est pile poil le but du truc !
@Firemaman : tiens, oui, pourquoi pas ?
@Dom : merci pour les précisions...
@Manou : merci aussi pour les précisions !!
@Mimie : toi faire clap clap alors
@Antigone : je suis certaine qu'il y a des Ivoiriens très sexys. (et c'et Dom l'auteur, pas moi)
@Carole : moi aussi (j'ignorais une grosse partie de l'histoire)
@Valérie : elle t'en prie..
@Manureva : merci pour elle !!
Écrit par : emanu124 | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : M1 | 14.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Phileas | 15.04.2011
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caju | 15.04.2011
Répondre à ce commentaire@Phileas : c'est maglin
@Caju : ouiiiiiiii
Écrit par : emanu124 | 15.04.2011
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