05.11.2010

Putain dix ans..

Hier, je fêtais un anniversaire.

Non pas celui de proches, dont j'oublie régulièrement d'ailleurs les dates de naissances.


Mais celui du jour où j'ai écrasé une clope pour la dernière fois.


Fumeuse moyenne (environ 10 cigarettes par jour) mais de longue date, mis à part quelques tentatives d'arrêt avortées et deux stops grossesses, je me suis un jour réveillée dans un état qui me laissait penser que j'avais les doigts coincés dans une prise électrique.

 

Mon médecin (qui est je le rappelle le sosie de Ségo Royal en plus fun) me dit sur ces entrefaites "mais madame, c'est normal vous avez 18 et des patates de tension" "vous fumez ?" "oui, faudrait songer à arrêter sinon c'est l'infarctus à court terme".

Ok

Ca calme.


Après 6 mois de maturation, un jour de rhume et de nez bouché, j'ai écrasé ma dernière cigarette.

Avec les patches, j'ai réussi à résister. Et à éviter de massacrer toute ma famille dans un bain de sang épouvantable.

Je vais pas vous mentir, ça n'a pas toujours été facile. Un mois de vrai manque et un an pour vraiment ne commencer à ne plus y penser, même de temps à autres.

 

Mais si je dresse la liste des inconvénients :

  • 10 kgs en plus, 5 reperdus, et les derniers qui s'accrochent à mon fessier. Mais comme disait ma grand-mère "fessier rebondi, joie du mari" et à part ça... Pas grand chose.

 

Par rapport à celle des avantages

  • Goût retrouvé, odorat retrouvé, souffle retrouvé, énergie retrouvée (avant j'étais toujours fatiguée, la clope ça pompe vitamines, minéraux et le reste), argent économisé (et la douloureuse de 25 ans de clopes elle est lourde, encore plus maintenant), plus de penderie qui sent le vieux cendrier froid, au bout de 10 ans pas plus de risque cardiovasculaire qu'un non fumeur,  et surtout surtout...

Une peau de jeune fille.

A tel point point que des relations rencontrées 6 mois après, ne m'ayant pas vu depuis mon arrêt m'ont demandé si j'avais fait un lifting...

 

Aucune comparaison entre l'importance des deux listes

 

Je me garderais de vous donner un truc pour arrêter. Je crois fondamentalement que dans ce cas précis, seule la volonté est efficace et que chacun doit trouver "sa" méthode et "ses" limites. Les degrés d'addiction varient en effet d'un individu à l'autre.


La seule chose que j'ai apprise de mes arrêts précédents c'est que contrairement à certaines personnes qui peuvent fumer une cigarette de temps à autres sans accoutumance majeure, si je retouche une clope, je suis fichue. Je dois donc rester abstinente.

Comme dans toutes les addictions, un ex-fumeur reste fumeur toute sa vie.

 

La meilleure façon de réussir c'est d'avoir le déclic  et de se sentir prêt et motivé.

Dans mon cas, mon corps a tiré la sonnette d'alarme avant un problème majeur et il m'a permis de trouver suffisamment de volonté pour arrêter.

Pour ceux qui pensent ne pas pouvoir le faire seuls, il y a d'excellentes consultations de tabacologie dans divers hôpitaux.

Je ne prétends faire de morale à personne, je suis très mal placée. 

La seule chose que je pourrais dire aux fumeurs c'est que pour avoir crapouillé 25 ans ou presque, je dois prendre toute ma vie un traitement pour l'hypertension. Avec toutes les contraintes que cela procure. Et que je suis punie par mon inconduite car aujourd'hui mes deux fils se sont mis à fumer. Evidemment avoir vu, petits, leur mère clope au bec, ce n'est pas le meilleur des exemples.

 

Si je peux convaincre ne serait-ce qu'une personne alors ce billet aura eu son utilité.

Sinon, et bien tant pis ! Je fêterai mon anniversaire toute seule, avec du champagne et du chocolat.

Tant pis pour mes grosses fesses..

 

medecin.jpg

 

Les mentalités ont bien changé n'est-ce pas ??