15.03.2012

Un jour j'irai à Bakou avec toi....

Un samedi soir ennuyeux du printemps 2006, désoeuvrée, je zappais dans le vide.

Je n'avais pas encore commencé l'interneterie à haute dose et je regardais encore la télé à l'ancienne en ces temps reculés et préhistoriques...

Et comme d'habitude le samedi soir, il n'y avait rien de regardable. 

Enfin le pensais-je. Et surtout pas un concours Eurovision classé dans mon esprit à cette époque dans les ringardises, quelque part entre un Champs-Elysées spécial Frank Michael et une rediffusion de la saison une de Louis la Brocante.


Quand soudain mon regard morne s'est illuminé et mon rictus d'ennui s'est transformé en O de surprise puis en rigolitude totale et irrépressible. 


Tellement intense la rigolitude, que ma famille entière est venue voir de quoi il en retournait.

Il en retournait que j'étais tombée pile poil sur le passage de Lordi, un groupe de métal finlandais costumé dans le style orques du seigneur des anneaux qui dynamitait littéralement la scène du concours de l'Eurovision.


Le comique n'était pas tant le décalage entre des métalleux et des groupes hypra kitsch venus du Kazakhstan, mais les commentaires hallucinés de Michel Drucker et son comparse totalement médusés et dépassés par une situation qu'ils ne maîtrisaient plus.

Et plus les Finlandais s'envolaient au palmarès plus les deux commentateurs sombraient dans une dépression totale. J'ai eu ce soir là un des plus gros fou rire de ma vie dont le souvenir me déclenche encore un "mouarf" de joie à chaque fois que j'y repense.


C'est pourquoi depuis je ne rate pas une seule diffusion du concours, sauf soirée importante ou vacances.

Musicalement c'est navrant.

Visuellement c'est navrant. 

Artistiquement c'est navrant.


Donc c'est à mourir de rire, forcément.

En plus du niveau général catastrophique, on a alternativement des chanteurs qui sortent tout droit des années 70 via une machine à remonter le temps, des bimbos poumonées qui hurlent dans des micros au péril de la santé auditive du public, des groupes de country moldaves, des travestis ukrainiens, de la house bulgare, des chorégraphies qui feraient passer celles de Maritie et Gilbert Carpentier pour de la danse expérimentale, et un candidat français qui ne gagne JAMAIS, c'est rassurant.


Evidemment, depuis 2006, le live-tweet est venu se rajouter pour ponctuer ce spectacle d'exception.

A la rigolitude solitaire s'est ajoutée la rigolitude groupire.

Et ma famille assiste tous les ans au spectacle navrant d'une pauvre folle parlant à son ordi et gloussant toute seule face à son écran.

Donc tu l'as compris : émission navrante + live-tweet jouissif = je kiffe la vaïbe de ma laïfe à fond.

C'est même quasiment un évènement pipeule, l'apex de mon année, le 14 juillet, mon fils, ma bataille.

La mienne est celle de quelques claviers d'exception spécialistes du live tweet intercontinental. 

Quand nous avons appris que cette année, le concours avait lieu à Bakou en Azerbaïdjan, tu parles on est excités comme des lapins Duracell qui auraient gobé un baril de Guronsan.

Bakou, son histoire musicale raffinée, son sens de la déco, son esthétique épurée, sa ligne claire, son rock expérimental, son école de danse contemporaine réputée internationalement.

En plus des chanteurs approximatifs. Le bonheur. L'orgasme télévisuel je dirais même.

C'est pourquoi IL FAUT ABSOLUMENT que France Télévisions nous envoie sur place, PR Land, Till the Cat  Sandrine Camus et moi pour un live tweet historique, grandiose et gravé dans le marbre marmoréen. 

IL LE FAUT. C'EST NOTRE DESTIN QUI NOUS ATTEND EN AZERBAIDJAN.

QUELQUES HEURES D'AVION, UNE ACCREDITATION ET UNE CHAMBRE D'HOTEL A BAKOU pour entrer dans l'histoire.

Nous sommes prêts à tout. A manger de la nourriture locale, à écouter les répétitions, à vendre des hot-dogs, à chanter dans des kermesses de village. Même à tuer quelqu'un s'il le faut. 

Voire à poser nus.

SOUTENEZ-NOUS, notre avenir est entre vos mains.

Je te remercie, public aimé.

Et je te promet un moment d'anthologie le 26 mai quoi qu'il advienne.

 

normallordi060520eurovision.jpg

Oui oui, c'est eux Lordi qui avaient gagné en 2006. Et non je ne fume pas des trucs (du moins plus maintenant)

08.12.2011

L'économie expliquée aux blondes - 11 - le AAA c'est l'Eurovision

Blonde ma soeur, tu observes avec effroi les hommes en costumes noirs t'expliquer à la télé que si la France perd son triple AAA on est bons pour retourner habiter des cavernes vêtus de peaux de bêtes en déchiquetant du mammouth avec nos dents.

 

Mais, au fait qu'est-ce que c'est que ce truc AAAtaire donnés par des gens aux noms bizarres comme "Standard et Pauvre" ou "Mou-dingue" ? 

 

Ca te parait aussi obscur que la raison pour laquelle OPI ne distribue pas en France "My left foot is more beautiful than my right foot" un noir irisé tellement beau que tu tuerais ta propre mère pour l'obtenir.

Je t'explique c'est tout bête.


le AAA c'est comme l'Eurovision. 

 

A l'Eurovision tu a des jurys qui distribuent consciencieusement des notes "Albania 10 points, Latvia 8 points, Kazakhstan 5 points"

Sauf qu'en général, les pays se soutiennent par zone géographique. La Russie vote pour la Lituanie, qui vote pour la Lettonie, qui vote pour la Russie, etc, etc...

On s'arrange un petit peu entre voisins, quoi.

Bon personne ne vote pour la France étant donné que les français cassent les pieds à tous le monde avec leur râlage permanent et leur arrogance d'une part. Et qu'ils ont des chanteurs en carton d'autre part.


Mais c'est fait exprès, la France ne veut pas récupérer l'Eurovision vu que celui qui gagne se tape l'organisation l'année suivante et que ça coute une blinde.

Un jour je t'expliquerai ça aussi.

Grosso modo l'Eurovision c'est pipeau et flutiau


C'est exactement pareil pour les agences de notations. Les notes AAA BBB CCC et consoeurs sont données par des jurys qui notent les performances financières (et pas vocales) des gens qui viennent faire le mondiovision de l'économie. 


C'est pareil, on se soutient entre voisins par intérêt commun. Machin qui a des actions dans truc, dégrade la note de bidule qui est son concurrent.


Au final c'est petit arrangements entre amis.

Et ça n'a aucun intérêt. A part servir celui des gens qui balancent ces notes.

Quant à la France et à ses notes c'est exactement comme pour l'Eurovision aussi.

Personne ne nous aime. Les gens nous prennent pour des baltringues. Du coup, on nous enlève des A.

Pour nous apprendre vivre.

En fait, amie blonde, a priori, le triple A envolé,  il ne va rien se passer.

Ton OPI risque juste d'augmenter un peu. 

Tu en achèteras un de moins, c'est tout.

 

eurovision-lithuania.jpg?1275052067

Les représentants de la Lituanie à l'Eurovision 2010

si si. Je t'assure.  

 

NB : pour les vraies blondes, j'ai totalement inventé  "My left foot is more beautiful than my right foot" noir irisé. Si OPI veut racheter le nom, je le vends. Cher.

07.03.2008

J'ADORE L'EUROVISION

Oui, je vous avais prévenus, j'ai des goûts bizarres...

Donc j'adore l'Eurovision, ses chanteurs improbables qui chantent des trucs écrits par des extraterrestres, dans des décors kitschissimes, et dans des costumes dont on ne s'imaginait même pas qu'ils pouvaient exister. Le top du top ce sont les chorégraphies, dont certaines feraient passer Kamel Ouali pour Maurice Béjart, c'est vous dire le niveau !

J'adore entendre les résultats pays par pays donnés par des bimbos siliconées jusqu'aux cheveux dans un anglais approximatif : "Slovénia, sixe pwointes...".

J'ai raccroché à cet ovni télévisuel il y a deux ans. Un samedi soir de cocooning en zappant déséspérement pour trouver un truc regardable, je tombe sur le concours Eurovision sur France 3. Et là, choc total... J'ai cru que j'avais avalé un machin hallucinogène à l'insu de mon plein gré. Au milieu de chanteurs issus d'une faille spatio-temporelle débouchant directement dans les années 70, arrive le groupe finlandais Lordi, déguisés en créatures du genre orque du Seigneur des Anneaux et qui nous déballe un hard-métal chauffé à blanc avec effets de fumée, ailes de vampires dépliables et feux d'artifice. Je suis restée face au téléviseur, la lèvre pendante et le bras en l'air. Ont suivi entre autre une chanteuse ukrainienne poitrinée à moitié nue et à l'organe vocal hystérique, un groupe de country allemand habillés en cow-boy, ou encore d'un play-boy russe susurrant un air sirupeux alors qu'une de ses danseuses s'extirpait à grand peine du piano d'où elle était sensée sortir (ne me demandez pas pourquoi, je l'ignore). Au milieu de tout ça, la française sélectionnée avec sa pauvre robe achetée en solde s'époumonait de façon catastrophique façon chanteuse réaliste sous acide.

L'hallu totale je vous dis.

Le meilleur moment fut celui des résultats, où de façon totalement inattendue, le groupe Finlandais Lordi, accumula les points avec une régularité de métronome, ce au plus grand désarroi de Michel Drucker et de son comparse, commentateurs de l'édition. Ils se décomposaient litéralement au fur et à mesure que le score des Finlandais augmentait alors que celui de la française stagnait à deux ou trois points maximum. A chaque annonce de résultat on entendait Drucker dire "mais ce n'est pas possible"... Et si, Lordi a bien remporté cette édition et notre vaillante représentante est arrivée ... avant-dernière. Ce dans une confusion totale.. A la maison nous étions pliés en deux de rire.

Ce fut, selon moi, la meilleure émission comique de l'année. Un grand moment de bonheur.

L'année dernière, quoique moins savoureuse nous a quand même offert quelques pépites comme ce drag-queen ukrainien chantant une polka électronique en costume à paillette. Je crois que ce titre a fait une belle carrière en boîte par la suite. La gagnante était par contre une chanteuse serbe totalement inintéressante. Les réprésentants français étaient les Fatals Picards, qui sont encore arrivés avant-derniers et que franchement, j'ai trouvé quelconques.

 Cette année la France a décidé de frapper un grand coup. Ce qui a inspiré cette note est l'annonce dans la presse du chanteur qui représentera notre beau pays. Il s'agit de Sébastien Tellier, nouveau chouchou des inrockuptibles et des milieux branchouilles, qui ressemble physiquement à un Sébastien Chabal en costume et vocalement, apparemment (je n'ai pas entendu ses créations) à un mélange entre Christophe et Philippe Katerine.

Et alors, je dis non. NON NON NON et NON. Il ne s'agirait pas que l'Eurovision devienne un truc pointu, où tout les groupes branchés viendraient se produire.

Laissez nous nos Crooners moldo-valaques, nos sous-Elvis Chypriotes, nos Madonnas (période like a virgin) Islandaises, nos divas Turques surmaquillées comme des drag-queens. Laissez-nous les décors kitsch, les présentatrices bimbos, les chorégraphies improbables, les mises en scènes délirantes, les musiciens d'accompagnement qui ont 70 ans et des moumoutes. 

OUI C'EST CA QU'ON AIME,... 

Et pour la bonne bouche et pour ceux qui n'auraient pas vu ce grand moment, le groupe Lordi, dans l'édition Eurovision 2006.

 

 

19:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : eurovision | | |  Imprimer |