02.12.2011
Journée noire au bureau
Je ne parle jamais de mes activités professionnelles pour diverses raisons.
Qui sont des raisons et qui sont diverses.
Mais la journée d'hier mérite un coup de projecteur, et vu que ses péripéties ne sont pas vraiment reliées à mon travail j'eusse donc imaginé que je vous les racontasse.
Si vous voulez apprendre comment perdre votre réputation professionnelle en particulier et votre réputation en général, suivez le guide
ETAPE 1 : hurlez à plein poumons "PUTAIN DE SA RACE LE RESEAU" juste au moment où le PDG arrive dans votre service. Plongez sous votre bureau.
ETAPE 2 : faites croire à la standardiste qui n'a pas inventé l'eau chaude que la photo d'Alexander Skarsgard sur votre Iphone est celle de votre nouveau fiancé. Tenez le truc pendant 5 minutes très sérieusement. Restez stoïque quand elle vous dit "mais tu es mariée" et que vous répondez "ben oui, et alors ?". Dévoilez-lui la vérité. Et surtout moquez vous bien d'elle quand elle vous dit, mortifiée de s'être fait trimballer : "Oh mais tu sais ça aurait pu être vrai, aujourd'hui, tout est possible".
NB1 Je vais probablement avoir quelques problèmes de réception d'appels à partir de maintenant.
NB2 oui, j'ai un diaporama de beaux gosses à moitié nus sur mon Iphone pour me remonter le moral en cas de coup dur. Dont je fais bénéficier les copines qui passent. Y'a pas de mal à se faire du bien.
ETAPE 3 : arrivez dans une conversation à la machine à café. Entendre "c'est triste". Pensez que votre collègue parle du temps. Sortir "boh y'a pas mort d'homme !". Voir votre collègue se décomposer et l'entendre vous dire "je viens de perdre mon père". Disparaissez sous la moquette.
ETAPE 4 : pensez qu'il n'y a plus personne dans votre coin de bureau à l'heure du déjeuner. Mettez de la zique un peu fort en chantant dessus. Réalisez au bout de 10 minutes qu'une réunion se terminait dans la salle juste à côté. Regardez défiler les participants qui vous observent d'un air mi-goguenard mi-interloqué.
ETAPE 5 : cherchez quelqu'un sur Facebook. Tombez sur la page d'un stagiaire. Eclipsez-vous discrètement sans le demander comme ami. Mais dix minutes plus tard, prise dans une spirale de n'importe quoi, dites-lui que vous êtes tombée sur sa page sur le chat interne. Faites un flop terrifiant et passez pour une dingue a ses yeux et probablement ceux de toute son équipe.
ETAPE 6 : partez en vrille dans un fou rire idiot à base de trucs irracontables avec vos collègues (quand tu essayes d'expliquer un fou rire à quelqu'un d'extérieur, ça ne donne rien en général), avec la tête sur les genoux en gloussant hystériquement juste au moment où votre chef vénérée sort de son bureau de mauvais poil. Finissez la tête dans un classeur a essayer d'étouffer vos ricanements. Avec un point de côté et une tête de panda ivre à cause du mascara qui a coulé. Rentrez chez vous en l'état en affrontant les regards des voyageurs des transports en commun qui pensent que vous êtes une junkie au dernier stade de l'addiction.
Tout ceci en moins de 8 heures.
Vous comprenez maintenant pourquoi ma carrière n'a jamais décollé.
Parce que si, au moins, c'était la première fois que je vivais la journée de la honte...
Mais non, ce n'est que la dernière d'une longue, très longue série.
(soupir)

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : bureau, travail, gaffes, honte |
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24.09.2009
Enduite de hontes
Dans la série "rions ensemble du malheur des autres, c'est tellement bon", suite à des échanges de coms sur la note d'hier, j'ai eu envie de vous narrer quelques-unes des hontes les plus retentissantes de ma vie.
Car les hontes, plus c'est lamentable, plus on en rigole après. Mais après seulement.
Parce que sur le moment, on a juste envie de mourir.
La preuve par 4.
Leçon numéro 1 : ne bois JAMAIS avant de pécho.
Il était là. Au beau milieu de la boite. Beau comme un italien quand il saaiiiiiiit qu'il aura de l'amour et du vin. Et pour la première fois je me suis enfin sentie feeeeemmmme. Merde qu'est-ce qui m'arrive ??
Je reprends. Donc, le canon absolu à portée de tir. Pour me donner du courage et une contenance, je picole un doigt. Visiblement un doigt de trop. Car, enhardie par le whisky-coca (la pinacolada était une boisson inconnue à l'époque), je fais l'imbécile et j'attire l'attention du beau gosse. Et je pécho. Sauf que au moment de lui rouler ma plus belle galoche, le whisky-coca entreprend de faire comme le saumon : remonter la rivière.
Je lui ai gerbé dessus.
Partout.
Je n'ai MEME pas eu le temps d'avoir honte tellement j'étais malade. Et vous savez quoi ? Le canon m'a bassiné les tempes dans les toilettes et m'a ramené chez moi. Ouais. Et après une fois remise je me suis rattrapée. Vachement même. Genre Jeux Olympiques du patin si vous voyez ce que je veux dire..
Leçon numéro 2 : regarde toujours quand tu fouilles dans ton sac
Quand je fumais encore j'avais des grands sacs bordéliques où mes briquets disparaîssaient systématiquement enfouis sous un tas de trucs. Un jour en faisant du lêche-vitrine, je tombe devant une boutique de fringues à la devanture captivante. Pour me donner le temps de la réflexion qui me permettrais de choisir entre acheter un robe et acheter une robe, je sors la clope inspiratrice et farfouille dans mon sac pour chercher le BRIQUET MINI-BIC BLANC qui me servait de flamme. Je trouve enfin l'engin blanc du coin de l'oeil (l'autre coin étant polarisé sur les robes, je vous le rappelle). Et tente d'allumer ma clope, une fois, deux fois, trois fois en m'énervant sur le chalumeau récalcitrant, sur lequel je porte enfin toute mon attention pour m'apercevoir que je tentais désespérément d'allumer ma tige avec un .... tampon.
Face à des passants relativement dubitatifs.
Evidemment je n'ai jamais acheté de robe et depuis j'évite le quartier.
Leçon numéro 3 : mange beaucoup, beaucoup de poisson, ça booste la mémoire
Antenne de police. Demande de carte de sortie du territoire pour mon fils cadet. Dépôt du dossier. Le fonctionnaire scrute le formulaire et me dit "ah madame, vous avez oublié d'indiquer la date de naissance de l'enfant, c'est quoi ?"
Blanc. ENORME BLANC.
Impossible de me rappeler la date de naissance de mon PROPRE FILS.
Je bafouille.. Euuuuuuuhhh, attendez, euuuuuuh, c'eeeeest... Le type me regarde incrédule et je vois "pauvre fille" s'inscrire en lettres de feu dans sa prunelle. Je ne peux que lui dire, "ça va revenir, ça va revenir, attendez". Finalement, le fonctionnaire a été sympa. Il a rempli les autres rubriques en attendant que mon neurone se recharge. Ce qu'il a fini par faire. Et j'ai enfin réussi à écrire "2 juin 1993" dans la case "date de naissance".
Leçon numéro 4 : prends toujours tes précautions, on ne sait jamais. Celle-ci c'est la QUEEN des hontes.
En déplacement professionnel à Strasbourg, je décide en fin de journée de faire un tour de ville, jamais encore visitée. Beau temps d'automne, un poil frais.
Je me ballade, je me promène, je trainouille, je visite. Pour ne pas perdre de temps avant la tombée de la nuit, je prends un casse-croûte au vol avec une bouteille d'eau. Eau + fraîcheur, à votre avis ? Petite envie de pissou qui grandit, grandit, grandit et devient très impérative. MAIS je n'aime pas aller dans les toilettes publiques. Je cherche donc une station de taxi pour rejoindre au plus vite mon hôtel situé en périphérie. Sauf que j'avais vaguement oublié, en tant que parisienne indécrottable, que parfois, en province, à la tombée de la nuit, c'est le couvre-feu.
Pas de taxi à l'horizon.
Et une envie de pipi qui commençait à chercher des issues de secours par des les oreilles.
Au bord de l'évanouissement, je me dis, tant pis, je tombe la culotte dans n'importe quelle ruelle.
Sauf que de ruelle, point.
Dans ce cas, vous avez remarqué, le radar se met à fonctionner à 300 % et tous vos sens sont en perception surmultipliée.
Ainsi, en courant partout comme un rat empoisonné pour trouver un endroit où soulager ma vessie, mon radar perso repère un café avec WC donnant SUR LA RUE..
Je m'y engouffre hystériquement en renversant tout sur mon passage, surtout le garçon de café qui tentait de me barrer le passage, sur lequel je rabat la porte des gogues que je verrouille frénétiquement..
Je me précipite vers le trône en tentant de baisser mes sous-vêtements tant bien que mal...surtout mal d'ailleurs eeeeet, ... trop tard.
Evidemment, j'inonde l'ensemble de la pièce + mes vêtements. Pendant que le loufiat que j'avais à moitié assommé au passage tambourine à la porte en criant "Madame, madame"..
J'essaie maladroitement d'éponger le désastre avec du pécu. Pendant ce temps, derrière la porte, le tambourinement a laissé la place à un silence inquiétant.
Je tente une sortie discrète en glissant une tête. Evidemment, dans la salle, tout le monde me regarde. Côté vêtements, pas trop de mal. Jupe foncée, collants, on ne voit rien de l'humidité résiduelle.
Piteuse, je me dirige vers le bar et propose au tenancier de consommer pour compenser l'utilisation des toilettes que j'explique par un petit problème ponctuel. L'aubergiste bougonne puis, bonne pâte me dit "bon ça va aller, mais on surveille les gens parce qu'après, tout le monde fait n'importe quoi et les toilettes sont dégueulasses"
Je bredouille "mais oui, c'est vrai, vous avez raison" (je vous rappelle que j'avais inondé l'intégralité des petits coins) avant de me sauver à toutes jambes.
Jambes dont je me suis aperçue qu'elle faisaient splouch splouch à chaque pas pour cause de chaussures inondées elle aussi.
Quelques splouch splouch plus tard, je trouve enfin un taxi salvateur qui me ramenera à mon hôtel. Je me jette dans le véhicule, hurle l'adresse au chauffeur avant d'être traversée par une pensée fulgurante "je vais laisser une trace sur la banquette !!". J'ai donc fait l'intégralité du trajet aggrippée aux poignées de la voiture et à moitié accroupie au-dessus de la banquette arriere. Une fois rendue à destination je me rue en vol hors de la bagnole en jettant le paiement du prix de la course à la figure du chauffeur et sans attendre la monnaie, bien sur.. Avant de traverser le hall de l'hôtel hilare (mes nerfs avaient lâché) avec des chaussures toujours splouchsplouchantes face à un réceptionniste éberlué.
Mon fou rire a duré jusque à l'arrivée dans ma chambre où j'ai enfin pu éponger mon désastre pissotier.
Voilà vous pouvez glousser, je vous autorise dans ma royale bonté.
Mais vous allez pouvoir jouer aussi. J'ai sous le coude une petite invitation pour aller voir seul(e) ou accompagné(e) en avant-première le film
"Mlle Chambon", avec Vincent Lindon et Sandrine Kimberlain

Le mardi 6 octobre prochain, à 20h00,
au Club Marboeuf - 38, rue Marboeuf, Paris 8ème.
D'après un roman d'Eric Holder.
L'histoire en deux lignes : Jean est quelqu'un de bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Et dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils. Il est un homme de peu de mots, elle vient d'un monde différent. Ils vont être dépassés par l'évidence des sentiments.
Si cette invitation vous intéresse, mentionnez-le dans votre com'. Je tirerais le ou la gagnante au sort. Vous avez jusqu'à ce soir. Nom de la ou du gagnant(e) annoncé ici vendredi.
06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (56) | Envoyer cette note | Tags : honte, mlle chambon, film, invitation |
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14.05.2008
La honte du siècle
J'ai vécu deux grands moments de solitude dans ma vie.
Il y a désormais prescription, je peux donc vous les offrir en pâture pour en rire ensemble.
Fumer nuit gravement à la santé :
Dans la rue, envie d'une petite clope. Mon briquet est un luxueux mini-bic blanc qui est toujours enfoui sous le fourbi de mon sac de fille. Je farfouille en regardant d'un oeil distrait, trouve enfin l'objet oblong et blanc l'extrait de mon sac et appuie sur la mollette. Pas de flamme. Et pour cause, je m'escrimais depuis 10 secondes à allumer un... tampon .... en plein milieu de la foule. C'est long 10 secondes, quand vous avez une bonne partie de la population masculine de Paris qui vous regarde avec curiosité !
Ne sous-estimez jamais une petite envie :
En congrès à Strasbourg, je me dis qu'il faut quand même que je visite. Je quitte le Palais des Congrès pour me diriger vers le centre-ville sans être passée aux toilettes (notez bien, ce détail a son importance) et pars en vadrouille. Une heure plus tard ma vessie commence à me rappeler à l'ordre. Je n'aime pas trop les toilettes publiques, je décide donc de passer outre. Le froid aidant (nous sommes au mois de novembre), la gentille petite envie se transforme en torrent impérieux. Je me précipite vers la station de taxis la plus proche pour rentrer le plus vite possible à mon hôtel... Et là après 10 bonnes minutes d'attente ... pas de taxis en vue.
Le torrent impérieux devient un tsunami tel que je suis à la limite du malaise. C'est horrible, je suis prête à baisser ma culotte dans n'importe quel coin sombre. Sauf que, de coins sombres, il n'y en a pas. Et je repère - car dans ces cas d'urgence, votre radar fonctionne en surmultiplié - un café avec toilettes A L'ENTREE. Je me rue comme une folle dans le petit coin salvateur en bousculant un serveur qui se trouvait sur mon chemin.
Je lui referme la porte dessus et arrache quasiment ma jupe et mon collant...
Trop tard... ma vessie commence à se vider non pas dans le receptacle prévu a cet effet, mais sur mes jambes et par terre... Je me jette sur la cuvette pour finir, pendant que le garçon de café tambourine à la porte en gueulant : "madame, madame, sortez...". Je finis de purger ma pauvre vessie martyre et m'aperçois de l'étendue du désastre : j'avais inondé les cabinets.
Pendant ce temps, le serveur avait quand même arrêté de tambouriner à la porte.
J'essuie comme je peux les dégâts avec du papier toilette et sors piteusement des cabinets sous le regard courroucé du patron qui se tenait derrière le bar. Je me dirige vers lui la tête basse et lui dit que je m'excuse, que j'ai eu un petit souci, mais que je suis prête à consommer quelque chose en retour. Le cerbère se radoucit et me dit (texto) "non, bon, je comprends, ce n'est pas la peine, mais vous savez, on se fâche parce que des gens pas très nets rentrent et SALISSENT LES TOILETTES, mais vous c'est différent".
Je balbutie un vague merci et m'enfuit piteusement avant que le cafetier ait le temps de constater les dégâts.
Mais mon martyre n'est pas terminé.
En retournant vers la station de taxi, je m'aperçois que ma jupe et mes collants sont horriblement trempés et que mes chaussures font floc-floc à chaque pas. Heureusement, ce coup-ci, le taxi arrive rapidement. Je me rue à l'intérieur du véhicule salvateur et... une pensée horrible jaillit : "je vais laisser une trace sur la banquette" ! J'ai donc fait le trajet accrochée aux poignées intérieures et à moitié accroupie pour éviter de toucher le siège arrière. Arrivée à destination j'ai litteralement jeté mon argent à la figure du chauffeur qui n'a rien compris et me suis ruée hors du taxi pour rejoindre le hall de l'hôtel.
J'ai encore dû passer devant la réception avec mes chaussures qui faisaient floc-floc, avant d'arriver enfin à ma chambre.
Là, après m'être débarassée de mes vêtements transformés en serpillières, je me suis écroulée sur le lit submergée par la honte... et écroulée de rire en réalisant le côté totalement pathétique de cette aventure...
Ne sous-estimez jamais une petite envie !
Cette note a été fait pour le concours de Lili...
09:50 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : honte, strasbourg |
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