05.06.2012
J'avais presque oublié....
J'avais presque oublié le chemin vers la porte d'Auteuil, le tourbillon de la foule dans les allées, le frémissement d'impatience en attendant de pénétrer sur le central ; la taille du stade, si petite par rapport à celui qu'on croit voir à la télévision ; le bruit sourd et unique de la balle jaune qui rebondit sur la terre ocre ; le frémissement collectif du public devant un beau point ; les cris des arbitres de chaise ; la course des petits ramasseurs ; les râles des joueurs et des joueuses ; la vitesse incroyable des échanges écrasée par la retransmission.

J'avais presque oublié combien on oublie le temps même quand un match dure plusieurs heures ; les fous rires au mauvais moment quand le stade est totalement silencieux ; les répliques cinglantes des titis parisiens criées des places les moins chères au sommet du court ;

les mines effarées des occupants des loges en les entendant ;
Les panamas ;

Les hoooooo, haaaaaaa, hiiiiiinnnnn sur des échanges ping-pong ; les coups de soleil ; les coups de froid ; les coups de chauds ; les coups de mou ; les coups droits ; les revers ; les revers de médaille ; les infortunes ; les retournements de situation ; les volées croisées ; les passing-shots ; les services.

Le plaisir d'y être tout simplement.

Oui, j'avais presque oublié, jusqu'à la semaine dernière quand un petit message m'a demandé "si par hasard je voulais aller à Roland Garros dimanche".
Et qu'il était évidemment hors de question que je rate une occasion pareille.
J'ai retrouvé MON stade (oui, il est à moi pour ceux qui l'ignorent)
après de nombreuses années d'interruption, mise à part une incursion exceptionnelle sur tous les plans il y a 6 ou 7 ans où j'avais pu enfin réaliser un de mes rêves : passer une après-midi dans une des loges du bord du court.
Bien sur le stade a un peu changé par rapport aux années 70-80, époque où je l'ai assidument fréquenté, plus grand, plus commercial, plus de monde. Les sponsors ont remplacé les bacs de fleurs dans les allées.
Les chaises ont remplacé les gradins en béton.

Les billets numérotés, le placement libre.
Finie l'époque où on arrivait le plus tôt possible quand on avait une place non numérotée avec coussin, glacière et thermos. Et où on se relayait avec ses voisins pour ne pas la perdre. Finies les rencontres avec les joueurs dans les allées, sans gardes du corps ou presque. Fini le premier week-end où on passait d'un cours annexe à l'autre pour voir le plus de matches possibles. Les matches commençant un jour plus tôt qu'avant, le second dimanche, tout est déjà concentré sur les 3 courts principaux.
Fini les joueurs showmen qui transformaient le court en pièce de théâtre. Les colères, les coups de gueules, les crises de nerfs, les cris, les prises de becs avec l'arbitre, le public qui prend partie.
Bien sur les choses ne peuvent pas rester éternellement figées. C'est normal.
Bien sur aussi, je n'ai pas reconnu grand chose de Roland, j'étais un peu perdue, j'ai cherché les endroits familiers, sans les retrouver vraiment, mais en me dirigeant vers la sortie, quand même j'ai retrouvé mon coin de central, celui qui sera pour toujours, éternellement et secrètement à moi, le coin de mur recouvert de lierre, l'escalier hier en pierre, aujourd'hui reconstruit en béton, la rampe en métal, l'endroit précis où il y a environ 35 ans, j'ai frôlé un Borg concentré qui partait jouer.
Et qui a volé mon coeur de midinette.
Le reste n'a aucune importance.
Et que Virginie et Odile soient bénies entre toutes les femmes comme dirait l'autre

06:00 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : tennis, roland garros |
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Commentaires
Sinon quand j'entends RG, le poc-poc de la balle, je me retrouve à 18 ans avec le stress de la révision du bac et l'endormissement en moins de 15 mn si y a pas d'action non tennistique sur le court. Le bruit de métronome de la balle m'endort.
Et je peux te dire que dimanche soir mademoiselle n'a pas aimé du tout car le type qui mange des Knder bueno l'a empêché de regarder son épisode hebdomadaire de Zorro en ne finissant pas le boulot à temps et ça c'est inacceptable.
Écrit par : Cécile - Une quadra | 05.06.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Poulette Dodue | 05.06.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Denis | 05.06.2012
Répondre à ce commentaireGros bisous
Écrit par : Lily La Fée (Lily2282 on Twitter) | 05.06.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Melclalex | 05.06.2012
Répondre à ce commentaire@Poulette : si j'ai pu te faire découvrir quelque chose, tant mieux
@Denis : ça vaut toujours le coup, malgré tout
@Lily : oui, c'est clair, il faudra que j'aille y faire un tour un jour
@Melclalex : je t'en prie
Écrit par : emanu124 | 05.06.2012
Répondre à ce commentaireMoi aussi j'étais assidue du tournoi "Benny Berthet" du dimanche précédent où j'ai pu entre autres admirer (= baver devant) mon idole André A. assise au 2è rang (même chauve je l'aimais, que dis-je, je l'aime toujours !!!)
alors OK, Roland est à toi, mais un peu aussi à moi, d'ac ?
Écrit par : Thémis | 05.06.2012
Répondre à ce commentaireMerci pour la visite, Manu !
Écrit par : Miss Cupcake | 06.06.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : marie jo | 06.06.2012
Répondre à ce commentaireLa Genèse, c'était Borg.
Tout s'éclaire.
Écrit par : RoZ | 06.06.2012
Répondre à ce commentaire@MissCupcake : : je t'en prie
@Marie Jo : anneffé.
@RoZ : lui. Et d'autres. On peut dire que la genèse a été une conjonction de suédois. Une sorte de big bang scandinave si tu veux
Écrit par : emanu124 | 06.06.2012
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