29/03/2012

Les dangers du ternet

Faire des campagnes de prévention sur les dangers du ternet, c'est bien.

Une photo ou une vidéo envoyée pour rigoler, peut ne plus faire rire du tout quelques jours, mois, années après.

Pour les adultes c'est déjà pénible.

On peut perdre un emploi ou sa réputation pour une photo de soirée arrosée debout sur la table, un slip sur la tête.

Pour des enfants ou des jeunes ça peut être pire.

Traumatiser voire détruire un gamin.

Ce qui était restreint à la cour d'école, de collège ou à la sortie du lycée est désormais accessible à la face du monde entier d'un seul clic.

Tout le monde est d'accord.

Donc tu as le choix entre restriction et explication pour faire face à d'éventuels problèmes

Personnellement, si quelqu'un a quelque chose à faire de mon avis sur l'éducation des jeunes, j'ai toujours préféré l'explication à la restriction.

Essaye d'interdire à un truc à un ado en pleine crise d'opposition virulente à la vieille conne que tu es et que se passe-t-il ?

Hmmmm ?

Il le fait. Bien sûr.

Donc je n'ai jamais limité l'accès à internet à mes petits anges (y passant moi-même ma vie, j'aurais d'ailleurs été peu crédible).

En leur expliquant quelques règles simples et de bon aloi : qu'en somme internet c'est comme se balader en ville, en gros les mêmes règles s'appliquent :

1/ Il ne faut jamais donner ses coordonnées

2/ Eviter de parler à des inconnus

3/ Ne jamais poster de photos trop intimes

4/ Ne jamais confier son trousseau de clés virtuelles à qui que ce soit

5/ Je te tue de mes propres mains en t'arrachant le foie si tu fais ce qui précède.

Le "je te tue avec mes propres mains en t'arrachant le foie si tu fais ce qui précède" marche pas mal en général.

A priori mes fils ont assez bien intégré le truc.

En prime, leur laisser accès libre à internet donne un résultat intéressant.

Ils sont beaucoup moins drogués que leur mère.

Ils vivent une vie normale, avec des potes bien réels (et pas juste des amis sur Facebook) et se servent plus des réseaux sociaux comme messagerie que comme mode de vie.

Bon, il n'ont plus de foie.

Mais a priori, on vit très bien sans...

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Lol, MDR, PTDR, toussa, quoi..

06:00 Publié dans J'ai deux fils qui me coutent très cher | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : internet, ados, dangers, prévention | |  Facebook | |  Imprimer | |

04/08/2010

Paye ton ado


A la demande générale de deux personnes, je me fends d'un billet sur les ados et leur comportements.



Curieusement, autant on trouve énormément de littérature sur les enfants en bas-âge,  autant l'ado reste un continent mystérieux et peu abordé dans la blogosphère.


Il me parait donc utile de préparer les parents des dits marmots au choc tellurique que représente la poussée pubertaire chez leur progéniture.


Car un jour viendra où ils seront irrémédiablement confrontés au fait que la théorie de l'évolution est légitime : l'ado descend du singe.


La preuve ? Votre fils, à peine sorti des couches, se met un jour à se mouvoir dans votre logis avec la grâce d'un orang-outang en pleine possession de ses moyens : bras aux genoux, crinière en pétard, et odeur délicate faite pour attirer un bataillon de mouches.


Car ses glandes sudoripares se sont mises en route. Malheureusement pour vos narines, il fait comme si il n'en était rien.  En considérant que la salle de bains est la pièce de tous les dangers.


Oui alors, quand il accepte enfin d'en franchir le seuil, il l'occupe durant environ deux heures, jusqu'à ce que la peinture se décolle des murs à cause de l'humidité.


Dans ce dernier cas, il s'en extrait généralement en disant "je sors".


Car la puberté va faire que votre ado subit une perte massive de neurones. Il lui en reste environ 3 polarisés respectivement sur


  • Je sors (donc)
  • Mes potes
  • Je veux fourrer ma langue dans la bouche de quelqu'un

 

 

Abandonnez immédiatement l'espoir qu'il y ait un neurone polarisé sur les études. Et si c'est le cas amenez votre jeune consulter immédiatement. C'est très grave, il faut le traiter sans attendre.


Outre cette perte de neurones, les autres manifestations physiques sont, (liste non exhaustive) :


  • Une léthargie chronique dans la posture dite du rouleau de réglisse : totalement enroulé sur lui-même. La léthargie est assez difficile à combattre. Ceci dit,  elle peut s'interrompre : une sonnerie de portable marche assez bien. Un pot de Nutella agité sous le nez aussi. En cas de forte résistance la phrase "tu peux sortir" vient à bout des cas les plus sévères.


  • Une modification de fréquence vocale assez extraterrestre. Qui va des ultras au infras sons. Avec une épreuve quasi-insupportable pour des oreilles normales : l'hilarité de l'ado. Qui réussit l'exploit d'allier en un seul son braiement d'âne, beuglement d'éléphant de mer, corne de brume et un soupçon de vuvuzela. Je ne peux que vous conseiller d'investir dans les boules quies


  • Une myopie soudaine couplée à des hallucinations visuelles obsessionnelles. Qui conduisent l'ado à vous confondre avec un DAB où il tente en permanence de retirer des billets de 10 euros. "T'as pas 10 euros ?" est quasiment d'ailleurs la seule parole qu'il vous adresse avec "y'a plus de Nutella ?". La myopie étant d'ailleurs aggravée par un débridage capillaire autrement appelé "mêche". Mêche qui DOIT impérativement couvrir l'intégralité des globes oculaires sous peine de hasbinnage total.


  • Un changement radical de régime alimentaire. Qui se compose principalement de Mac Do, de grecs et de Nutella au quintal. Ne tentez surtout pas l'introduction de fruits et de légumes, on risque le choc anaphylactique sévère.


  • Une crispation brusque des fessiers. Qui doivent impérativement être soutenus par dessous par la ceinture du pantalon. En laissant à l'air libre les 2/3 du slip. Cette crispation s'accompagne d'un dérèglement de la température : hyperthermie chronique en hiver ou le sujet sort en tee-shirt par moins douze et refroidissement en été où le must est de se promener en pull quand le thermomètre franchit les trente degrés.


  • Un système nerveux de poulpe, qui le rend totalement hermétique à vos récriminations. Il opposera à vos reproches alternativement un silence hébété ou une seule et unique phrase hurlée en boucle "personne ne me comprend dans cette maison t'façon".


  • Et enfin une incapacité totale à évoluer seul. L'ado vit en groupe en permanence, ou plutôt en grappe. Non seulement il ne bougera pas un orteil s'il est isolé, mais il évolue littéralement collé à ses congénères. Soit en position horizontale : écroulés les uns sur les autres dans une chambre sombre, non aérée avec musique stridente + ordinateur connecté sur facebook + portables en batterie. Soit en position verticale, dans la rue ou autres lieux public. La grappe d'ados évolue plus soudée qu'un pack de rugby. Vraisemblablement parce que ses composants ont l'espoir de fourrer leur langue dans la bouche d'un congénère, sur un malentendu.



Quant aux manifestations habituelles d'affection "maman ze t'aime, tu es la plus belle des mamans" vous pouvez les oublier directement. L'ado souffre également de crises d'allergie violentes à toute tentative de communication affective ou autre, nécessitant l'agitation rapide d'un billet de 10 euros devant son visage pour les calmer. Sauf que parfois, au moment où ça vous arrange le moins (pédicure, mains dans la farine, téléphone avec votre belle-famille), l'ado, oubliant qu'il fait deux mètres et 90 kilos se jette sur vous pour un câlin sauvage qui vous laisse enfoncée dans le sol avec deux côtes fêlées.


Je vous parle de ce que je connais le mieux : la version mâle de la bête.

 

D'après les témoignages des quelques parents qui ont survécu, la version femelle remet elle en question la théorie de l'évolution. Des chercheurs très sérieux affirment qu'elle descend d'un croisement entre la poule et le T-Rex, ce qui explique ses sautes d'humeur et ses caquetages hystériques. Une autre théorie courante, mais pas totalement vérifiée, est qu'elle possède également un neurone de plus que son congénère, neurone qui ne servirait qu'à une seule et unique fonction : choisir des vêtements.


Vous ne pourrez plus dire désormais que vous n'étiez pas prévenus. Prenez votre mal en patience, vous allez rentrer dans un tunnel d'environ 4 ou 5 ans ponctués de crise de nerfs et de conflits nevrotiques. Avec en point d'orgue l'année du bac où vous finirez en ayant perdu la moitié de votre estomac, douze kilos et les derniers restes de votre jeunesse.


Tout ceci mis à part, les ados c'est plutôt sympa, rigolo, inventif et plein d'imagination.


Mais essentiellement quand ce ne sont PAS les vôtres.


ladolescent_de_2008_4.jpg




06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (64) | Tags : ados, comportement, nutella, euros | |  Facebook | |  Imprimer | |

17/05/2008

J'ai pris un coup de vieux

Si vous avez un peu suivi le fil de ce blog, vous avez peut-être lu qu'un de mes fils avait fondé un groupe de musique wockenewollle de djeuns qui fait du bruit.

Or, hier, les musiciens se sont trouvés confrontés à un problème de matériel : les jacks - les machins qui relient la guitare à l'ampli - donnaient des signes de faiblesse. Juste avant leur premier concert officiel de dimanche !

Ni une, ni deux j'embarque mon fils et deux de ses acolytes vers le magasin de musique le plus proche, et je réalise que je suis encadrée par trois perches que je regarde sous le menton (avec début de poils, le menton)

En focalisant sur mon fils, je réalise qu'effectivement, non content de me dépasser d'une bonne tête, il parle en mode basson et me regarde avec distance, un peu honteux d'avoir à trimballer sa mère...

Mon bébé blond ! Avec du poil au menton ! Des grands pieds ! Une voix de basse...  

Oh le coup de vieux que j'ai pris brutalement !!!

Surtout que ses deux acolytes me regardaient du coin de l'oeil comme le symbole d'une autorité antique et rigide..

N'empêche qu'une fois arrivés dans le magasin de musique, la présence de l'autorité antique et rigide a permis à l'un des Totos de tester  une guitare Gibson Les Paul à 2600 Euros. Le môme avait des étoiles dans les yeux et me regardait du coup comme si j'étais une apparition surnaturelle.

J'ai donc fini la soirée mi-figue mi-raisin, dans un état d'esprit entre la vieille peau et la réincarnation de Shiva...

Appelez-moi désormais Shiveillepova...

17:26 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ados, musique, guitare | |  Facebook | |  Imprimer | |