23.07.2012
Adieu ELLE
ELLE a été le journal de mon enfance, au même titre que Spirou, Pilote ou les premiers Marvel et DC comics importés en France.
Ma maman le lisait toutes les semaines, et je lui piquais. ELLE a fait une partie de mon éducation de modeuse voire de femme tout court.
Bien sur à l'époque, dans les années 60, les articles étaient plutôt du genre "faire un boeuf mironton à votre mari avec les restes" "comment coudre une barboteuse pour bébé" ou "le pantalon en ville, pour ou contre ?"
N'empêche. Au milieu des informations destinées à aider la parfaite maîtresse de maison, il y avait des articles qui parlaient avortement, contraception, égalité des salaires, viol et défense des droits de la femme en général.
Rédigés parfois par des pointures de l'écriture ou de la littérature. Je me rappelle encore notamment de certaines pages de Régine Desforges. Ou d'autres.
Et des pages création qui savaient mettre en avant des créateurs ou des designer pointus, voire d'avant-garde.
Je n'hésite pas à la répéter, ELLE a vraiment contribué à mon éducation artistique. Ce n'est pas la seule source, loin de là, mais une façon plutôt agréable d'aborder le design et la création.
Jusqu'à il y a quelques mois, je feuilletais le magazine régulièrement, que ce soit en l'empruntant ou en l'achetant pour les vacances et autres trajets en train et en avion...
C'était d'ailleurs un des derniers féminins sur lequel je jetais un cil, vu le niveau assez calamiteux, voire l'ineptie totale des sujets traités dans cette catégorie de presse.
Les chroniques du Dr Aga ou le billet hebdo de Fonelle avaient même cette qualité suprême de me faire sourire, voire rire aux éclats, en plein milieu de mon salon ou de lieux publics au grand désarroi des personnes présentes.
Jusqu'à il y a quelques mois... Et une subite accumulation de sujets idiots.
Ne parlons pas des rubrique mode et leur sempiternel "petit accessoire indispensable à 450 euros seulement".
C'est un peu le passage obligé du genre.
Et les pages mode sont aussi là pour faire rêver Germaine. Bon.
Mais quand l'article se veut plus fouillé ou plus sérieux et qu'on frôle l'accident industriel, c'est plus problématique.
Et des accidents industriels, il y en a eu plus d'un récemment.
Du panégyrique de Valérie Trierweiller (une grande fille toute simple, comme nous toutes), aux conseils d'injections d'acide hyaluronique à 35 ans - après tu es vieille, c'est trop tard, et il vaut mieux ressembler à un mérou qu'à une vieille pomme ridée, c'est clair -, en passant par l'inénarrable "les assistantes parlementaires passent leur vie à genoux sous les bureaux", et des conseils pour ressembler à une chaudasse c'est un festival de sujets tous plus fouillés les uns que les autres.
Fouillés surtout avec un balai de chiottes, dirons-nous.
Et je ne te parle pas du désormais très populaire "les femmes noires s'habillent comme des cailleras à capuche, mais c'est tellement cool" qui a beaucoup amusé mes copines, toutes couleurs confondues.
Et les femmes en général d'ailleurs. Au vu du tollé causée par le sujet. Tollé en réponse duquel la rédaction s'est mollement défendue par un "meuh non, vous vous méprenez, ce n'était pas du tout notre intention de blesser qui que ce soit".
Ce qui prouve bien la déconnexion totale des journalistes coincées dans leur bulle parfumée d'une rédaction repliée sur elle-même et pour qui sortis des 7ème, 8ème et 16ème arrondissements de Paris, le monde est une jungle avec des gens cro cro mal élevés et sans aucun goût artistique.
Et puis, cette semaine....

Oui, tu lis bien ce que je te montre en haut du sommaire à gauche un article tout à fait essentiel sur "La pipe, ciment du couple"
Même pas un doute, un titre du genre "la fellation améliore-t-elle vos relations de couple" ? Non. Une affirmation.
Mets-toi à genoux et suce, ma fille, tu garderas ton homme.
Puisque tu ne cuisines plus, il faut bien compenser par autre chose.
J'aime assez à penser que les rédactrices du journal qui ont commis ceci savent assez peu de quoi elles parlent, pénurie de ciment oblige.
Regarde leurs têtes, tu vas comprendre.
Ce qui m'exaspère le plus est le discours offusqué et néo-féministe tenu par la rédaction, qui organise volontiers des séminaires sur le sujet (notamment lors de la campagne présidentielle), alors que le journal se contente de caser un vague article féministe de temps à autres au milieu d'une avalanche d'articles de plus en plus putassiers et racoleurs
Hélène Lazareff, la fondatrice, doit se retourner dans sa tombe.
Je garde un vague espoir que ceci est lié à la pression du chiffre des ventes du journal. Et des consignes du groupe propriétaire. Mais j'ai comme un doute à ce sujet.
En attendant l'article sur la pipe est l'érection qui fait déborder le coït.
Après ce sera quoi ? "La sodomie au bureau, mode d'emploi, un sujet de fond" ?
Je vais me dispenser de lire ELLE désormais. Sans regret, et sans me retourner. Ainsi que le reste de la presse féminine d'ailleurs.
Pour tout te dire je préfère d'ailleurs désormais lire la presse masculine.
Ouvre GQ par exemple, tu vas voir, c'est plutôt bien fichu et agréable à lire.
Je signale d'ailleurs à la rédaction que j'attends le pendant de l'article de ELLE pour rétablir l'équilibre : "fais plaisir à ta meuf, descend à la cave"
Allez les garçons, on se motive.
06:00 Publié dans Actualités, Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : elle, article, presse féminine, gq |
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28.10.2008
Avant/Après... mais pas toujours..
Régulièrement vous tombez dans vos journaux sur une rubrique "Avant-Après" où une fille aux cheveux plats, grosses lunettes et garde-robe venue tout droit de chez Lidl se transforme grâce à la baguette magique des relookeurs de Marie-Elle.
Sauf que :
- Parfois le résultat est... bref.. on préférait la fille avant, parce que le coiffeur lui a fait une choucroute monstrueuse ou que la rédactrice mode a emprunté la garde-robe de Paris Hilton.
- A y regarder de plus près, les filles choisies ne sont pas si laides que ça à la base... Voire carrément mignonnes... Et on se dit qu'il suffit d'un bon brushing, d'un maquillage sympa et de quelques fringues pointues pour les transformer (Pour la petite histoire, elle sont d'ailleurs souvent "choisies" dans les relations de la journaliste.. ). Donc pas besoin de mettre en route les douze travaux d'Hercule pour qu'elles ressemblent à quelque chose.
ET BEN JUSTEMENT. Moi j'aimerais qu'on fasse un VRAI Avant/Après avec Josiane Michu, caissière chez Auchan - j'ai rien contre les caissières mais, avouons-le franchement, elles sont rarement sexy - la quarantaine difficile, des kilos en trop, un brushing de chez Jean-Hugues, coiffeur visagiste à Romorantin (ouiiii, je sais, je suis sectaire et snob) et un maquillage de chez Bouygues - autrement dénommé à la truelle par les plus âgés.
CA ME PLAIRAIT de voir ce qu'une équipe de professionnels peut faire d'un cas désespéré qu'elle transformerait en bombe atomique. SANS chirurgie esthétique et SANS photoshop..
Et ce serait vachement sympa pour les cas désespérés...
Il existe une émission de tévé réalité qui prend en charge ces pauvres âmes en détresse. Aux States, "Extreme Makeover" sélectionne des filles très disgracieuses - mais avec un coeur énorme, bien évidemment - et les transforme intégralement émission après émission en les passant direct à la charcuterie. A l'arrivée elle ressemblent toutes à des poupées Barbies en plastique. Mais bon, tout le monde est content.. J'espère qu'on en arrivera jamais à un tel point, mais connaissant les Directeurs de Programmes en mal d'audience, je crains le pire...
Donc, pour conclure, je lance un appel à la presse féminine : TRANSFORMEZ LES MOCHES... Vous ferez pour une fois une vraie bonne action..
Et vous, vous en pensez quoi des avant/après.. ?


06:30 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : presse féminine, transformation, avant après, extreme makeover |
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