28/07/2012

5

5 ans

5 ans de billets, de coups de coeur, de coups de gueule, de coups de mou, de politique expliquée aux blondes, de pipeuleries, de Céline Dion, de ronchonnerie du meuri, de réflexions d'Emanu125 et Emanu126, de caprices de Cannelle, de suédois, d'humour vaseux, de jeux de mots idiots, d'étalage de ma vie dans les internets, de codage HTML, de photos ratées, de fous rires en ligne, de live-tweets d'anthologie, d'émotions diverses et variées et de pixels jetés dans la vaste mer cybernétique.

Résultat ?

Comme dirait Julio, je n'ai pas changé.

Enfin si. Plus ou moins. J'ai passé la barre de la quinquagénèrerie, mes ados sont devenus de jeunes adultes, je suis passée du PC au mac (uhuhuhuh) et j'ai fait pas mal de croix sur mes relations antérieures, pour en entamer de nouvelles.

Forcément, quand tu commences à parler de ton petit monde virtuel et, avouons-le, un poil branchouillo-snob, a des gens du dehors, il peinent parfois à te suivre.

J'ai été dans des endroits que où je n'aurais jamais rêvé d'entrer. J'ai rencontré des gens que je n'aurais jamais rêvé de rencontrer. Forcément, ça change un peu ton point de vue et ta façon de voir les choses.

Comme dans la vraie vie, il y a de vraies belles personnes, qui si elles lisent ce billet se reconnaitront je pense.

Comme dans la vraie vie, si tu bosses un peu ta passion, ça peut parfois te permettre de progresser personnellement, professionnellement, humainement.

Je crois qu'effectivement, humainement j'ai fait un petit chemin. Je suis plus à l'écoute des autres que je ne l'étais il y a quelques années, plus empathique, plus disponible. Age ou chemin personnel, va savoir ?

Je suis plus courageuse aussi, je fais des choses que je n'aurais jamais envisagé au départ. Le voyage, l'Afrique, prendre sur moi, partir, revenir, ne plus paniquer pour des détails.

Sereine et totalement apaisée ? Pas tout à fait. J'ai trop de démons intérieurs à dompter avant d'envisager la sérénité.

Disons que j'ai gagné de l'expérience et une ouverture sur le monde.

Ouaip, le monde est à portée de ma souris.

Bienvenue à tous.

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Tiens, pour une fois, un peu de carburant pour nos amis les hommes

11:36 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : 5 ans, anniversaire, blog | | |  Imprimer |

24/07/2012

"Je ne vais plus sur internet" est le nouveau snobisme

Depuis quelques mois on voit fleurir des déclarations fracassantes de gens qui abandonnent le cyber monde.

Principalement intellectuels, ou prétendus tels, ils ou elles rejettent "l'esclavage" et "l'abrutissement" crée par internet et les réseaux sociaux.

C'est rigolo, on pourrait ressortir les discours de leurs prédécesseurs il y a une quarantaine d'années qui disaient exactement la même chose de la télévision.

Je suis prête à parier qu'en remontant dans l'histoire, leurs grands-pères parlaient de façon similaire de la TSF.

Et qu'on entendait déjà ce même discours au moment de l'invention de l'imprimerie.

Parmi d'autres, Nick Bilton, qui a décidé de ne plus répondre à ses emails.

Lui, sa démarche peut se comprendre, voire se partager.

L'email, courrier électronique qui facilitait la communication d'un bout de la planète à l'autre il y a encore quelques années présente finalement les mêmes défauts que son ancêtre papier. Envahissement, courriers indésirables, tri régulier à faire sous peine de piles qui s'alourdissent chaque jour. Je déprime à chaque retour de vacances devant les 4 ou 500 mails qui m'attendent au bureau. Du coup, je fais comme lui, je ne les ouvre plus. Je me dis que si vraiment il y a une urgence, on viendra me le signaler. 

Mais que dire des autres, Frederic Beigbeder en tête. Egerie masculine de la branchouillerie parisienne, il a décrété qu'il n'aimait ni les livres électroniques, ni Facebook, ni twitter qu'il considère le nez pincé comme un espèce d'égout à ciel ouvert où se déversent toutes les bassesses du genre humain. Un cloaque boueux bien trop sale pour ses jolies chaussures de créateur.

Ou encore de Kolia Delesalle, journaliste à Télérama qui annonce de façon très scénographiée son retrait de twitter "adieu peuple, je me drape dans ma dignitude et je me retire sous vos applaudissements". "Je retourne dans la vraie vie" dit-il en prenant bien la peine de préciser qu'il a été inondé de SMS et mails qui se lamentaient sur sa défection  du style « Qu'est-ce que tu fous ? » ; « Je rêve ou tu as quitté Twitter ? » ; « C'est quoi ce bordel ? » ; « Tout le monde se demande ce qui se passe ! »

Mais bien sur. Comme c'est crédible. Twitter a une mémoire de poisson rouge. Tu es généralement oublié au bout de 2 minutes maximum. Même par tes plus fidèles followers.

Arrête un peu ton cinéma Kolia, partir, vraiment partir c'est se retirer sans explication et stopper net, sans fleurs ni couronnes. Tu ne pars pas vraiment, tu te fais de l'auto-promo, point. Tu es comme les vieilles actrices qui font leurs adieux en pleurant sur scène et reviennent l'année suivante, ce par quoi tu conclus ton billet d'ailleurs. 

"Je suis vivant" dis-tu. Ce qui signifie que nous pauvres esclaves du pixel, nous sommes des zombies enchaînés à notre clavier. Mais que toi, tu as vu la lumière et que donc, tu es un être infiniment supérieur.

Quelle prétention sans bornes.

Quel snobisme.

Car apparemment, pour toi Beigbeder et ceux qui pensent de façon similaire, il est de bon ton de mépriser la cyber communication. 

Plus que la cyber communication d'ailleurs, il est de bon ton de mépriser tout ce qui est populaire, répandu, partagé voire universel.

Les anglo-saxons appellent cela le mainstream le "courant principal" 

Je connais cette tendance, je la pratique aussi. Je méprise le mainstream en cas de mauvais goût et la qualité discutable.

Mais notre différence fondamentale est que mainstream ou pas, quand quelque chose est bon, beau, de qualité ou bénéfique, je suis volontaire pour faire le mouton avec les moutons.

Je suis une pauvre victime consentante de l'esclavage électronique et d'Apple réunis. Qui m'ont sans doute apporté plus, beaucoup plus que les seules relations que j'aurais pu avoir IRL. Et ouverts des horizons que je n'aurais pas soupçonné il y a quelques années.

Je suis donc une pauvre fille perdue et à moitié débile, selon vos critères, messieurs.

Juste un truc, si le clampin qui a inventé le feu avait écouté votre ancêtre qui lui disait à l'oreille "le feu ? C'est tellement vulgaire, ça va nous rendre esclave de notre nourriture", on en serait encore à manger de la viande crue sur nos genoux vêtus de pagnes en feuilles de bananier.

Pour ma part, je préfère déguster un steak à point avec quelques vêtements stylés sur le dos et tapoter sur un clavier.

Chacun sa lobotomie. J'ai choisi la mienne.

 

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Et fière de l'être...

 

06:00 Publié dans Actualités, Les chroniques à Manu, Web | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | | |  Imprimer |

23/07/2012

Adieu ELLE

ELLE a été le journal de mon enfance, au même titre que Spirou, Pilote ou les premiers Marvel et DC comics importés en France.

Ma maman le lisait toutes les semaines, et je lui piquais. ELLE a fait une partie de mon éducation de modeuse voire de femme tout court.

Bien sur à l'époque, dans les années 60, les articles étaient plutôt du genre "faire un boeuf mironton à votre mari avec les restes" "comment coudre une barboteuse pour bébé" ou "le pantalon en ville, pour ou contre ?"

N'empêche. Au milieu des informations destinées à aider la parfaite maîtresse de maison, il y avait des articles qui parlaient avortement, contraception, égalité des salaires, viol et défense des droits de la femme en général.

Rédigés parfois par des pointures de l'écriture ou de la littérature. Je me rappelle encore notamment de certaines pages de Régine Desforges. Ou d'autres.

Et des pages création qui savaient mettre en avant des créateurs ou des designer pointus, voire d'avant-garde.

Je n'hésite pas à la répéter, ELLE a vraiment contribué à mon éducation artistique. Ce n'est pas la seule source, loin de là, mais une façon plutôt agréable d'aborder le design et la création.

Jusqu'à il y a quelques mois, je feuilletais le magazine régulièrement, que ce soit en l'empruntant ou en l'achetant pour les vacances et autres trajets en train et en avion...

C'était d'ailleurs un des derniers féminins sur lequel je jetais un cil, vu le niveau assez calamiteux, voire l'ineptie totale des sujets traités dans cette catégorie de presse. 

Les chroniques du Dr Aga ou le billet hebdo de Fonelle avaient même cette qualité suprême de me faire sourire, voire rire aux éclats, en plein milieu de mon salon ou de lieux publics au grand désarroi des personnes présentes.

Jusqu'à il y a quelques mois... Et une subite accumulation de sujets idiots. 

Ne parlons pas des rubrique mode et leur sempiternel "petit accessoire indispensable à 450 euros seulement".

C'est un peu le passage obligé du genre.

Et les pages mode sont aussi là pour faire rêver Germaine. Bon.

Mais quand l'article se veut plus fouillé ou plus sérieux et qu'on frôle l'accident industriel, c'est plus problématique.

Et des accidents industriels, il y en a eu plus d'un récemment.

Du panégyrique de Valérie Trierweiller (une grande fille toute simple, comme nous toutes), aux conseils d'injections d'acide hyaluronique à 35 ans - après tu es vieille, c'est trop tard, et il vaut mieux ressembler à un mérou qu'à une vieille pomme ridée, c'est clair -, en passant par l'inénarrable "les assistantes parlementaires passent leur vie à genoux sous les bureaux", et des conseils pour ressembler à une chaudasse c'est un festival de sujets tous plus fouillés les uns que les autres.

Fouillés surtout avec un balai de chiottes, dirons-nous.

Et je ne te parle pas du désormais très populaire "les femmes noires s'habillent comme des cailleras à capuche, mais c'est tellement cool"  qui a beaucoup amusé mes copines, toutes couleurs confondues.

Et les femmes en général d'ailleurs. Au vu du tollé causée par le sujet. Tollé en réponse duquel la rédaction s'est mollement défendue par un "meuh non, vous vous méprenez, ce n'était pas du tout notre intention de blesser qui que ce soit".

Ce qui prouve bien la déconnexion totale des journalistes coincées dans leur bulle parfumée d'une rédaction repliée sur elle-même et pour qui sortis des 7ème, 8ème et 16ème arrondissements de Paris, le monde est une jungle avec des gens cro cro mal élevés et sans aucun goût artistique.

Et puis, cette semaine....

 

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Oui, tu lis bien ce que je te montre en haut du sommaire à gauche un article tout à fait essentiel sur "La pipe, ciment du couple"

Même pas un doute, un titre du genre "la fellation améliore-t-elle vos relations de couple" ? Non. Une affirmation. 

Mets-toi à genoux et suce, ma fille, tu garderas ton homme.

Puisque tu ne cuisines plus, il faut bien compenser par autre chose.

J'aime assez à penser que les rédactrices du journal qui ont commis ceci savent assez peu de quoi elles parlent, pénurie de ciment oblige.

Regarde leurs têtes, tu vas comprendre.

Ce qui m'exaspère le plus est le discours offusqué et néo-féministe tenu par la rédaction, qui organise volontiers des séminaires sur le sujet (notamment lors de la campagne présidentielle), alors que le journal se contente de caser un vague article féministe de temps à autres au milieu d'une avalanche d'articles de plus en plus putassiers et racoleurs

Hélène Lazareff, la fondatrice, doit se retourner dans sa tombe. 

Je garde un vague espoir que ceci est lié à la pression du chiffre des ventes du journal. Et des consignes du groupe propriétaire. Mais j'ai comme un doute à ce sujet.

En attendant l'article sur la pipe est l'érection qui fait déborder le coït.

Après ce sera quoi ? "La sodomie au bureau, mode d'emploi, un sujet de fond" ? 

Je vais me dispenser de lire ELLE désormais. Sans regret, et sans me retourner. Ainsi que le reste de la presse féminine d'ailleurs.

Pour tout te dire je préfère d'ailleurs désormais lire la presse masculine.

Ouvre GQ par exemple,  tu vas voir, c'est plutôt bien fichu et agréable à lire. 

Je signale d'ailleurs à la rédaction que j'attends le pendant de l'article de ELLE pour rétablir l'équilibre : "fais plaisir à ta meuf, descend à la cave"

Allez les garçons, on se motive.

06:00 Publié dans Actualités, Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : elle, article, presse féminine, gq | | |  Imprimer |